Les Sept de Chicago
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Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 janvier 2021
Sept activistes ont été jugés à Chicago en 1969. Ils étaient accusés d'avoir provoqué de violents affrontements avec la police, un an plus tôt, en marge de la Convention démocrate réunie dans cette ville pour désigner le candidat du parti qui allait affronter Richard Nixon aux élections présidentielles.

Aaron Sorkin, l'un des plus grands scénaristes contemporains, est de retour. Sa spécialité depuis bientôt trente ans : le politique au sens noble du terme. C'est lui qui a écrit le scénario des 155 épisodes de "The West Wing" ("À la Maison-Blanche"), de Des hommes d'honneur, de "The Social Network", de "Steve Jobs". En 2017, pour la première fois, il est passé à la réalisation avec "Le Grand Jeu". "Les Sept de Chicago" est son second film comme réalisateur et c'est une réussite totale.

"Les Sept de Chicago" est un film de procès. Sitôt achevé le pré-générique qui, à tambours battants, nous introduit à ses sept protagonistes, Sorkin plante sa caméra dans un tribunal et n'en sortira quasiment jamais jusqu'au plan final délicieusement euphorisant. Les seules dérogations à cette règle sont les flashbacks qui reviennent sur ces affrontements d'août 1968 entre policiers et manifestants.

"Les Sept de Chicago" soulève des questions politiques et éthiques d'une brûlante actualité. Il résonne avec les débats en France sur les violences policières et avec des œuvres telles que Un pays qui se tient sage. Aux Etats-Unis, l'hostilité à Donald Trump a emprunté d'autres voies que celles en France de l'hostilité à Emmanuel Macron. Elle a fait un détour par l'histoire, rappelant le racisme des années soixante ("Detroit"), la misogynie des années soixante-dix ("Mrs. America") que Trump était accusé de remettre au goût du jour. C'est le même procédé qu'utilise Aaron Sorkin en dépoussiérant une page oubliée de l'histoire récente américaine.

Comme ces autres films, "Les Sept de Chicago" est bavard. On y parle beaucoup, à un rythme de mitraillette. C'est parce qu'il y a beaucoup à dire, sur l'oppression d'État, sur l'injustice, bien sûr, mais aussi sur les moyens d'y répondre, l'usage ou non de la violence, le respect ou pas des règles de la démocratie, autant d'options qu'incarne à leur façon chacun des sept accusés.

"Les Sept de Chicago" est servi par une interprétation impeccable. On trouve au casting beaucoup de ces seconds rôles dont on peine à se souvenir du nom, à commencer par Frank Langella dans le rôle du juge scandaleusement partial qui présida l'audience. Mention spéciale à Mark Rylance pour son interprétation de l'avocat de la défense et à Joseph Gordon-Levitt pour un procureur écartelé entre ses principes moraux et sa hiérarchie. Mais la vedette va aux deux personnages principaux : Eddie Redmayne (Oscar 2015 du meilleur acteur pour "Une merveilleuse histoire du temps"), sans doute l'un des acteurs les plus incandescents de sa génération, et Sacha Baron Cohen qu'on n'imaginait pas capable d'une telle sobriété dans le rôle du plus provocateur des sept activistes.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 janvier 2021
Les sept de Chicago est l'expression parfaite du génie d'Aaron Sorkin. Si tout est bon dans ce film, ce sont le scénario, la construction et les dialogues qui le portent véritablement vers les sommets.

Commençons par le sujet, tout à fait intéressant. Je ne connaissais pas cette histoire des émeutes en marge du Congrès démocrate de 1968. Au-delà de l'aspect anecdotique de la situation, il est absolument passionnant de considérer Les sept de Chicago à l'aune de la situation américaine actuelle.

Le casting du film est lui aussi impressionnant. Il ne repose pas sur quelques stars comme c'est parfois le cas, mais sur la qualité globale d'une vingtaine de personnes, et sur une complémentarité formidable entre les différents protagonistes.

Les péripéties et les dialogues, comme je l'ai dit plus haut, sont captivants. On connaît les qualités immenses d'Aaron Sorkin sur ce point (The west wing, Steve Jobs, The social network, Le grand jeu), mais il atteint ici un point d'incandescence parfait, parvenant à équilibrer le légendaire aspect "mitraillette" de ses dialogues et des scènes plus posées, voire lentes.

Enfin, et ce n'est pas la moindre surprise de ce film, la réalisation au sens large, bien que sobre, est de grande qualité.

Je ne peux donc que vous conseiller cet excellent film de procès, modèle du genre. Pour moi la meilleure exclusivité Netflix vue à ce jour.
Sacha E.
Sacha E.

