Derrière son apparente légèreté de comédie, Pierre Salvadori livre un portrait tendre et mélancolique de deux marginaux dans "Les Apprentis". L'histoire suit Antoine et Fred, deux amis que tout oppose mais qui vivent en colocation. Ensemble, ils enchaînent les galères et les désillusions amoureuses. François Cluzet incarne déjà ce personnage râleur, nerveux et perpétuellement insatisfait qu'il interprétera souvent au cours de sa carrière. Guillaume Depardieu apporte une énergie plus brute et plus fragile. Disparu beaucoup trop tôt, l'acteur laisse ici entrevoir tout ce qui faisait sa singularité : une présence magnétique, une nonchalance touchante et une sincérité qui transperce l'écran. Pierre Salvadori filme ses personnages avec beaucoup d'affection sans jamais les juger. Son écriture trouve constamment le bon équilibre entre humour et émotion.
Super petit film sans prétention, réalisé et interprété avec talent. Sur fond de dépression et de détresse sociale c'est là un film encore très moderne dans ses propos même 30 ans après sa sortie, et qui peut encore aisément trouver son public.
Très joli film sur 2 bras cassés inadaptés à la vie, qui galèrent et squattent où ils peuvent. S'ensuivent des situations fort drôles. Guillaume Depardieu est excellent dans ce rôle d'amoureux transis qui idéalise à tort les filles. La fin inattendue, est très réussie.
Film très très drôle. Mais pas que. On est sur un mélange parfait entre humour et tristesse. Entre joie de vivre et dépression. La prestation des deux acteurs principaux sont splendides. C'est beau un film comme ça...
Une critique tardive pour faire vivre ce film. Decouvert à sa sortie, il est devenu un de mes films cultes. Il permet de réaliser que Guillaume Depardieu était sans doute un excellent acteur et que Cluzet sait faire autre chose que le ronchon énervé (hormis intouchables) Je ne connais pas film faisant autant toucher du doigt le sentiment d'amitié.
Les apprentis, ce sont deux copains qui galèrent, à la dernière étape, se dit-on, avant de se retrouver à la rue. Plus ou moins squatteurs d'un appartement dont ils vont être expulsés, Fred et Antoine (G.Depardieu et F.Cluzet) survivent entre petites rapines et jobs au noir en attendant des jours meilleurs. Leur amitié, scellée par une solitude commune, semble leur seule force. Sur la forme, et à travers quelques cocasses péripéties de la vie quotidienne, l'existence des deux copains relève de la comédie. Mais le talent du film est de laisser filtrer, à l'opposé de la caricature, l'amertume ou la gravité d'une situation qui n'a, en somme, rien de très amusant. Les deux personnages nous attachent progressivement parce qu'ils sont vrais, nuancés, parce qu'ils suggèrent constamment la précarité et leur solitude avec des mots justes. Les tentatives amoureuses de Fred ou la dépression d'Antoine sont là pour évoquer la triste condition des laissés pour compte. Salvadori joue par ailleurs -procédé qui sert tout autant la comédie que ses sous-entendus dramatiques- des caractères contrastés de Fred et Antoine, où sont confrontées en particulier la nonchalance du premier et l'anxiété du second.
"Les Apprentis", réalisé par Pierre Salvadori en 1995, est un film français captivant qui offre une perspective singulière sur les aléas de la jeunesse et les difficultés de l'entrée dans l'âge adulte. Le film met en scène Antoine et Fred, interprétés respectivement par François Cluzet et Guillaume Depardieu, dont les parcours chaotiques sont peints avec une touche de mélancolie et d'humour.
Le film brille particulièrement grâce à ses performances d'acteurs. Cluzet et Depardieu forment un duo fascinant, livrant des interprétations nuancées qui captent à merveille les incertitudes et les espoirs de leurs personnages. La présence de Marie Trintignant ajoute une dimension supplémentaire au film, son personnage Lorette offrant une touche de romantisme et de rêve dans un monde autrement assez dur.
Le scénario de Salvadori et Philippe Harel est à la fois touchant et réaliste, dépeignant avec justesse les difficultés rencontrées par les jeunes adultes dans la société contemporaine. Cependant, le film manque parfois de cohérence dans son récit, certains aspects de l'intrigue semblant sous-développés ou insuffisamment explorés. Cette irrégularité narrative empêche le film d'atteindre une résonance émotionnelle plus profonde.
