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Un visiteur
5,0
Publiée le 30 août 2007
J'ai été tout simplement bouleversé par ce drame roumain aux qualités nombreuses. Alliant une réalisation à la fois maîtrisée et novatrice, un scénario simple mais travaillé qui insiste sur les différents protagonistes et leurs faiblesse et le talent d'Anamaria Marinca, grandiose et magistrale dans le rôle de l'amie de Gabita, le film ne devrait laisser personne indemne, tant par son sujet que par la façon dont il traite ce sujet.
On retiendra surtout la scène lors de laquelle le personnage interprété par Anamaria Marinca erre dans les rues ainsi que la scène qui oppose les deux étudiantes à M.Bebe, interprété par un acteur non moins excellent que Marinca.
Pudeur, émotion et justesse s'entretissent dans un film qui n'ennuiera personne, d'autant plus qu'on peut parfois le comparer à un thriller (on se demande comment les deux héroïnes vont s'en sortir). Il a également le mérite, certes mineur, de découvrir certains aspects de la Roumanie, pays dont on ne traite que rarement au cinéma.
Bref, le réalisateur roumain Cristian Mungiu, avec un style proche de celui du réalisateur regretté Ingmar Bergman, insuffle un sang neuf au cinéma avec cette perle qui a largement mérité la Palme d'Or au Festival de Cannes. Je conseille à tous les cinéphiles de le voir.
Le problème avec ce genre de cinéma, c'est que la qualité de la réalisation de cette Palme d'or est au service de l'horreur. Temps réel ou quasi, à l'instar de la série "24h chrono" Des plans fixes pour les scènes intérieures, caméra à l'épaule pour les extérieures, comme dans "Elefant", Palme d'or en 2004. Ces techniques permettent au spectateur de ressentir assez fortement ce que ce les deux "héroines" ressentent : l'enfer et des situations très éprouvantes. C'est parfaitement réussi et c'est la force du film. Par contre le thème de l'avortement clandestin dans un état totalitaire est assez connu. La seule question à se poser est : veut-on vraiment "vivre" toutes les phases émotionnelles noires des personnages ? Ou de manière plus général : que cherche-t-on au cinéma ? Pour ma part, je n'ai pas aimé ce film, ni sa tension dramatique trop lourde. J'ai souffert entre ennui et mal-être et j'ai plusieurs fois eu envie de quitter la salle. Ce n'est donc pas réussi à mes yeux.
Caméra fixe ou portée à l’épaule, les plans-séquences se succèdent. Pas de musique additionnelle, aucune fioriture. L’objectif ne lâche que rarement Otilia (Anamaria Marinca), lui emboîte le pas, capture son visage, ses gestes, ses expressions avec une froideur clinique. C’est comme si la caméra faisait intrusion dans le petit monde de ces jeunes femmes, comme si elle en enregistrait (volait ?) des instants bruts livrés tels quels au regard du spectateur. Le parti pris est radical, le mécanisme imparable et le résultat, confondant de réalisme. Le spectateur se retrouve happé, pris aux tripes crescendo au fur et à mesure que les heures passent. L’effroi, la détresse, la peur et toutes les autres émotions d’Otilia sont presque palpables (magistrale scène du dîner d’anniversaire). "4 mois, 3 semaines, 2 jours" est davantage que l’histoire d’un avortement clandestin. Mungiu ne porte aucun jugement sur ce sujet. L’enjeu est ailleurs. Le film s’inscrit dans un contexte particulier : la Roumanie des dernières années de l’ère Ceaucescu. Atmosphère dépressive, lumière blafarde : la chape de plomb qui pesait alors sur le pays. Au détour de chaque scène, sont évoqués le marché noir, la débrouille faite mode de vie, l’absurdité qui contamine le quotidien (voir comment il est compliqué de réserver une chambre d’hôtel), la fracture entre une classe aisée aveugle et ceux qui vivent plus chichement. Il semble n’y avoir, pour les Roumains, à cette époque, d’autre alternative que le désenchantement résigné ou le cynisme total. Otilia et son amie Gabita : deux destins parmi d’autres. Amenées à choisir entre le pire… ou le pire, elles sont avant tout prisonnières d’un système (qui ne va pas tarder à imploser) qui ne leur laisse que le choix du courage.
Chantage au sujet : la noirceur conditionne toute la mise en scène (entre Dardenne et Noé), tout va et appuie dans le même sens. Il faut avoir l'estomac bien accroché pour subir le plan du foetus. Une description juste et kafkaienne de la roumanie communiste, mais souvent des dialogues lourds et explicatifs et un volontarisme parfois gratuit dans le plan séquence à tout pris. La scène avec l'avorteur sauve le film du didactisme : brusquement tout devient monstrueux, complexe et humain. L'actrice porte le film et emporte le morceau.
Un film qui est une histoire de la détresse de deux jeunes femmes qui ne suffit pas pour constituer un scénario. Le film devient de plus en plus ennuyant et s'achève sur une fin qui n'en est pas une! A ce demander pourquoi ce film a récolté la palme d'or...
Si vous ne savez rien de la Roumanie de Ceaucescu, rien des avortements clandestins d'avant L'IVG, ok, vous pouvez voir ce petit film très plat qui a les faveurs -voire l'engouement- de la critique et une extravagante Palme d'or à Cannes! C'est long, glauque avec complaisance, plutôt lourd, filmé sans talent, genre téléfilm documentaire. La seule chose qui intrigue, donc intéresse, c'est l'écriture des rôles des deux jeunes femmes, l'une, enceinte est manifestement une gourde, l'autre se démène pour deux et de ce fait relève un peu l'intérêt. De plus on peut trouver assez ambigu le propos du film, les anti Ivg y trouvant du grain à moudre grâce au plan sur le foetus. Comparer ce petit film à l'extraordinaire "Mort de Dante Lazarescu" , non!!!