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5,0
Publiée le 10 janvier 2021
Un film exceptionnel qui retrace une abomination dans l'histoire des États-Unis. D'excellents acteurs pour un film génial. Bravo !!!
Chris Konga Loanga
Chris Konga Loanga

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 janvier 2021
J'étais habitué à ce genre de remake des faits historiques, puis je me lançais tout en essayant de croire en une certaine particularité qui retiendrait mon intérêt. Et c'est fut le cas, le casting: des acteurs dans leurs rôles, communiquant une sincérité dans le jeu et qui vous plonge dans la fiction avec passion.
tupper
tupper

190 abonnés 1 570 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 décembre 2020
Pas de doute la patte Sorkin est bien la. C’est bavard, lent, besogneux. Dit comme ça ce n’est pas flatteur. Et pourtant c’est bien cette touche Sorkin qui confère au film sa précision et son pouvoir d’accroche. La mise en scène n’a rien de très fouillée mais le jeu des acteurs, la réelle profondeur des personnages et les dialogues ciselés font la beauté de chaque scène.
Dx M.
Dx M.

87 abonnés 823 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 décembre 2020
bon scénario... film intelligent... produit par le scénariste de The Social Network... les personnages sont attachants... en revanche il y a quelques longueurs qui m'ont fait sortir du film par moment...
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 décembre 2020
Quand plusieurs mouvements anti-Vietnam se réunissent à Chicago en 68 pendant la convention démocrate ils font les frais de la violence policière provoquée par le maire pour les discréditer. Quand le procès de leurs leaders se met en place il s'agit pour l'Etat de couper la tête de l'intelligentsia de la gauche contestataire. Et en définitive d'annihiler toute parole d'opposition. Avec Aaron Sorkin au commande on navigue ici dans "le film de procès" de haut-vol, servi par un casting parfait, une mise en scène percutante et des dialogues taillés comme des diamants. Une œuvre qu'on a envie de terminer le poing levé.
Ghighi19
Ghighi19

98 abonnés 2 064 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 décembre 2020
Un sujet fort et qui résonne étrangement aujourd'hui en France pour les manques de liberté et de manifestations. Toutefois la volonté d en privilégier le procès prive les spectateurs de l explication des faits. J aurai aimé voir la chronologie et ensuite le procès quitte à ce certaines scènes soient raccourcies. Sans doute un peu trop long mais intéressant.
T-Tiff
T-Tiff

131 abonnés 1 242 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 décembre 2020
Aaron Sorkin, le brillant scénariste ayant notamment écrit "The Social Network", réalise "Les Sept de Chicago" pour Netflix, film racontant le procès de sept personnages ayant participé à des émeutes contre la guerre du Vietnam en 1968 à Chicago. Porté par un casting cinq étoiles, où on retrouve notamment Eddie Redmayne, Mark Rylance, Joseph Gordon-Levitt, Sacha Baron Cohen et Michael Keaton pour un petit rôle. Le récit est plutôt bien construit, centré sur le procès avec quelques flash-backs sur les émeutes. Quelques scènes sont fortes en émotions, notamment la séquence finale, particulièrement bien écrite, mais qui n'est malheureusement pas exactement conforme à ce qui s'est réellement passé. On pourra donc reprocher au film de prendre quelques libertés avec les faits, rendant quelques personnages un peu caricaturaux. Aaron Sorkin, probablement meilleur scénariste que réalisateur, propose un film souffrant un peu du classicisme de sa réalisation. "Les Sept de Chicago" reste un film très intéressant, qui réussit à interpeller le spectateur.
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 décembre 2020
On connaissait depuis longtemps Aaron Sorkin en tant que virtuose de l'écriture. Il y a fort à parier qu'on le connaisse désormais en tant que grand réalisateur. Sorti en 2020, "Les Sept de Chicago" revient sur le retentissant procès des sept prévenus suite à la manifestation de 1968 lors de la convention démocrate. On retrouve dans ce film tout ce qui fait la réussite des oeuvres de son auteur : des dialogues en rafale, un rythme mené tambour-battant ainsi qu'un propos pertinent. Le cinéaste mène son procès sans aucun temps mort, tout en restant extrêmement minutieux sur les faits. La maîtrise et le talent de Sorkin demeurent déconcertants. Avec sa distribution de haut vol, rarement on aura vu un long-métrage dont le découpage scénaristique et visuel frôlent la perfection. Brillant et percutant.
Laurence E.
Laurence E.

35 abonnés 19 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 décembre 2020
Super film qui retrace ce procès incroyable. Les acteurs sont brillants, chacun dans leur style et une mention très spécial pour Sacha Baron Cohen ! Quel charisme, quel humour, quelle présence !
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 1 décembre 2020
Les 7 de Chicago est un bon film de procès et de justice porté par un casting prestigieux. Un procès haletant, des dialogues puissants et un enjeu politique d’actualité font de ce film un bon moment ciné.
Ykarpathakis157

