Festival d'Alès, Hommage à (l'adorable) Yolande Moreau, découverte de cette comédie (très) grinçante, qui aura le mérite de nous avoir explosé les yeux sur grand écran : le grain d'image est dégueulasse (il n'y a pas d'autres mots). Une petite restauration s'impose. Mais la drôlerie décalée et déjantée de cette comédie fait vite oublier sa laideur, lancée à 1000km/h dans les vannes toujours plus inattendues, et les personnages extravagants (ça ressemble à un lointain cousin belge de La Cité de la Peur, sur le rythme et la débilité assumée). On a accroché une bonne demi-heure, puis on s'est lassé, comme le film enchaîne les vannes sans respirer, sans penser à son scénar, tournant vite à vide, comme une succession de sketches qui justifient les flopées de gags loufoques. On oublie assez rapidement l'intrigue du meurtre du patron dès que le tueur à gages est trouvé (c'est là que le film commence à ressembler à un long épisode des Monty Python), mais voilà, dans le tsunami de vannes, il y en a beaucoup qui marchent, alors on dépose les armes devant un Poelvoorde qui joue avec ses parapluies ("Vous ne m'aurez pas !!!"... Oui, on s'est gondolé), Bouli Lanners qui est un ignoble tueur à gages sans scrupules et sans courage non plus, et évidemment Yolande Moreau qui joue une travailleuse lunaire et prête à tout pour avoir sa vengeance. Les acteurs sont formidables, le rythme est poussé à fond, et la quantité de vannes est (plus qu') assurée. Cependant, il faut aimer l'humour noir, ce qui n'est pas forcément notre délire, et on est resté assez circonspect devant certains gags "too much" pour notre limite d'humour (l'handicapée qui se tire une balle, le bébé tué... Pas pour nous), mais il en faut pour tous les goûts, alors foncez voir Louise-Michel (aucun rapport avec le personnage historique, ce n'est pas du tout un biopic, si vous vous le demandiez), la comédie belge a de beaux jours devant elle.