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Un visiteur
4,0
Publiée le 31 août 2007
J'ai bien aimé le film mais pas autant que la presse et j'y suis surtout allé car il à remporté la Palme d'or. Le sujet est assez sensible et il règne durant le film une atmosphère assez pesante. Les acteurs sont bons et l'histoire intéressante. Le film est à voir au moins une fois. J'ai bien aimé, c'était très dramatique et on sent bien que c'était très difficile en ce temps-là en Roumanie. C'était très intéressant.
4 mois, 3 semaines, 2 jours raconte l’histoire d’un avortement clandestin en Roumanie à la fin du régime Ceausescu, période où cet acte était interdit. Une jeune étudiante Gabita, soutenue par son amie Ottila fait appel à un avorteur pour mettre à terme une grossesse qu’elle n’a pas désirée mais l’homme abusera d’Ottila avant d’accomplir sa besogne. Les 2 jeunes femmes en sortiront profondément traumatisées. Plutôt un plaidoyer pour un avortement légal et médicalisé, le film laisse un champ ouvert sur la question et va jusqu’au bout de son sujet avec des séquences difficiles à soutenir. La tension du récit, le désespoir et la force du lien des 2 jeunes femmes sont très bien retranscris dans un monde totalitaire où la gente masculine apparaît comme très conne. Nul doute, 4 mois, 3 semaines, 2 jours peut déranger mais le choix radical du réalisateur a payé puisque le film à juste titre s’est hissé à la première place du palmarès cannois.
Quand on imagine un drame roumain sur l'avortement, on pense à un film glacial, lent, déprimant et glauque. A juste titre, car c'est exactement ce dont il est question. On pense aussi à un film qui plaira à tous les coups à la presse et aux festivals prétentieux, et c'est également le cas, puisqu'il a remporté la Palme d'Or, qui ne récompense depuis quelques années que des films qui ne la méritaient théoriquement pas. Munigu alterne les scènes d'intérieur, avec de longs plans-séquences fixes, et les scènes d'extérieur, toujours en plans-séquences, mais en pleine pénombre et avec moults mouvements saccadés. Son style s'accorde tout à fait à son sujet. L'actrice principale est également parfaite. Si l'on excepte le franchement dégueulasse plan sur le foetus gisant sur le sol de la salle de bain, plan voyeur et contre-productif, le film est même réussi, dans son genre. Mais ça reste un drame roumain sur l'avortement, alors j'ai quand même un peu de mal à me sentir transporté...
Enfin une Palme d'Or digne de ce nom. Un film dont vous ne ressorterez pas indemne . Un sujet fort et une mise en scène proche de ses acteurs. La scène du dîner en famille en plan fixe est insoutenable et magnifique. Bravo à Anamaria Marinca pour son interpétation car elle est de tous les plans. Seul bémol, pourquoi avoir amorcé un début de suspense avec le couteau volé et l'oubli de la carte d'identité pour ne plus en parler par la suite ?
Forcément, une palme d'or, on en attends un peu plus que de n'importe quel film (sauf quand il s'agit de palmes de copinage ou autre à la Fahrenheit, mais c'est une autre histoire...). Et bien l'attente était tout à fait justifiée pour ce film de Cristian Mungiu. Le film nous présente deux amis, Otilia et Gabita, dans la Roumanie de Ceauşescu alors que l'une des deux, Gabita, veux se faire avorter. Le film ne vas pas suivre Gabita mais Otilia, qui va s'occuper de tout pour l'avortement, avortement interdit dans la Roumanie communiste. Bien loin de prendre parti pour ou contre l'avortement, Mungiu présente la difficulté de pouvoir se faire avorter, et ce en filmant entièrement en steady cam dans une ambiance particulièrement oppressante. Tout au long du film, Otilia va aller de difficultés en difficultés pour que l'avortement de Gabita s'effectue, alors que cette dernière se révèle pour le moins passive. Filmé avec une très grande force, le film est très dur, dans le thème évidemment mais également dans les images. La scène, d'une quarantaine de seconde est dur, mais c'est surtout les courses de Otilia en pleine nuit dans les rues Roumaine, avec une caméra tremblante, qui sont très dur. On a également droit à un plan séquence d'à peine moins de 10 minutes (!) lors d'un repas d'Otilia chez ses beaux parents très intense, et montrant bien la lutte des générations roumaine. Le film nous présente la vue du réalisateur sur la Roumanie de cette époque, un peu à la manière de 12h08 à l'est de Bucarest de façon très dure, mais particulièrement réussie. Une palme d'or à ajouter à sa vidéothèque sans aucun doutes.
Un film fort sur un état de fait, un décryptage sur le drame à effectuer un avortement prohibé dans un pays sous le joug de la dictature. L'entrée en matière se fait doucement, sous silence avec mille précautions, comme ces habitants destinés d'être silencieux, renfermés et asservis (en apparence). La "brutalité" de l'acte est aussi grand que la bestialité et les risques pris au regard d'un geste encadré en occident à cette époque. On retrouve tous les ingrédients de la débrouille du quotidien et de se qui est interdit, en feintant, trichant et mentant. De très long plans séquences impressionnent par leur contrôle, assez bluffant. Très bonnes interprétations aussi. On regrettera le film linéaire et ce manque, marquant, de "pouvoir" omniprésent (uniquement dans les dialogues) et non dans les scènes. Un bon film avec ses défauts et ses manques. 3/5 !!!
