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5,0
Publiée le 11 septembre 2007
Un film poignant, dur, qui longtemps après la projection vous met encore mal à l'aise. Les acteurs sont extraordinaires de réalisme dans une Roumanie communiste. Ce n'est pas étonnant que ce film ait eu la Palme d'Or.
Tout simplement magnifique. Une des grandes qualités de ce film est qu'il ne s'appuie pas sur le contexte, 1987 en Roumanie, et cela lui confère une portée universelle.
Film choc, film d’un bloc "4 mois, 3 semaines, 2 jours" va nous faire suivre quasi en temps réel, deux filles, Otilia et Gabita dont l’une attend de se faire avorter dans un hôtel de la Roumanie des années 80 sous Ceausescu. Une Roumanie parfaitement restituée, et qui constitue presque un personnage à part entière, en tout cas un décor vraiment effrayant. Avec une mise en scène et un filmage impeccables, le réalisateur nous offre un film fascinant, bouleversant, haletant comme un thriller, aussi beau visuellement que dur dans son propos. Une film qui se contente de montrer sans juger ses personnages et qui nous confronte à une question, à une réalité qui est et sera sans doute toujours d’actualité.
Longs plans séquences incroyables, justes, maîtrisés grâce à des acteurs exceptionnels, la nouvelle Palme prouve qu’elle mérite amplement son titre. Sur un sujet fort, encore utile de nos jours devant une résurgence d’obscurantisme latent, le film déplie ces anecdotes du quotidien, moments de vérité, glauques, viscéraux. A quand un tel film sur la dernière de ces libertés fondamentales qui nous est encore refusée en France : l’euthanasie ?
Long et gore. Partagé entre l'angoisse et le malaise, le réalisateur tombe rapidement dans le voyeurisme : 30 secondes de plan séquence sur un foetus, c'est trop ! Beaucoup d'éléments restent inexploités et flous (la visite du père, les papiers oubliés de M Bebe ???)
Filmé comme un thriller (caméra à l'épaule, gros plans...), ce drame pour le moins éprouvant est saisissant de réalisme. Servi par une actrice excellente (l'autre est à claquer, mais je crois que c'est son personnage, passive, niaise, et agaçante ..), le film montre en quelques scènes cette époque roumaine pas si lointaine où le système D et l'entraide (scène du bus)étaient les meilleures façon de s'en sortir. A voir mais soyez prévenus quand même !
unn film d une force incroyable. j ai failli sortir tellement je me suis senti mal a l idée d assister a une scene effroyable. et finalement on y echappe fort heureusement, pas de scene choc, à part le foetus, mais un film tres fort a voir absolument.
Un sujet puissant et rare, un traitement tendu mais peu novateur. « 4 Mois … » mérite-t-il pour autant la Palme d’Or ? Cette récompense valorise-t-elle le film ? Est-ce un poids ? Certes, la qualité est garantie mais venant d’une sélection aussi prestigieuse, le douloureux périple paraît presque anecdotique. Plans fixes écrasants, caméra à l’épaule tourmentée, totale compréhension de l’enfer des femmes et d’un pays… mais peu d’audace.
Excellente réalisation, excellent jeu, très réaliste(je sais de quoi je parle car j'y ai vécu....) mais, sans blesser personne, il me semble plus ou moins incompréhensible pour ce qui n'ont pas une image globale et vraie du momment et du cadre de vie...sans ça, il est tout au plus choquant ou éxagéré. Quant au rôle éducatif, jamais je n'ai entendu une enormité pareille.....Qu'est-ce que ça a a voire l'adolescence française de nos jours avec de telles choses traumatisantes que seule une dictature tordue que celle que nous avons vécue peut créer! Laissons -les loin de ça! j'étais étudiante en médecine à l'époque, j'ai perdu une collegue dans les mêmes circonstances, presque...quoi qu'il en soit, le metteur en scène a réussi, a mon avis, communiquer ce qu'il voulait communiquer; maintenant, l'impact sur les autres, c'est une autre histoire...