Après une petite déception à la sortie du "vent se lève" l'année dernière, la palme d'or de 2007 est tout bonnement magistrale. Une véritable gifle que l'on reçoit en pleine tête, sans concession, sans pathos... Le "début de la fin" est à la limite du supportable mais le film en vaut la chandelle. Comment le critique du "contre" du magazine Télérama peut - il penser que le film va réjouir les anti - avortement? Le film est dans un contexte politique très dur et c'est ce dernier qui est mitraillé ici... COUREZ VOIR CE FILM, il est juste indispensable... Mention spéciale pour l'actrice principale, grandiose.
Un sujet sensible, l'avortement en Roumanie sous la dictature de Ceaucescu dans les années 80, pour un film qui mérite amplement sa Palme d'or à cannes cette année!
3 mois tout juste et deux jours auront passés entre la sortie française de ce film et sa remise de la Palme d'Or au dernier Festival de Cannes... On peut encore se demander si c'est bien mérité.
Sombre portrait de l'univers insalubre de la Roumanie des années 80, dans lequel deux jeunes femmes s'inquiètent de leur avenir. L'une est enceinte de quatre mois et ne veux pas de son enfant, l'autre n'est pas sure d'elle et à peur d'en avoir un, de bambin. Le problême, c'est qu'a cette époque, l'avortement est condamnable. C'est un haut crime.
Cristian Mungiu semble porter à coeur ce sujet et, scénaristiquement, il le maitrîse parfaitement. L'histoire est si réelle, si terrifiante de véritée. Au niveau de la mise en scène, on ne peux que reprocher au réalisateur d'alterner caméra à l'épaule (donc bougant dans tout les sens) et images denses et immobiles. (Le mal de crâne n'en est que un peu plus ressenti.) Mais dans les deux cas, l'ambiance noire et suffoquante est omniprésente, contrastant parfaitement avec l'épreuve que la jeune Gabita va supporter durant le film.
L'excellente interprétation de Anamaria Marinca, Laura Vasiliu et Vlad Ivanov, renforce la puissance de ce film hors du commun, "salement" magnifique à certains niveaux, mais qui aurait dû être quelque fois plus soigné. N'empêche que... Le silence règne à la fin de la séance.
Il y a des années et des années qu'une Palme d'Or n'avait pas été aussi évidente, aussi nécessaire, aussi justifiée. Face à une sélection officielle un peu faiblarde, ce film du réalisateur roumain Christian Mungiu était le seul à emporter l'adhésion quasiment unanime des spectateurs et des critiques. Un film très juste sur les drames qu'entraîne l'interdiction de l'avortement et sur le drame intime qu'il représente en lui-même. Un film sur les dérives d'un régime en phase d'essoufflement. Un film haletant comme un thriller, tout en tension, passionnant. Une façon de filmer qui se situe entre Haneke et les frères Dardenne, autant dire le dessus du panier à l'heure actuelle. Une actrice d'une justesse extraordinaire : Anamaria Marinca. Une succession de scènes d'une force excptionnelle, dont celle d'un repas de famille qui montre tout les décalages qu'il peut y avoir entre des membres pourtant proches d'une même communauté. Un grand film. A voir, bien entendu !
1987, Roumanie, dans une chambre de foyer universitaire une étudiante dit "d'accord", son amie lui répond "merci"... c'est tout ce qu'on saura de leur conversation... A partir de là, Ottila, la blonde, fera tout pour aider son amie Gabita, la brune, à mettre un terme à sa grossesse. On ne sait pas les raisons de ce choix, mais on sait que sous Ceaucescu, on ne rigole pas avec l'avortement,considéré comme un crime. Ottila va devoir lutter contre un système dépourvu de liberté, elle n'a qu'une vingtaine d'année, et n'a connu que cette façon de vivre, elle va risquer gros pour tenir sa promesse, faire preuve de courage et d'une fidélité à toute épreuve. "4 mois, 3 semaines, 2jours" est un film qui marque, qui secoue... dont on se souvient longtemps après l'avoir vu... Les longs plans-séquences, le jeu incroyable de son interprète principale, Annamaria Marinca, les décors d'une Roumanie triste, plongée dans un lourd nuage... tout dans ce film, nous permet de ressentir le calvaire des ces deux filles. La tension est palpable et Cristian Mungiu, le réalisateur, n'use d'aucun artifice superflu. Un film d'une très grande humanité, une Palme d'Or d'exception.
Un film prenant gràce au scénario superbement construit, aux acteurs littéralement hantés par leurs personnages et une mise en scène brillante. La tension qui y règne est parfaitement rendue et nous rend mal à l'aise. Du très bon cinéma d'auteur.
C'est un film qui se passe sur une journée, dès le début on se demande si l'avortement va bien se passer où non, l'ambiance est froide, très froide! Aucune musique! Une fin Brutale. Des personnages tantôt "méchants" tantôt un bébétes. Au début du film on se sait pas ce que les 2 filles "cherchent"! Puis peu a peu on apprend que c'est Gabita qui est enceinte. Dans cette histoire qui sort des sentiers battus nous ne suivons pas Gabita, alors que la logique l'aurait voulu, en tout cas la mienne, mais nous suivons Ottila. C'est justement parce que ce film sort des sentiers battus qu'il a été primé a Cannes. Rappelez vous l'intensité de la fin du Vent se lève. Là encore c'est un film très politique, qui touche par son sujet, l'avortement est interdit en Roumanie, mais aussi par ces actrices surtout Anamaria Marinca qui joue Ottila. C'est vraiment un film que je recommande vivement, même si ce pas le film que j'ai préféré.