6 193 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 novembre 2020
Les Sept de Chicago ressemble à un film de Spielberg avec un très bon scénario. Je ne veux pas dire cela de façon négative je veux dire qu'il y a une certaine influence de Spielberg avec un scénario exceptionnel. L'écriture et la réalisation sont ici excellentes. Sorkin sait comment maintenir votre attention avec des scènes simples avec une caméra unique et un cadrage intéressant. Les performances sont également excellentes en particulier celles de Sacha Baren Cohen et Michael Keaton. Je dirais que c'est probablement la meilleure performance de Cohen. L'histoire est engageante et intéressante ce qui est bizarre car il s'agit en grande partie d'un drame de salle d'audience mais j'ai été investi pour 95% du temps. Les scènes d'émeutes sont éparpillées dans tout le film et sont excellentes. Mon problème avec le film est sa précision historique et certains moments dramatiques. Comme je l'ai dit au début cela ressemble à un film de Spielberg et parfois Spielberg a tendance à sur dramatiser les événements et il y a un peu de cela ici et cela est lié à l'exactitude historique. Ils ont dû prendre quelques libertés créatives ici et là et je souhaite vraiment qu'ils ne l'aient pas fait parce que c'est une affaire judiciaire fascinante qui sera examinée dans les années à venir. Si vous êtes un fan du style d'écriture de Sorkin ou si vous voulez un drame captivant, alors jetez un coup d'œil à ce film...
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 novembre 2020
Sont-ils finalement sept, huit ou un millier ? Ce n’est pas tant leur nombre qui compte, mais leur nom, leur voix et leurs actions. Les Chicago Seven ont finalement trouvé un scénariste, prêt à plaider en faveur de la justice ou peut-être tout simplement de la vérité. Et bien qu’Aaron Sorkin ne soit pas le premier à s’y baigner, rappelons toutefois qu’un certain Jean-Luc Godard (Vladimir et Rosa) est passé par là et que d’autres se sont bien inspirés des conséquences (Peter Watkins et Woody Allen notamment). Celui qui a surligné quelques épisodes rebondissant sur une Amérique en transition et en constante opposition avec son patrimoine et son héritage, il revient avec un procès dont la complexité se gagne d’abord par la narration.

Sur ce point, il témoigne d’une efficacité et on lui reconnaît un peu plus de justesse dans ce second long-métrage. Sans briller par sa mise en scène, trop académique, plate et parfois insipide, les interprétations redressent tout de même la barre. Il est évident que l’amorce, grossièrement investie pour nous replonger dans les sixties, nous rappelle également que nous ne sommes pas si loi des mêmes fléaux, des mêmes mœurs et des mêmes indignations. On adopte l’unique point de vue morale de personnages afin de promouvoir un emblème de résistant tout à fait justifié, mais qui promet des nuances, dont celle qui différencie tout être humain. Il ne s’agit ni de la couleur de peau, ni du rang social ou de son affiliation avec la violence. Notre libre arbitre et notre libre-pensée nous définissent tôt ou tard. Mais ce qui n’est pas définitif réclame une attention particulière, car elles se reportent à des actes, que l’on a commis ou non. C’est d’ailleurs ce qui a souvent intéressé le cinéaste dans le passé (The Social Network, Steve Jobs).

Mais revenons au procès qui nous intéresse, en réalité celui d’une nation qui ne parvient toujours pas à assumer son autorité. Ce rapport de forces apparaît justement dans les images d’archives et cette idée oppressante que chacun souhaite monopoliser le tribunal pour sa survie. L’équité ou la victoire est une affaire mise sous scellée, comme cette profonde amertume qu’à un juge en déformant les noms ou en prenant le temps de surligner sa position morale et sénile. C’est d’ailleurs l’un des grands catalyseurs de ce spectacle de foire, qui donne lieu à des échanges enrichissants, mais sans doute peu modérés pour étouffer le caractère gauchiste radical dans ce récit mi-fantaisiste. C’est ce qui dérange constamment la continuité du récit, notamment dans les premiers jours du procès, alignant à la suite provocation, incivilité et indignation.

La présence de Bobby Seale (Yahya Abdul-Mateen II) est traitée avec une telle ironie que l’on se tient là, crispé devant une privation d’avocat, de défense et de parole. Le sujet tourne pourtant autour de cet outil moderne, détourné en une violence physique, car plus accessible, plus pratique et plus irréversible. Elle encourage, tout autant qu’elle incite à agir. La question est donc d’évaluer jusqu’où la portée symbolique de la parole nous protège ou nous condamne. Bien sûr, certaines gestuelles viennent compléter cette observation, notamment autour de Tom Heyden (Eddie Redmayne), qui ne sait plus à qui obéir entre l’institution gouvernementale et la foi des « Sept de Chicago » (The Trial of the Chicago 7). Les minuscules interactions entre Heyden et Seale suffisent ainsi à synthétiser tout un débat médiatisé et inévitablement politisé. Et malgré le génie déconcertant d’Abbie Hoffman (Sacha Baron Cohen) ou l’assurance pénale de William Kuntsler (Mark Rylance), ce que l’on retiendra, c’est bien la mise à nu des prévenus, contraint à servir une autorité qu’ils reconnaissent comme le paternel malade d’une société à la fois ultra-progressiste et incompétente.
Pascal I

904 abonnés 4 256 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 novembre 2020
Un très bon film historique judiciaire sous la présidence Nixon. Mise en scène linéaire d'un déroulé des plus classiques dans le genre mais le sujet est tellement ahurissant et sidérant que l'intérêt arrive dès les premières minutes. Le plus "fou" est : comment le cours du procès n'a pas créé d'indignation populaire considérable (?). A voir ! 4/5 !!!
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