Plus attachée au symbolisme qu'à la crédibilité de son récit, Ursula Meier passe légèrement à côté de sa chronique familiale qui réserve pourtant de très beaux moments, notamment grâce à ses interprètes.
Ursala Meier réussit un grand premier film.L'idée est originale,une famille heureuse qui bascule dans la folie à cause d'une autoroute,et la mise en scène sait jouer avec les tensions dues aux situationx.L'intrigue vire vers une sorte de fantastique étrange et Gourmet rappelle parfois Nicholson dans Shining.Inquiétant.
Film décalé... Tout un univers porté par un scénario original et un bon choix d'acteurs/actrices. Ce monde est étouffant voire angoissant avec cette impression de vivre physiquement leur cauchemar : entendre la circulation, sentir le goudron, la chaleur...Autant le début du film laisse pensif face au choix de vivre, en jouissant d'une certaine liberté, près d'une autoroute en construction...qui s'avère être bien difficile à supporter par la suite...
on reste confondu par la minceur du propos et par l'ennui qu'il suscite, encensé comme d'habitude par une bande de critiques prétentieux et jobards...mortel, un film sur le néant et le vide,à la portée den'importe quel réalisateur...une heure trente de RIEN !
C'est bon et c'est frais...je prends! Pour être tout à fait honnête, le rythme pêche un peu mais c'est tellement rare une idée originale dans le ciné français!!
Ce film ressemble à un rêve, avec son code du réel qui lui est propre. Le mélange brut entre les blés, tournesols, bitume et béton, intérieur sombre et lumière intense souffle des visions poétiques. Il peut inspirer une réflexion sur l'être qui se replie et qui ne peut faire face à une société qui partiellement l'engloutit.
La caméra bouge beaucoup dans les premiers plans pour nous montrer le bonheur simple d'une famille ordinaire, qui s'amuse avec le jet d'eau du jardin. Ce jardin d'ailleurs semble presqu'infini puisqu'aucun voisin n'est aux alentours. Seul bizarrerie dans la scène : les deux voies de l'autoroute toute proche et apparemment vide de voiture qui jouxtent le jardin et le limitent. C'est bien cette limite qui va être exploitée à fond tout au long du film. Car son sujet majeur est le thème de l'enfermement. Enfermement de la mère au foyer (Marthe), enfermement de la belle attendant le prince charmant(Judith), enfermement de l'adolescente (Marion)dans de larges habits pour ne pas exposer son corps aux regards. Seul le petit garçon (Julien) peut s'évader avec son vélo. Quant au père (Michel, il va paradoxalement enfermer sa famille dans un bunker alors qu'il souffre de claustrophobie. Même la ligne de fuite, l'autoroute, qui va très vite libérer son flot de voiture ("ça va chier" dit un copain de Julien), va se trouver congestionné. Un espoir cependant au milieu de ce lent dépérissement : la BO (notamment "Wild is the wind") nous indique que les éléments (le vent ici) résistent à cet enfermement. En définitive, un bon film à thème (et sujet à interprétation)qui fonctionne bien à condition d'être prêt à se confronter à deux heures d'isolement.
Un scénario original. Une comédie sur le fil qui frôle la tragédie. Un huis clos "dans une salle de bain" avec une famille déjantée: on se lave ensemble, on s'arrose tout celà peut sembler très joyeux. Et quand l'autoroute ouvre ça déraille totalement. Pourquoi partir, quand on ne sait pas pourquoi on vit à cet endroit. La réponse est peut-être dans ce constat d'Isabelle Huppert lorsque s'achève un picnic improvisé "on va quand même pas vivre sous un arbre".
Superbe allégorie que ce film sur des laissés pour compte de notre société/civilisation. Débutant comme une comédie, le film fait ensuite penser à des grands cinéastes de notre temps : Tati bien sûr, Godard (« Week-end »), Ferreri, Bertrand Blier … tous des anti-conformistes bien sûr, ainsi qu’à certains auteurs ou œuvres de Science-Fiction.. Puis, il nous emmène petit à petit vers un cauchemar qui n’est pas loin du nôtre ! Le sourire se fige mais l’intérêt du spectateur reste. 4 étoiles (au lieu de 3 et demi) parce que c’est un film belge ! ;-)
Au secours !!! Laissez-moi sortir ! Mince pas d'échappatoire, j'ai des spectateurs de chaque côté. Quel cauchemar ; je vais devoir me coltiner ce film insupportable jusqu'au bout ! Vite, se raccrocher à un truc positif... Les acteurs jouent bien... Pas suffisant... Le film ne fait jamais dans le crédible. Il parait que c'est une fable ! Pas facile d'y adhérer en tout cas...
heureux enfin de voir une isabelle huppert dans un film ou on ne l'attendait pas !On s'ennuie pas une minute en regardant passer les voiture sur l'autoroute ! treve de plaisanterie sur une histoire que l'on pourrait trouver banal le scenario tiens la route. Enfin un film qui donne envis de revenir au salle obscure .
