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thewall
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4,0
Publiée le 7 septembre 2007
Cette Palme d'or très méritée n'est sans doute pas le chef d'oeuvre annoncé partout, mais elle recèle suffisamment de cinéma pour être pleinement satisfaisante. La rigueur de la mise en scène et la froideur du traitement en font un modèle que beaucoup devraient suivre. Sans jamais tomber dans le pathos ou le misérabilisme, le cinéaste parvient à dresser un portrait redoutable de son pays au temps de Ceaucescu. De quoi frémir ! On saluera également sa volonté de ne jamais tomber dans le drame facile, ce qui risque de désarçonner un grand public qui attend peut-être plus de retournements de situation ou de rebondissements tragiques. Ici, rien ne vient troubler le déroulement d'un morne quotidien, renforcé par un traitement de l'image particulier, avec des couleurs totalement désaturées. Un grand moment à éviter les jours de cafard.
A découvrir, obligatoirement en v.o. pour en apprécier toutes les vibrations locales, comme un reportage si vous êtes sensible à la question de l'avortement vu du côté féminin déboussolé, et si les pays de l'est d'avant la chute du Mur vous font toujours froid dans le coeur.C'est peut-être austère, mais ça a le mérite d'être conduit sans détours, filmé avec talent et peu de moyens. Les femmes qui ont connu des affres de cet ordre sont remuées jusqu'aux tréfonds et les hommes instruits sur ce qui peut se passer à l'intérieur de leurs compagnes en pareil cas... Cette oeuvre aide aussi à apprécier la loi Veil, dans notre pays, datant de 1975, donc pas si loin, en un temps où la pilule se testait tout juste. Très rare de la part d'un homme sachant oublier sa propre condition physiologique, je le remercie au nom du progrès social et médical (songeons à tous ces pays où c'est encore clandestin, avec la mort des suites parfois)... Cannes a réalisé une prouesse en récompensant ce cinéaste qui ne manque pas de cran par les temps qui courent !
Techniquement très bon, ce film m'a paru moins éprouvant que l'idée que je m'en faisait d'après le sujet. D'une grande beauté dans la façon de filmer et d'aborder les personnages. A voir !
Voilà un film qui ne s'embarrasse pas d'artifice et qui va droit au but. L'écriture est précise et simple. Elle va à l'essentiel. La technique est minimaliste pour laisser juste la place à l'histoire. La reconstitution de l'ère Ceausescu est parfaite même si elle est discrète, les décors, les costumes, la photo sont sobres. L'absence de musique, que l'on remarque au début, accentue encore plus ce sentiment d'épure et contribue aussi fortement à l'ambiance déjà bien lourde de par le propos. Mais tout, cela ne serait rien sans la mise en scène implacable de Cristian Mungiu. Caméra à l'épaule, il suit Otilia comme son ombre pour nous faire vivre les quelques heures hors du temps où elle va tout faire pour aider son amie. L'espace de deux heures nous sommes Otilia : il arrive à nous faire ressentir ses peurs, ses angoisses, ses pensées aussi bien que les nôtres. Voilà une formidable performance que de mettre le spectateur dans la peau du personnage aussi profondément. Rapidement l'avortement lui-même devient presque anecdotique et l'on s'intéresse plus au cheminement et au devenir de l'amie aidante qu'à la jeune fille enceinte. Pour cela la jeune actrice roumaine est d'un naturel confondant. Elle est formidable et porte tout le film sur ses épaules. Rarement un actrice aura fait passer un sentiment de détresse contenu aussi bien. Le prix d'interprétation féminine n'était sans doute pas loin à Cannes. Elle occulte du même coup les autres acteurs tant son interprétation est inspirée et réaliste. Une grande actrice est née et gageons qu'on la retrouvera très vite dans d'autres grands rôles. D'une histoire simple, un fait divers banal mais ô combien dangereux dans une Roumanie en attente de liberté, le cinéaste a su crée un film sombre, poignant, dur ou la détresse des personnages est palpable à chaque plan. Trois grandes scènes résument parfaitement ce sentiment : la négociation dans la chambre d'hôtel, où le dialogue est très dur à vivre alors que la scène suivante est censée l'être bien plus, le dîner d'anniversaire où sans prononcer aucun mot Anamaria Marinca nous fait passer une foule de sentiments et d'émotions incroyables (une grande performance) et l'image finale entre les deux jeunes filles, où rien n'est prononcé mais où tout est dit. Pour une fois voilà une palme d'or amplement méritée. Une mise en scène et un scénario sobres, intelligents, sans esbroufe associée à une interprétation de haute volée. Puissant et inoubliable.
C'est fort et puissant mais le message passe tout en douceur ! Un jeu d'acteurs plus vrai que nature, c'est l'immersion totale. La forme retranscrit parfaitement l'idée du film et inversement : Des jeunes gens pleins de talents, bourrés d'envies mais qui s'essouflent dans une société pauvre et étouffante. Je vois le film comme cela : Un scénario engagé et passionnant qui est sur la forme, brut, sans effets de style et incroyablement dur (comme la vie des personnages) Surement pour mieux faire passer la pilule roumaine ... Bravo !