Parfois, au festival de Cannes, on décerne la Palme d'Or aux drames sociaux ( Rosetta ou l'Enfant des frères Dardenne ) ; on l'offre parfois à des chocs esthétiques ( Elephant de Gus Van Sant ou encore Dancer in the Dark de Lars Von Trier ) ; enfin, elle peut-être symbolique ( Le Pianiste de Polanski ou The Wind That Shakes the Barley de Ken Loach : ces deux films furent récompensés en raison de la carrière prolifique des deux cinéastes ). J'aime à penser que le film de Cristian Mungiu fut récompensé pour ses trois possibilités. Je m'explique : tout d'abord, son film est un drame social faisant figure de manifeste, puisqu'il raconte la misère quotidienne de deux étudiantes dans la Roumanie de Ceaucescu ( l'une d'entre elles désire se faire avorter, mais cet acte est considéré comme un crime à l'époque : l'intrigue se passe en 1980 ). Ensuite, 4 Mois 3 Semaines 2 Jours est un choc esthétique, prenant et poignant : tourné intégralement en plans-séquence et dépourvu d'artifices tels que les gros plans suscitant l'émotion ou la musique envahissante présente dans la majorité des productions actuelles, il s'affirme comme un tour de force visuel ( sans oublier l'interprétation d'Anamaria Marinca ). Enfin, cette Palme d'Or est symbolique puisqu'il s'agit de la première récompense suprême pour un film roumain ( il faudrait ajouter que la Roumanie est le pays européen le plus pauvre en terme de salles de cinéma ). Bref, une Palme d'Or amplement méritée. Un petit chef d'oeuvre.
Le choc du festival de Cannes. Dans un style semi-documentaire, filmé en temps réel, un récit prenant à l'efficacité digne d'un bon thriller. Les deux actrices sont remarquables. Sans doute le meilleur film roumain de l'histoire du cinéma, avec "La Mort de Dante Lazarescu".
1987, Roumanie, dans une chambre de foyer universitaire une étudiante dit "d'accord", son amie lui répond "merci"... c'est tout ce qu'on saura de leur conversation... A partir de là, Ottila, la blonde, fera tout pour aider son amie Gabita, la brune, à mettre un terme à sa grossesse. On ne sait pas les raisons de ce choix, mais on sait que sous Ceaucescu, on ne rigole pas avec l'avortement,considéré comme un crime. Ottila va devoir lutter contre un système dépourvu de liberté, elle n'a qu'une vingtaine d'année, et n'a connu que cette façon de vivre, elle va risquer gros pour tenir sa promesse, faire preuve de courage et d'une fidélité à toute épreuve. "4 mois, 3 semaines, 2jours" est un film qui marque, qui secoue... dont on se souvient longtemps après l'avoir vu... Les longs plans-séquences, le jeu incroyable de son interprète principale, Annamaria Marinca, les décors d'une Roumanie triste, plongée dans un lourd nuage... tout dans ce film, nous permet de ressentir le calvaire des ces deux filles. La tension est palpable et Cristian Mungiu, le réalisateur, n'use d'aucun artifice superflu. Un film d'une très grande humanité, une Palme d'Or d'exception.
Un très bon film, réalisé d'une main de maître. Il s'en dégage quelquechose de vraiment spécial. Une très bonne surprise et un des meilleurs films de 2007
Le sujet est difficile (l'avortement dans un pays où c'est interdit) intéressant dans ce film de découvrir ce pays: la Roumanie "très rare au cinéma " qui remporte une palme d'or bien mérité. Mais on regrette une émotion trop contenu qui aurait pu faire des ravages!!!
Bon film, qui aborde un sujet délicat (l'avortement) d'une manière très angoissante. Le film est un peu trop lent, mais ce qu'on retient surtout de cette oeuvre c'est la mise en scène très sombre au milieu de laquelle Anamaria Marinca crève l'écran.
A défaut d’école roumaine de cinéma, ou de nouvelle vague venue de l’est, il y a bien du côté de Bucarest, une inspiration commune qui puise ses sujets dans la misère sociale. Entre cette hallucinante description du calvaire de deux jeunes filles pour que l’une d’elle puisse avorter, et le non moins hallucinant voyage de Dante Lazarescu vers sa mort programmée, il y a eu la révolution contre le régime de Ceausescu. Celle-ci paraît avoir apporté un indéniable progrès matériel, mais en ce qui concerne les rapports humains, rien ne semble avoir changé. Pour parler du film de Mungiu, palme d’or à Cannes, il faut réussir à prendre un certain recul, un peu de détachement. La force profonde du film le permet difficilement. Techniquement, c’est d’une très grande précision, cadré en CinémaScope, permettant des plans larges immobiles ou presque, d’une froideur grise oppressante, alternant avec des instants caméra à l’épaule qui donnent une impression d’urgence, d'affolement, de nervosité extrême. Les longs plans-séquences, virtuoses, enferment le spectateur dans l’action, on ne peut qu’être happé par le récit. Le personnage d’Ottila, littéralement habité par l’actrice Anamaria Marinca, présente à l’image presque de façon continuelle, est absolument hypnotisant. On a peur comme elle, on court, on marche, on souffre comme elle, on finit par respirer comme elle. Ce personnage, fort et fragile, splendide d’obstination et de volonté, parvient à rendre le film universel, ce n’est plus seulement une histoire roumaine du temps de la dictature, c’est aussi celle d’une lutte constante et désespérée de la part d’une jeune fille à l'intérieur de la société des hommes. Lourde, dense, marquante, 4 mois, 3 semaines, 2 jours est l’une de ces oeuvres qui vous laisse sans voix, comme anéanti. Le cinéma, lorsqu’il est porté par une telle force, a le pouvoir de changer (un peu) le monde. Longue vie à Ottila...
Comme tout film d'auteur qui se respecte (d'autant plus une Palme d'Or!), certaines scènes sont un peu longuet, les détails et les dialogues parfois un peu lassants. Pourtant, au-delà du contexte politique et historique, ce film est profondément humain, sans jugements. Le naturel et la grande justesse des acteurs apportent également beaucoup.