Je voulais mettre 3.5 étoiles ...mais bon ! Il y a de ces petits films qui sont de petits chefs d'oeuvre. Le scénario est dans le fond très classique : une structure - ici une fanfare - est accueillie dans un lieu où elle n'est pas attendue - ici la banlieue d'une ville. La structure est codifiées, les banlieusards ne le sont pas, le contraste est installé : c'est du Molière, du Guitry, etc. Ici, c'est le talent des acteurs, de la mise en scène, de la prise de vue, de certaines scènes qui vont devenir des classiques (la drague à la patinoire !) Regardez ce film en prenant votre temps, il y a de toutes petites maladresses ... Ah ! J'oubliais un détail : la fanfare est égyptienne et la banlieue israélienne. Pourquoi un détail ? Cela ne change rien au scénario, mais ajoute un peu plus au contraste, donc au comique !
Une merveille de sensibilité et d'humour, dominée par une sublime Ronit Elkabetz. "Peu de gens s'en souviennent, cette histoire semblait sans importance..." nous dit-on. Et pourtant, quels beaux souvenirs laissera cette escale aussi saugrenue qu’émouvante!
Tout simplement meilleur film que j'ai vu depuis environ 3 ans. Je l'ai revu depuis et il n'a pas bougé : c'est toujours aussi bien. Aucune provocation apparente dans ce film, au demeurant tendrement amusant (des cadrages et des constructions de scène [notamment les seconds plans] qui semblent empruntées aux Leningrad Cowboys d'Aki Kaurismaki)... Et pourtant, un point de départ on ne peut plus iconoclaste : une fanfare militaire égyptienne perdue apporte la culture à un village israélien désœuvré. Tant de sujets sérieux y sont abordés, avec tant de légèreté apparente et sans aucun «message»; lourd, et avec tant d'humour, d'humanité; et de tendresse, que je ne sais quoi écrire qui ne salirait pas le film... Bref, allez le voir, achetez-vous le DVD, c'est un film immanquable.
Enorme coup de coeur pour ce petit joyau qu'est "La Visite de La Fanfare". En partant d'une simple anecdote: une fanfare partie inaugurer un centre culturel arabe en Israël est contrainte, suite à un mauvais concours de circonstance, de passer une nuit au fin fond du désert israélin, Eran Kolirin nous offre une fable humaniste empreinte de grâce et de légèreté. Dans cette ville perdue, oubliée du monde, où il n'y a apparemment aucune culture d'ailleurs, des liens vont se tisser, une rencontre entre 2 peuples qui n'auraient pas dû se séparer va naître, une histoire d'amour entre deux êtres qui n'auraient pas dû se rencontrer va voir le jour... Mais ne vous méprenez pas sur l'oeuvre, "La Visite de la Fanfare" est avant tout une comédie! Une comédie intelligente où il règne une atmosphère décalée et burlesque qui vous fera chavirer le coeur par ses multiples surprises. Ronit Elkabetz (Dina), et Sasson Gabai (Tewfik) y sont magnifiques, la scène sur le banc où il lui montre comment il dirige sa troupe est dix fois plus romantique que n'importe quelle baiser de cinéma. En cette fin d'année, ne passez surtout pas à côté de ce petit bijou qui devrait venir à bout de n'importe quelle petite déprime.
Ces huit musiciens se profilant de bleu clair en sortie d'aéroport, qu'on pressent disciplinés tant que les rouages sont bien huilés, promettent tout de suite du cocasse. J'ai trouvé un peu pesants certains moments entre la jeune femme et le gradé, série d'oeillades équivoques de grands blessés du sentiment, à deux doigts de se lâcher, on a mal pour eux, surtout elle, cent fois plus nature dans son jean que dans sa robe rouge apprêtée. Fort heureusement, la tension est sauvée par lle jeune bellâtre ne jurant que par "Ma funny Valentine". Et des gags non-stop... Joliment filmé, avec juste ce qu'il faut d'ironie. Rêve d'harmonie très convaincant entre peuples régulièrement en guerre.
Bon bah un coup de coeur par mois ! Pour décembre, mon coup coeur est La Visite de la fanfare ! Un très beau film montrant la rencontre inatendue de l'Israël et de l'Egypte sans faire aucun appel à des sources politiques ou conflictuelles. Que des discours et des situations sincères, drôles, émouvants. Eran Kolirin a réussi à faire d'un sujet délicat un film humain et intelligent sans grande prise de tête. Juste une simple anecdote à propos d'une petite fanfare arabe qui se retrouve coincée dans un endroit plutôt 'pommé' de l'Israël. Un grand bravo aux acteurs également. Surtout à Ronit Elkabetz, qui m'a vraiment étonné par son naturel, j'adore. Voilà un bon petit film pour finir cette année, n'hésitez pas.
Un très bon film tout en retenu, mais dont la puissance émotionnelle n'est pas négligeable! Les acteurs sont tous très justes... Vous passerez un bon moment!
Jolie comédie amère, qui rappelle un peu les premiers Milos Forman. Peinture chaleureuse d'un petit groupe de personnages décalés ou conformistes, c'est un portait humaniste qui ne tombe pas dans la sensiblerie. La sublime Ronit Elkabetz y confirme son talent d'actrice.
C’est un premier film d’une sobriété exemplaire, où l’on sent que le réalisateur n’a pas mis toute sa vie sur la pellicule. L’histoire est très simple, presque trop : elle est juste esquissée pour que les personnages se rencontrent. Et ils sont magnifiques, ces personnages. Simples et compliqués, comme dans la vraie vie, plein d’espoirs et de douleurs. Paraissant tellement différents les uns des autres lorsqu’ils se rencontrent, lorsqu’ils se confrontent, et au fond avec tellement de choses à échanger. Pas seulement avec la parole, mais avec des sensations, des regards, des non-dits.
Avec des petites scènes formidablement cadrées, rythmées mais sans précipitation, prenant le temps de la contemplation, de l’attente et de la rêverie mais sans jamais susciter l’ennui, le réalisateur ne fait pas un récit lyrique sur une paix possible, il montre juste que des populations a priori hostiles peuvent vivre ensemble, se trouver des points communs, oublier un temps leurs différences. Peut-être d’ailleurs est-ce seulement cela, la paix. La mise en scène est basée sur cette sérénité possible, les éclairages sont doux, le montage n’a rien d’agressif, les rapports entre les gens sont montrés du point de vue de la maladresse entre eux, pas de la violence possible. Cette absence presque totale de tension, c’est toute la qualité et aussi la limite du film. Qualité parce que l’émotion parvient à naître malgré le caractère microscopique des enjeux, et limite parce que, du coup, le film est presque trop propre, trop léché, trop maîtrisé. Défauts mineurs pour cette œuvre finalement universelle, drôle, humaniste, émouvante.
Une petite fanfare égyptienne débarque dans un coin perdu en Israël. Erreur de destination, mais... il est des rencontres imprévues. Avec peu de moyens, Eran Kolirin nous offre un conte utopique mais bien vu, tout en connivence et fluidité. Porté par des acteurs convainquants, des situations cocasses et des personnages croquants, le film est posé, bien qu'un peu trop (plans-tableaux) et empreint d'un certain vide mélancolique.