J'ai tenté Le Silence de Lorna alors que je ne suis vraiment pas fan des frères Dardenne. Loupé. Je n'ai pas réussi à adhérer au récit ni même ou même ressentir quelque chose face au sort de Lorna. On se fait chier comme jamais, pas à cause du fait que ce soit un film lent mais plutôt parce qu'il est inintéressant au possible. On croirait juste voir un condensé de tous les clichés qu'on peut trouver dans un film d'auteur avec aucune subtilité du début à la fin. Même pas une once de réflexion ne se dégage du Silence de Lorna et je l'ai immédiatement oublié après le visionnage. Les plans sont d'une mocheté sans nom, certes les frères Dardennes ont pris le parti d'un film filmé caméra à l'épaule pour un effet réaliste et documentaire mais l'un n'excuse pas l'autre... Seul Jérémie Renier tire son épingle du jeu et est totalement bluffant à chacune de ses apparitions.
Du pur Dardenne. Ceux qui ont aimé leur précédent film 'L'Enfant' ne pourront qu'aimer celui-ci, tellement les similitudes entre les deux sont fortes. 'Le Silence de Lorna' commence ainsi plutôt bien, avec un Jérémie Rénier (avec quelques kilos en mois) incroyablement crédible dans la peau du toxicomane pathétique qui essaie de s'en sortir, un personnage de Lorna complexe mais intéressant, et un scénario plutôt original. Mais la deuxième partie du film perd en intensité et fait apparaître quelques longueurs...
Un peu décevant après la réussite que constituait L’enfant. Mais ce film reste puissant, bouleversant et sans concessions. On en ressort en tout cas pas indemne.
Encore une fois les Dardenne nous livre un film choc et intense sur une réalité méconnu du plus grand nombre à savoir les mariages arrangés afin d'obtenir une nationalité. Très bien filmé, caméra au poing, on a pas l'impression de voir un film. Les acteurs sont excellents.
L'histoire d'une fille de l'Est prête à tout pour réussir sa vie en Europe, enfin presque à tout. Pour une fois qu'il y a un twist scénaristique dans les films ennuyeux à mourir des frères Dardenne, on ne va pas bouder son plaisir. Le producteur ou quelqu'un de bien a su imposer une caméra « traditionnelle » avec une stabilité de bon aloi, une pellicule correcte, et surtout une vedette féminine, jusque sur l'affiche ! Virage à 180° dans le cinéma d'auteur belge, ou peut-être que les deux palmes d'Or précédentes ont enfin donné des moyens financiers ou l'ambition de trouver un autre public que le jury sclérosé gauche caviar de Cannes ? Heureusement, c'est réussi, ce qui peut nous permettre d'imaginer qu'ils vont continuer sur cette voie un peu plus cinéphilique que leurs pseudo documentaires caméra à l'épaule sur la misère sociale du Nord. Le casting est quand même très abouti, la belle Lorna en premier lieu, mais le taxi et Rénier sont parfait, surtout le blond qui a manifestement perdu quelques kilos pour le rôle et fait presque peur. L'histoire est faite de non dit, que l'on comprend très rapidement, pour mieux tout remettre en cause au fur et à mesure, parfois à notre grande surprise. C'est un travail d'orfèvre sur le pouvoir d'ellipse de l'image et des dialogues, pour mieux manipuler le spectateur afin de lui faire perdre pied dans la dernière partie du film. C'est très bien joué, la démonstration de la survie à tout prix des immigrés de l'Est et des méthodes de la mafia belge est intéressante à plus d'un titre. Mais surtout, les frères Dardenne nous font l'économie de la violence, au moins visuellement, et c'est un beau cadeau pour une histoire qui ne doit pas se perdre dans le trhiller ou le polar. Par contre au niveau humanité ou bonne conscience, le film n'épargne personne, il est dur, finit durement, et on peut imaginer que plus d'un immigré en France ou en Europe est passé par des tractations qui ne font pas d'eux des enfants de choeur. Et ce sera de pire en pire ! Un très bon film d'auteur donc, propre, rythmé, sans bavure, et original car le retournement de situation n'est vraiment pas prévisible. Quel dommage que pour laisser une patte film indé, il n'y ait pas une seconde de musique, que la photo soit laide sinon sociale, et que la tristesse imprègne tout jusqu'au dégoût, même si le film n'est pas spécialement triste dans son déroulement, mais c'est finalement bien pire. Bref pour une fois qu'il y a un vrai scénario documenté chez les intellos belges, bravo.
