Voilà donc le premier Judge Dredd. Cela faisait un moment que je voulais le voir, et je m’attaque donc à sa critique aujourd’hui.
Franchement, pour commencer, l’interprétation est sur le papier plutôt enthousiasmante, avec une distribution encourageante. Au final, sans être mauvais, les acteurs sont loin d’être au top. Stallone est plutôt bien. Il ne se montre pas archi-sérieux, conscient sans doute du caractère totalement décomplexé du film, et de son potentiel kitsch puissant. Livrant une prestation toute en muscle, il dispose de dialogues assez ridicules, et du coup accentue souvent le coté second degré de son personnage. Cela évidemment dénature sans doute le héros originel, mais évite au film de sombrer. A ses cotés, Diane Lane. Elle est assez effacée en fait. C’est dommage, mais visiblement elle a du mal à s’imposer, et je ne suis pas sur qu’elle soit dans son élément. Sa prestation n’est pas géniale. Armand Assante lui est dans la veine de Stallone. C’est le méchant super méchant bien caricatural, qui volerait sa sucette à un gamin ! Il colle bien au rôle, même si parfois il cabotine quand même outrageusement. On notera un Rob Schneider pas trop mauvais, bien que l’on aurait clairement pu éviter d’accentuer l’aspect pseudo-comique de ce film. Max von Sydow et Jürgen Prochnow complètent le casting principal. Ce sont plutôt des atouts, même si Prochnow est assez décevant.
Le scénario est sobre, mais pas désastreux non plus. En fait si l’histoire offre peu de relief, et se conclue sans surprise aucune, il y a du rythme, des rebondissements, quelques moments musclés à la Total Recall qui font leur effet, et un univers assez prenant. Globalement celui qui n’est pas trop exigeant trouvera pleinement son compte ici, avec un mix de lieux communs de la SF, qui certes ne se marient pas toujours fort bien, mais donnent au final un métrage divertissant.
Visuellement, Judge Dredd s’en sort bien. La mise en scène n’est pas parfaite, mais dans l’ensemble elle est alerte, et offre aux scènes d’action une réelle lisibilité. En plus Danny Cannon était ici dans l’une de ses premières réalisations, et si ensuite il s’est surtout tourné vers la télévision, il offrait un travail prometteur. La photographie ne manque pas de charme. Elle est d’un bon niveau, bien qu’elle fasse son âge. Elle est propre et soignée, mais on sent que le film n’est pas sorti dans les dix dernières années. Les décors eux sont fort réussis, avec un univers futuriste de qualité. Il y a des vues urbaines audacieuses, et quelques plans très bons. Dommage par contre que les costumes ne soient pas au niveau, avec des juges que l’on dirait habillés en plastique. Enfin les effets spéciaux sont encore très convaincants. En dehors d’une ou deux scènes dépassées (notamment une explosion), l’animation du robot par exemple est toujours tout à fait au point. Enfin la bande son correspond à l’univers du film. Pas déplaisante, elle ne marque pas non plus plus que cela.
En somme, Judge Dredd n’est pas un mauvais film. Il se rate clairement en voulant donner une dimension tous publics au héros, ce qui était impossible. Du coup il est clair qu’il sombre parfois dans le ridicule, et que les gags tombent la plupart du temps à plat. Doté aussi d’éléments bien ringards comme les épaulettes en plastique des juges que j’évoquai plus haut, il bénéficie quand même d’une interprétation globalement pas mal, de scènes réussies, surtout coté action, et se montre assez propre sur la forme. Il mérite à mon sens un 3.