Film qui m'a beaucoup déçu. Les deux personnages féminins ne sont pas exploités par le réalisateur, pas humanisés, donc on ne s'attache pas à elles. Certaines scènes, et même la plupart, sont vraiment inutiles et trop longues, ce qui qu'on s'ennuie beaucoup pendant le film. Une palme d'or que ne trouve pas méritée du tout.
Voilà une Palme d'Or amplement méritée et pourtant j'étais réticent avant d'aller voir le film de Cristian Mungiu...peur de perdre une après midi ensoleillée au profit de 2 heures d'ennui...et sans doute bourré de préjugés sur un cinéma roumain méconnu. Mais dés le début, le spectateur est littéralement aspiré dans le film, au coeur même de cette histoire sombre et douloureuse. Cristian Mungiu film avec une telle virtuosité et une telle sobriété, caméra à l'épaule (façon "Bloody Sunday"), que le spectateur est littéralement intégré à chaque plan aux côtés des 2 héroïnes. L'absence de musique contribue à renforcer une atmosphère pesante, et Anamaria Marinca est époustouflante dans le rôle d'une amie entière, prête à tous les sacrifices. "4 mois, 3 semaines, 2 jours" confirme la crédibilité retrouvée du festivale de Cannes, et s'inscrit comme un très beau lauréat après l'extraordinaire "The Wind that Shakes the Barley" de Ken Loach.
Le sujet est ardu, la réalisation crue... Palme d'or à Cannes pour un film roumain, il ne fallait pas s'attendre à un blogbuster, et je n'ai pas été déçu. Pour avoir vécu quelque peu dans les pays de l'Est, j'ai retrouvé les lieux et les atmosphères typiques de là-bas. Le film est triste, comme la vie sous le régime de Ceaucescu probablement, mais la vie est là, bien présente, même si le sujet tourne autour de l'avortement. La caméra est souvent vacillante, derrière la nuque des personnages, comme pour sonder leur âme. Globalement, j'ai trouvé ça bien filmé. La lumière est glauque, l'image un peu terne mais c'est volontaire. Un seul regret à mes yeux : que l'on voit le foetus. Il me semble que le regard hagard de l'actrice était bien suffisant.
Prenez tout d'abord un réalisateur plein d'engagement et d'humilité, ajoutez à cela des acteurs qui vous semblent plus vrai que la réalité, vous obtiendrez "4 mois, 3 semaines et 2 jours". Résultat, vous sortez de la salle avec une impression d'avoir vécu ce que vous venez de voir. Une Palme d'Or qui met la barre haute pour les années à venir...
Je sors du ciné et j'ai adoré ce film.Le theme, meme si il a été déjà abordé plusieurs fois, est magnifiquement traité à travers l'histoire fabuleuse d'amitié entre les 2 femmes. Il est par moment très dur et y a une scène longue qui est à la limite du regardable. Personnellement, je pense que la palme d'or est largement méritée.
Un film longuet, sans véritable interêt: il nous montre ce que l'on sait déjà. La réalisation est facile, et sans ses exellents acteurs, le film n'aurait aucun impacte.
Voilà une "Palme d’or" incontestable. Le film "4 mois, 3 semaines, 2 jours" du réalisateur roumain Cristian Mungiu est une très belle œuvre. C’est l’histoire tragiquement banale d’un avortement, mais dans la Roumanie de 1987, soit deux ans avant la chute du régime de Ceausescu, qui avait entre autres interdit depuis 1966, l'avortement mais aussi la contraception. Par de longs mouvements de caméra toujours fluides, rarement vifs, ainsi que des plans séquences sans fioriture, Cristian Mungiu arrive à nous faire vivre par l’intérieur cette tragédie absurde. Nous ne sommes plus seulement des spectateurs, nous sommes presque physiquement dans la pellicule. La formidable performance de l’actrice roumaine Anamaria Marinca est à noter ; elle m’a rappelé l’énergie vitale de Sibel Kekilli dans "Head on" de Fatih Akin.
On ne pourra nier que ce regard à la fois cru et juste sur cette Roumanie des âges sombres ne laisse pas indifférent. De même, certains passages, de par leur teneur, ne peuvent que capter une attention assez vive. Pourtant, même si on ne ressort pas de ce film avec une mauvaise impression, on est cependant quelque peu groggy par cette réalisation au fond assez austère et dont l’épuration est parfois difficile à supporter. Un bon film donc, mais sûrement pas une révélation.
Un film intéressant mais pas assez original dans son histoire et sa réalisation pour qu'il marque le spectateur. Certes, les deux actrices sont très bien, le contexte fait froid dans le dos mais, personnellement, car cela est subjectif, je n'ai rien ressenti. Au bout d'un moment, j'étais plus attachée aux plans séquences et aux hors-champs qui sont peut-être les seuls intérêts de ce film. Pour moi, la technique ce n'est pas assez pour réussir une oeuvre artistique.... Palme d'Or non contestable mais discutable....