C'est un film d'une rare intensité. Comme dans le gamin au vélo, le rythme créé par le découpage est étonnant de vérité. Dans les premiers films des frères Dardenne, j'étais gêné physiquement par des images qui bougeaient beaucoup trop souvent, beaucoup trop vite (surtout dans Rosetta et Le fils). Dans Le silence de Lorna et Le gamin au vélo, rien de cela.
Très bon film à la fois très réaliste et onirique. J'aime beaucoup l'actrice principale qui joue toute en finesse et en justesse. La fin enigmatique ajoute selon moi une note fort poétique à l'ensemble et ce film a un côté intimiste très interressant.
Dépouillé de tout effet de style, comme dans tout film des frères Dardenne, Le Silence de Lorna atteint la perfection dans tous les domaines : interprétation, mise en scène, réalisme et dénonciation sans fioriture d'un système d'exploitation de l'Homme par l'Homme. L'intensité dramatique est palpable chaque seconde, et on ressort secoué de cette leçon de cinéma.
Je me portais pas mal de ne pas connaître le cinéma des frères Dardenne mais bon la cinéphilie veut qu'on regarde tout sans exception alors... Toujours est-il que j'ai tâché d'oublier mes aprioris mais ils sont vite revenus à la surface. Il y avait des thèmes abordés là-dedans qui auraient pu faire une oeuvre vraiment forte mais non on préfère une approche froide ce qui fait que non seulement on s'emmerde mais en plus on ne s'attache jamais au personnage principal. Donc on ne peut que se foutre comme d'un guigne du final ouvert qui a l'air de nous prendre visiblement pour des cons laissant sur une interrogation quand au sort du personnage. Et pourtant, je jure que je sais apprécier des drames réalistes quand ils valent le coup d'oeil. Enfin, ce film est juste bon pour les bobos des festivals.
Chef d'œuvre des frères Dardenne, ce "Silence de Lorna" allie l'incroyable force d'une mise en scène branchée sur les mouvements secrets de l'âme et la justesse d'un regard politique porté sur le monde. Sans jamais tomber dans les travers du "film engagé", les frères Dardenne nous livre ici une radiographie terrifiante d'une société où la chosification du vivant transforme tout rapport humain en rapport de dépendance économique (que ce soit le junk en manque ou la clandestine en quête de papiers). Le monde n'est qu'un flux marchand ou chacun se retrouve nié dans son humanité (le film est une succession de dilemmes moraux insoutenables pour son héroïne). Mais rien de démonstratif ni de figé ici, car, comme un pendant à ce geste rageur, il y a l'incroyable empathie du regard porté sur les personnages. Évitant une fois de plus tout sentimentalisme, les Dardenne nous propose peut-être leur plus beau portrait, celui d'une femme qui lutte pour sa dignité. Son opacité est magnifique, étourdissant. Bien que bouleversant, le personnage principal (interprété avec une ferveur rare par l'inconnue Arta Dobroshi) nous échappe en permanence, obligeant le spectateur à se confronter aux mêmes dilemmes moraux que lui. Humanité absolue du geste et virulence de la proposition cinématographique, "Le silence de Lorna" n'est pas un film dont on sort indemne. Il est voué à longtemps nous accompagner. Le final, incroyablement doux et presque onirique, est une nouvelle brèche dans l'univers des cinéastes, preuve d'une vitalité et d'un questionnement permanent. Un film qui tire l'humain vers le haut. Indispensable.
Dubitatif sur le film. Le scénario est acceptable malgré une fin bâclée. Le sous titrage est envahissant et pénible. Les interprétations sont bonnes mais manque cruellement d'émotions, de sentiments, c'est juste ce qu'il faut. Donc un 2/5 pour ce drame que l'on peut éviter !