Enième comédie romantique, "Tout... sauf en famille" repose sur une temporalité jouissive qui consiste, en une journée, à visiter deux familles séparées plus folles les unes ques les autres, pour assister au final à quatre mariages (dont le dernier, ô déception, tournera court aux bons sentiments). Au milieu de ça, un couple bien sous tous rapports, dont la rencontre est esquissée dans un début lamentable, tente de protéger leurs jolies valeurs américaines. Et justement, comme c'est américain, ça finira parfaitement bien malgré des situations qui ne peuvent inviter qu'au désaccord et à l'engueulade meurtrière. Le happy-end est fortement irritant donc, mais en même temps, comment balancer un film commercial et grand public en période de Noël avec une fin cinglante et pessimiste?! Ceci dit, cela n'empêche pas le film d'aller percuter quelques mauvaises habitues américaines. Les rencontres familiales qui s'accumulent sont généralement délicieuses, sans être extrêmement drôles (faute à une mise en scène simplement nulle), des malades mentaux culture Buffalo Grill aux fervents religieux obsédés. Le regard posé sur ces deux mondes opposés mais vecteur de notre même consternation peut faire sourire, mais pourtant l'histoire de ce couple parfait reprend toujours le dessus ; faut-il faire un enfant, faut-il se marier, est-ce que leur relation va quelquepart? Plein de questions déjà vues mille fois dans ce type de cinéma-dinde, sympathiquement naïf. On peut accepter le film tel qu'il est en ces périodes festives, le jeu assez malicieux de Vince Vaughn et l'énormité d'un Robert Duvall au-delà du superlatif beauf aidant considérablement, mais on peut surtout déplorer un scénario d'une simplicité désastreuse et la mise en images totalement impersonnelle. C'est ce qui empêche, comme souvent dans ce genre de films, l'histoire de décoller ; il manque la folie nécessaire, et même si certaines séquences ne sont pas sans rappeler l'hilarant "Mon beau-père et moi" - avec le mordant en