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Pascal
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3,0
Publiée le 15 mars 2026
Sortie en salle de cet opus en noir et blanc, du Seiji Suzuki datant de 1966, cinéaste redécouvert sous l'influence de Quentin Tarantino, Jim Jarmusch, Wong Kar Wai ou de John Woo.
Produit par la Nikkatsu compagnie de production pour le compte de laquelle le cinéaste mettra en scène les films de série B qui font aujourd'hui partie de ses titres légendaires.
Carmen de Kawachi propose le portrait d'une jeune femme, villageoise abusée par ses parents, victime d'une agression sexuelle qui finit par se perdre corps et âme. Tragédie et conséquences de traumas qui conduisent à un parcours de vie dysfonctionnel.
Certains passages ne sont pas sans défaut, mais " Carmen..." présente de nombreux moments de créativité formelle qui justifient largement son visionnage.
Objet de curiosité aujourd'hui ce Carmen de 1966 semble être avant-gardiste à l'époque. Des scènes très classiques (genre théâtre filmé) d'autres modernes pour cette époque charnière dans l'histoire du cinéma japonais. Film très prude cependant. Mais pourquoi parler de "femme libre" alors qu'elle ne fait que subir ? On se rend compte du coup de la "révolution BB" femme libre dans "Et Dieu...créa la femme" 10 an plus tôt. Mais ce Carmen est à voir.
Le récit entretient une ambiguïté sur la notion de liberté, davantage subie que revendiquée. L’ensemble reste imparfait mais mérite d’être vu pour sa valeur historique et esthétique.
Carmen de Kawachi raconte l'histoire d'une belle provinciale montant à Osaka où elle ira de déceptions en déceptions avec les hommes qu'elle rencontre, tous mal intentionnés. Le tout n'ayant aucun rapport avec Georges Bizet sinon une reprise rock de Carmen (plutôt cool d'ailleurs). Montrant les excès allant avec la folle expansion des villes japonaises dans les années 60, dans laquelle s'enivre la belle Tsuyuko (Yumiko Nogawa n'a rien à envier à des sœurs comme Ayako Wakao ou Meiko Kaji), le film se balance entre le destin tragique de son héroïne et son traitement pop jouant de tous les effets (focales déformantes, arrêts sur image, montages inversés). Un peu comme un Last Night in Soho nippon.
Je ne suis pas rentrée dans le film, le personnage principal est plutôt irritant de niaiserie, même si la plastique est superbe et ne fait que subir les aléas de la vie. Mais la réalisation est également superbe avec un beau noir et blanc.
Carmen de kawashi peut être déroutant. Pas très conventionnel, mais passionnant à regarder, je suis admiratif du cinéma japonais depuis les films d ozu, nishikawa, kore eda. Je leur trouve à chaque fois une poésie bien à eux, et surtout à chaque fois ce mélange de ton, si succinct qui nous fait assez du burlesque au drame avec une liberté qui annonce un cinéma d exception, plus expérimental. Suzuki nous nous met en scène cette carmen à la fois provocatrice, mais aussi d une telle fragilité qui confére parfois à la naïveté, ce qui va la plomber à chaque fois qu elle veut évoluer. A travers son personnage, c est surtout une critique sociale ou suzuki à une réflexion sévère de la pauvreté et le patriarcat mais aussi une dépréciation de ce peuple qui a souffert après la seconde guerre mondiale c est ce qu ozu a magnifiquement illustré dont s est inspiré suzuki. Visuellement cela reste un très beau film. Le seul bémol est une narration un peu débridé avec un peu trop d ellipse qui m a û peu gène et prend le pas sur la fluidité.