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Prad12
123 abonnés
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0,5
Publiée le 17 décembre 2013
Heureusement que la vague s'est échouée depuis longtemps sur la plage........... Nul, prétentieux, pédant, jubilatoire de bêtise........... Incroyablement faux. Tout est faux, les dialogues, les situations, la vie..........
On ne sait que penser tant ce film contient des moments très sympathiques et d'autres carrément exaspérants. Le scénario est bidon, le traitement de la bande son est mauvais, certaines répliques sont consternantes, mais il faut bien avouer que les acteurs sont amusants, voire même attachants… et puis Godard sait filmer. A noter les apparitions furtives de Marie Dubois et de Jeanne Moreau ainsi que des plans de deux cinémas du quartier de la Porte Saint-Denis aujourd'hui disparus : Le Neptuna et le Strasbourg.
Parmi les premières œuvres de Godard, ce film n’est probablement pas le plus ‘important’. Cela dit, la mise en scène est très agréable à observer (avec des jeux de lumière intéressants et une opposition bleu/rouge des personnages qui caractérise ces derniers et embellie chaque plan).
Les personnages sont aussi mordants que ceux de Pierrot le Fou ou d’A Bout de Souffle, et le réalisateur expose avec drôlerie (ou égocentrisme) la singularité des films de la Nouvelle Vague (avec par exemple Belmondo qui évoque le film dans lequel il a précédemment joué : « Il y a A bout de Souffle à la télé, je voudrais pas le louper! »)
Quand je lis les critiques, j'ai l'impression qu'elles sont bonnes uniquement parce que le cinéaste porte le nom de Godard. Je ne connais pas bien ce réalisateur, j'ai plutôt aimé Le Mépris et vraiment adoré Vivre sa vie, mais là je ne comprends pas comment on peut appeler ce film un chef d'oeuvre. Certes, Godard tente de nombreuses choses au niveau de la réalisation, mais ce n'est pas parce que c'est original voire inventif que c'est nécessairement bon. J'ai tout d'abord trouvé insupportable la torture infligée au son et aux musiques. L'idée pourrait être intéressante si elle avait un réel but, là j'ai plutôt ressenti un bordel pas possible, les musiques étant souvent lourdingues voire sans cohérence avec les images qu'elles accompagnent. Parfois même, elles se mélangent avec les dialogues ce qui ne présente à mon goût pas grand intérêt. A part ça, j'ai trouvé le scénario absolument pas intéressant. On se fout totalement de ce qui se passe et le personnage joué par Anna Karina ne présente pas non plus beaucoup d'intérêt à mes yeux. Seul son charme opère de temps à autres, mais rien de plus. J'ai trouvé les dialogues aussi ratés que les musiques : ça part dans tous les sens, on ne comprend pas toutes les liaisons, c'est un peu le bordel. A vrai dire, le seul moment que j'ai trouvé vraiment génial se trouve être lors de la chanson d'Aznavour. C'est également le seul moment du film où la musique ne part pas en délire et où les acteurs sont silencieux. Pour moi, y'a pas grand chose à tirer de ce film même si les divers essais peuvent être vus comme étant intéressants. Je veux bien voir un film sans construction précise, mais il faut au moins qu'il ait un but. Bref, "on ne sait pas si c'est une comédie ou une tragédie", mais pour moi ce qui est sûr c'est que ce n'est pas un chef d'oeuvre.
C’est une expérience, un style bien particulier, une façon de raconter une histoire à la Godard… avec une mise en scène et un montage bien à lui. Ce film est plus abordable que Pierrot le fou, c’est simple, léger, emmené par une douce et magnifique Anna Karina. Une œuvre d’art particulière…
Godard s’attaque avec son style de déconstruction habituelle à la comédie sentimentale et musicale à la française. Il garde du genre une allégresse, une légèreté inhabituelles, et qui font tout le plaisir du film. D’autant qu’il n’abuse pas de citations pédantes et que ses trouvailles de remise en question d’écriture cinématographique sont toujours à la fois drôles, virtuoses et surprenantes. On a surtout le sentiment que le réalisateur est affectivement concerné par son sujet, qu’il est effectivement affolé par la volonté féminine d’enfanter, capable de balayer les convenances et de bousculer le désir et la quiétude masculine. Et que cela l’inspire.
Troisième œuvres de « l’expérimental » Jean-Luc Godard, Une Femme est une Femme est à première vue un long-métrage au scénario classique, inspiré des comédies américaines des années 40/50. Seulement, Godard oblige, cette construction habituelle est tout au long du film déstructurée par le montage et le regard du réalisateur. Le genre se voit donc traité d’une manière originale si chère à la Nouvelle-Vague avec des acteurs en roue libre incarnant parfaitement cette légèreté de ton et d’action visible à l’écran. Bien évidemment, Anna Karina confirme tout son talent et nous inonde de son charme naturel pendant près d’une heure trente. Jean-Paul Belmondo et Jean-Claude Brialy n’en demeurent pas moins aussi exceptionnels et pétillants. Premier film du réalisateur en couleur, Une Femme est une Femme est donc bel et bien une réussite qui va bien au-delà d’une simple comédie sauce Nouvelle-Vague. Moins connu qu’À bout de Souffle ou Pierrot le Fou par exemple, ce film est un chef d’œuvre, une expérience cinématographique dont seul Godard a le secret. Il ne pourra que ravir les cinéphiles et les spectateurs curieux de découvrir un cinéma proposant un regard différent.