La mise en scène de Salvadori est efficace, utilisant les décors urbains pour créer une ambiance qui reflète l'état d'esprit des personnages. La musique de Philippe Eidel, bien que discrète, accompagne habilement le récit, soulignant les moments clés sans jamais s'imposer de manière excessive.
En termes de production, le film bénéficie d'une réalisation solide, avec une photographie qui capture avec succès l'essence de la vie urbaine française. Les costumes et les décors sont appropriés, ajoutant à l'authenticité du film.
Le film a été justement reconnu lors de la cérémonie des Césars, avec un César du meilleur espoir masculin pour Guillaume Depardieu et une nomination pour François Cluzet. Ces distinctions soulignent la qualité de la production et des performances, bien que le film dans son ensemble n'ait pas reçu la même attention.
En conclusion, "Les Apprentis" est un film attachant qui offre une exploration sincère des complexités de la jeunesse et de l'amitié. Bien qu'il présente certaines faiblesses dans son scénario et sa cohérence narrative, les performances solides et la direction assurée en font un film mémorable et appréciable. C'est une œuvre qui mérite d'être vue pour ses moments de sincérité et son portrait touchant des réalités de la vie.
Retrouver 2 acteurs (Marie Trintignant et Guillaume Depardieu), jeunes pourtant, et qui sont déjà morts provoque un sentiment un peu étrange. Mais passons! Un film existe sur la base d'un scénario, qui est censé d'une manière quelconque divertir les spectateurs. Est ce que 2 loosers invétérés, accrocs à leur vie sans reliefs, peuvent faire un scénario? Et bien non! Si encore au cours du film, une vaque lueur de virage à 180° pointait le bout de son nez, pourquoi pas! Mais là, que nenni! On suivra ces 2 épaves de la vie tout le film au point que l'un deux finira en "maison de repos". Il faudra attendre les 2 dernières minutes pour que le virage se dessine, s'esquisse à peine. Dommage! Tout cela pour çà! Non, je confirme, je n'ai jamais aimé les films de loosers! Cela me fait trop de la peine! A voir par accident
Que c'est drôle et malin ! Que c 'est touchant que l' histoire de ces deux loosers au grand cœur et au bord du burn-out. Le jeu d'acteurs est parfait et la direction d'acteur est au poil. C'est doux, amer, drôle et pathétique à la fois. Du très bon Salvadori quoi !
Un film de potes qui ne serait pas sans similitude avec « Viens chez moi, j’habite.... » même si je propos ici est plus accès sur le désir de s’en sortir finalement. On rigole pas mal malgré le fond pas si comédie que ça.
Une tendre histoire d’amitié entre losers non dénuée de poésie avec des scènes drôles et réussies. Ça commence dès le générique avec la lettre à Valérie, citons également la scène des photos au bistrot, le casse décadent, la partie à trois, et les fameuses répliques : « Quand je suis avec toi, je me dis qu’il faudrait que je prenne un bain » ou « Votre linge sale, vous le mettez où ? - Ben... on le porte ! » Au final un scénario riche et intelligent avec de bons dialogues.
Avec un titre pareil, voilà qui ne pouvait être qu'un film d'apprentissage.... D'abord pour Guillaume Depardieu (même s'il y a déjà eu "Tous les Matins du monde", et "Cible émouvante" - premier "long" de Salvadori, 2 ans plus tôt) - qui aura, de ce chef, le "César du Meilleur Espoir masculin" en 1996. Et donc aussi pour le metteur en scène - assez peu prolifique, au bilan (9 longs métrages en 25 ans). La forme paraît foutraque, le fond anecdotique (l'art de la débrouille au quotidien pour deux marginaux, coincés en post-ados - le plus dramatique étant pour "Antoine", alias Cluzet, puisque frôlant la quarantaine... la confusion des sentiments en complication.....), mais le charme opère, celui d'un ton, d'un art de conter... Outre le remarquable duo des "Apprentis", notons la présence de "La Discrète" (Judith Henry) en "fil rouge" et de Marie Trintignant (déjà de "Cible émouvante"), dans une épatante scène de fin, en forme de morale. Agréable (re)découverte pour moi, par temps maussade (cinés fermés, pour cause de "crise sanitaire", dont les autorités se plaisent à faire s'éterniser les effets délétères...).
Film sympa sur la colocation agitée de 2 losers dans la dèche à Paris et sur leurs aventures diverses qui finalement renforcent leur amitié. Quelques longueurs et une réalisation perfectible mais 2 bons acteurs.