Home est un film très personnel et assez réussi. Pourtant, les références sont nombreuses. Le début du film part comme Jacques Tati et s'achève à la William Friedkin (voir Bug). Home est basé sur les rétrécissements géographiques et temporels. Au départ, la façon dont la réalisatrice filme son rapport aux lieux et le mode d'organisation de la vie autour d'une voie d'autoroute dont la construction a été stoppée est très intelligente. Cette petite communauté semble focntionner indépendamment du monde tels des naufragés perdus sur une île déserte, coupés du monde, dont la reprise de la construction de la route entraînerait chez les réfugiés la volonté de nêtre plus secourus. Puis, la suite est moins intéressante car le scénario semble peu imaginatif et tourner en rond, les conséquences sont montrées (le bruit, les problèmes relationnels...) Une scène est cependant brillante : lors de l'accident sur l'autoroute qui fige l'environnement. Enfin, les conséquences sur les corps sont bien développés avec une intrusion quasi fantastique entre Cronenberg et Friedkin ; ce dernier revenant à la charge lors de l'enfermement volontaire de la famille, pour ne pas dire, l'enfouissment psychotique qui ramène à Bug. Il faut saluer une nouvelle fois les brillantes interprétations d'Isabelle Huppert et d'Olivier Gourmet, les meilleurs acteurs de leur génération. Les trois autres personnages sont aussi très bien. Enfin, le filmage du jardin de la maison est assez intéressant comme si le pavillon envahissait l'autoroute qui devenait aire de jeu avant d'envahir à son tour la famille.
La première demi-heure est vraiment très réussie. Le casting est prodigieux et les acteurs à leur meilleur niveau (la flamboyante Huppert - meilleure actrice au monde - parait cependant bien maigre lors de quelques scènes...mais ça ne dure pas). La réalisatrice arrive à filmer des portraits saisissants de force ou de beauté de chacun des membres de la famille. Oui mais le scénario est celui d'un court-métrage. C'est la situation qui l'impose. Cette histoire n'a pas la matière nécessaire à un long métrage réussi. L'enjeu dramatique est trop simple: il faut partir mais maman ne peut pas. Du coup, la seconde moitié du film apparaît comme une succession de scènes de remplissage en attendant un final inexorablement désenchanté. Dommage.
Un couple et leurs trois enfants vivent dans une maison paisible au bord d’une autoroute dont la construction a été abandonnée. Soudée et un brin loufoque, la famille vit au rythme des allées et venues du père à son travail et des deux plus jeunes à l’école. La mère, limite borderline reste à la maison avec son ainée qui passe son temps à bronzer dans le jardin en écoutant de la musique. Le temps coule sur cette famille atypique et sympathique jusqu’au jour où la réouverture de l’autoroute est annoncée, menaçant la tranquillité et l’harmonie ambiante. Voilà donc un joli et curieux premier film réalisé avec brio par la prometteuse Ursula Meier, qui en plus de raconter une histoire originale, fait preuve d’une maîtrise formelle impeccable. Les cadres sont soignés et les couleurs splendides, à l’image de la magnifique affiche. De plus, le casting est parfait. Isabelle Huppert et Olivier Gourmet forment un couple moderne et sont tous les deux au diapason. Leurs enfants, Judith, Marion et Julien, sont interprétés par des jeunes acteurs impeccables de justesse. Mais la grande qualité du film est sa capacité à changer de ton, passant de la chronique familiale sympathique au drame claustrophobe dérangeant. Bref, un film étrange et original à la fois passionnant et intrigant. Un OVNI à découvrir.
Partant d'une situation absurde (une maison plantée au bord d'une bretelle d'autoroute inutilisée), Ursula Meier réalise avec Home un survival particulièrement original. Il s'agit en effet de survie, celle d'une famille quasiment coupée du monde (plutôt volontairement) qui va tout faire pour maintenir son équilibre quoiqu'il arrive. On démarre donc dans une ambiance légère et ensoleillée. Entre la mère aimante et névrosée, le père chef de meute, la fille aînée oisive, la seconde complexée et matheuse, et le benjamin joueur, le sentiment d'appartenance à une tribu est évident. Au bord de la route déserte, on clope, on partage la salle de bains, on s'amuse, on mange. La journée est rythmée par le départ et le retour du père au travail et des enfants à l'école, la mère et la fille aînée passant tout leur temps dans la maison, et surtout dehors, entre lessives et séances de bronzage. On sent bien que l'ouverture imminente de la portion d'autoroute va changer la donne, mais on ne sait pas de quelle manière. Le grand talent du film est de nous faire glisser progressivement d'une situation quasi idyllique (on est là dans une utopie rafraîchissante) à une sensation d'enfermement insupportable. Le malaise va gagner de manière différente tous les membres de la tribu, l'une ne voulant pas quitter les lieux, l'autre obsédée par le Co2, etc. Il s'agit alors de sauver sa peau et celle des autres membres de la famille. Remarquablement filmé et mis en lumière, subtilement écrit, magnifiquement interprété (Huppert toujours parfaite en mère borderline, Gourmet sobre et touchant, Adélaïde Leroux excellente et le jeune Kacey Mottet formidable de naturel), Home oscille entre comédie burlesque à la Tati et drame flippé genre Bug avec une aisance et une maîtrise rares pour un premier film. Ici rien n'est appuyé, le discours n'est jamais pesant, et si le propos appelle un questionnement sur le monde actuel, ce n'est pas de manière didactique. Un premier film original et enthousiasmant