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3,0
Publiée le 19 février 2012
Douè d'une hypersensibilitè agressive, autant que d'une remarquable intuition de ce qui caractèrise une èpoque et ses problèmes, Jean-Luc Godard peut apparaître comme l'un des tèmoins les plus intèressants d'un certain mal du siècle, mais aussi comme l'un des crèateurs les plus romantiques des annèes 60! il n'est pas facile de trouver dans le cinèma contemporain des histoires d'amour empreintes à la fois d'ironie mais aussi de profonde tendresse comme c'est le cas de celle qui nous montre Angela, jouèe par une très belle Anna Karina, jeune femme qui voudrait un enfant mais que Jean-Claude Brialy ne se sent pas la fibre paternelle! Elle se retournera vers le meilleur ami, l’acteur mythique d’« A bout de souffle » : Jean-Paul Belmondo! Du pur Godard pour ce film frais qui secoue les normes de la classique comèdie filmèe avec quelques belles scènes notamment celle entre Bèbel et Karina sur cette chanson d'Aznavour (« Tu t’laisses aller » ) se passant dans un bistrot ! Les puristes apprècieront les clins d'oeil à la Nouvelle Vague telle Jeanne Moreau, de passage dans ce film, qui rend hommage à "Moderato cantabile" qu'elle joua l'annèe prècèdente! On peut ne pas aimer mais on ne peut nier l'originalitè et la force du style de Godard dans la mise en scène...
Un Godard particulier qui semble n'avoir ni queue ni tête, qui multiplie au cours de dialogues de sourd des réflexions anodines, presque bavardes, mais aussi assez drôles, légères, amusantes. C'est plutôt inhabituel dans la forme et donc parfois un peu déroutant, mais ça se suit globalement avec plaisir, d'autant que tout le film est bercé par une musique swingante très agréable. "Une femme est une femme" se plait à ne pas être comme les autres, avec sa structure décousue, son impertinence fine, ses acteurs emblématiques d'une époque utilisés presque à contre-emploi, sa radicale liberté, ses mises en abime (quelques références à Truffaut notamment)... et c'est aussi un film dans l'air de son temps, n'en témoigne que ce Paris de tous les films des années 60. Une petite bouffée d'air frais, parfois un peu trop hasardeuse, mais profondément vivante et poétique.
Non mais sérieusement, Godard pensait-il faire un hommage à Lubitsch avec ce film ? Car Lubitsch c'est, je trouve, cent fois mieux. Lubitsch c'est pas du cinéma pseudo-intellectuel avec des pseudo-bonnes idées et des pseudo-dialogues qui font mouches. Lubitsch c'est frais, divertissant, rythmé, Godard c'est tout l'inverse. La comédie version Godard c'est franchement lourdingue, qu'on arrête de faire mal jouer les acteurs pour faire genre ils jouent bien, c'est pénible. En plus j'ai trouvé ça très mal filmé, alors oui, on voit qu'il a voulu tenter des choses dans la mise en scène, mais si c'est raté, autant le jeter lors des rushs.
Un Godard plutôt accessible qui se paye même le luxe d'être parfois drôle. Intéressant sur la forme, parfois réjouissant, souvent agaçant, c'est du pur Godard. A la différence qu'il raconte une histoire globalement compréhensible sans que le spectateur n'ait trop à se creuser les méninges. Anna Karina interprète une jeune fille naïve qui veut un enfant. Son mari, joué par Brialy, ne veut pas. L'ami de ce dernier, joué par Belmondo, voudrait bien. Jeux de l'amour et du hasard et Nouvelle Vague. La mise en scène et l'utilisation de la musique dans ce film pourraient chacune donner lieu à une étude détaillée de 300 pages. Ne pas en conclure pour autant qu'il s'agit d'un chef d'oeuvre, car certaines scènes tapent tout de même franchement sur les nerfs.
Le soldat Jean-Luc Godard, affublé des armoiries de la nouvelle vague, part en guerre sur un terrain qu'il affectionne particulièrement : les femmes. Il s'en donne à cœur joie et déploie tout l'éventail de ses talents militaires : incrustation de texte, jeux avec la musique, de longs dialogues sur tout et rien, références culturelles... s'il fallait décerner le prix de la création cinématographique des années 60, nul doute que Godard ferait partie des nominés. Seulement, à force de trop en faire, le film perd en cohérence pour devenir même parfois bordélique. L'indigence du scénario rend "Une femme est une femme" assez chiant à suivre, les grigris de la réalisation ne parvenant pas à faire passer le temps. Les dialogues, qui sonnent juste, ne sont pas aussi touchants que dans "Une femme mariée", et pas aussi forts que dans "Le mépris". Un film purement godaresque en somme, mais pas bien marquant.