Impressionnant ! Je vais rarement au cinéma, mais quand même... complètement capturé par le film ; quand le générique de fin est arrivé, je ne m'y attendait pas du tout ! Impressionnant aussi par l'ambiance que j'ai ressentie dans la salle ; Nous étions tous placés face à quelque chose de dur, mais de vrai, notre vie !! et tant de situations personnelles si dures qui peut-être remontaient à la surface... salle figée, extrêmement attentive ; tous concernés au premier chef ; la vie humaine, si fragile, si terrible! Pas de parti pris pour ou contre l'avortement dans le film à mon avis, mais chacun placé face à sa responsabilité ; et moi ?... A la fin, début du générique silencieux, personne ne se lève, puis les premiers, silencieusement et enfin quelques commentaires entre voisins, à mi-voix... plus qu'un film, nous avons dans cette salle été rendus témoins de notre propre vie... IMPRESSIONNANT
"Exceptionnel" est le mot juste. "4 mois, 3 semaines, 2 jours" est un excellent film. Après l'avoir vu, on comprend le choix du jury cannois cette année: une Palme d'Or amplement méritée. Techniquement, c'est très bien foutu, épuré juste ce qu'il faut, le scénario au final assez simpliste est tellement bien mis en image, qu'il nous transporte du début à la fin sans ennui, à aucun moment. Le casting est formidable. Pas de doute, tous les ingrédients y sont!! Un très bon film, mais malgré tout cela, force est de reconnaître que ce n'est pas le cinéma que j'aime, trop torturé, trop glauque, trop déprimant...et peut-être trop réaliste, sûrement même; c'est en cela qu'on ne peut s'empêcher de trouver "4 mois..." réussi, il fait monter en chaque spectateur des émotions puissantes, mais terribles. C'est du cinéma qui fait mal, et il est vrai que dans la vie, c'est le genre de sensation que l'on préfère s'éviter.
L'oeuvre qui a reçu toutes les éloges au dernier festival de Cannes est comme l'an dernier un film aussi âpre que bouleversant. Un voyage d'une journée à travers les méandres tortueux d'une Roumanie pré-chute du Communisme, où lorsque l'on n'est pas fils de médecin la vie est sans pitié, et magouilles, corruption et angoisse règnent en tout lieu. Cette histoire c'est avant tout celle de Gabita et Ottila (stupéfiante Anamaria Marinca, qui porte le film sur ses minces épaules et offre le grain d'espoir au spectateur par son amitié dévouée), deux jeunes femmes sans le sou, qui sont sur le point de détourner la législation répressive en organisant l'avortement clandestin de la première. Sans verser dans le pathos mais plus dans l'angoisse constante, la révélation Cristian Mungiu filme, à l'aide de longs plans séquences et grands silences lourds de sens, ce long périple où nos jeunes femmes y laisseront des plumes et nous des sueurs froides. Tout cela en privilégiant la neutralité sur la question cruciale concernant l'IVG. Un bémol néanmoins, l'oeuvre peut s'avérer dangereuse pour certaines consciences qui se feraient une idée toute faite à la vue d'une scène atroce, scène qui selon moi n'est pas aussi forte et impressionnante que celle du repas dans la belle famille, une scène qui est un bijou cinématographique, où stress et nausée submergent autant Ottila que le spectateur. Car on partage la vie des interprètes féminines dans ce film, c'est sa force principale. Alors, si 'Persepolis' de Marjane Satrapi méritait aussi la récompense suprême, il faut reconnaître qu'on est heureux qu'elle ait atterrit dans les bras du réalisateur Roumain.
Une chose est sûre:ce film ne peut laisser insensible;On aime ou on aime pas! On est tout de suite pris dans cette atmosphère noire, tendue, glauque.Les lumières sont grises, à l'image de ce que ressentent les deux héroïnes. Les plans sont longs, fixes comme pour marquer notre mémoire à tout jamais et nous imprégner de l'horreur que vont vivre les deux jeunes filles.
Le rejeton le plus convaincant des frères Dardenne est donc Roumain : car qui donc peut ignorer, en suivant la farouche et (re)belle Otilia au long de sa trajectoire météoritique de cette journée vraiment infernale, sa parenté avec Rosetta ? Ce sont les plus beaux moments du films, portés par une actrice en état de grâce (Anamaria Marinca dégage la même vérité cinématographique qu'une Sandrine Bonnaire chez Pialat), ces instants fulgurants ou faussement calmes (la scène dévastatrice du repas d'anniversaire) qui touchent au "grand" cinéma, mais aussi à l'essence même de l'humanité : cette capacité renversante à survivre au fond de l'horreur, cette indéniable énergie vitale rattrapant la noirceur de la description de la Roumanie de Caucescu. Car il n'est pas sûr que Mungiu ait eu raison de situer son film il y a 20 ans : cela provoque chez nous une curiosité malsaine par rapport aux pratiques dégénérées de la société communiste, dont il n'a pas besoin... Car la lâcheté des hommes ne se limite pas à la Roumanie des années 80.
Un nouveau film, qui sous prétexte de traiter un sujet difficile, se vautre avec une certaine délectation dans le glauque. Est il réellement nécessaire de rajouter au drame de l'avortement, celui du viol. Quel sens de préciser le rôle de la toile cirée dans ce genre d'opération ? On peut naturellement juger que ce film traite avec justesse et sans concession de l'avortement clandestin en Roumanie. Je l'ai personellement analysé comme une collection complaisante de scènes sordides, plongeant le spectateur dans le rôle d'un voyeur malsain. Haut le coeur assuré.