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    Lettre de Sibérie
    note moyenne
    3,9
    32 notes dont 6 critiques
    répartition des 6 critiques par note
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    6 critiques spectateurs

    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    4,0
    Publiée le 4 mars 2014
    Je pensais ce film perdu, introuvable en français, mais voici pour mon plus grand bonheur qu'il sort en DVD restauré, mais pas trop, pour faire plaisir à ce qu'aurait voulu Marker.

    Et c'est avec stupeur que je vois que l'on résume bien souvent ce film (comme on résume bien souvent la carrière de Marker à la jetée) à sa courte scène de 2 min où il passe la même séquence trois fois en changeant le commentaire. Comme si Lettre de Sibérie ce n'était que ça. Or non, ce n'est pas que ça, au contraire, c'est un documentaire, un film qui interroge les images et qui le fait comme toujours avec beaucoup d'intelligence et de pertinence, mais je trouve que c'est avant tout drôle.

    Le film est en effet parcouru par plusieurs scènes vraiment drôles, la pub pour le renne, la séquence sur le Mammouth, ou bien même dans les commentaires, lorsqu'il dit que le fait qu'il n'y ait aucune femme c'est triste, puis qu'il y en a une seule, c'est pire encore.

    Ce qui est fabuleux avec Chris Marker c'est qu'il s'attaque toujours à des sujets et que tout en traitant ces sujets il va parler d'autre chose plus profond mais sans jamais dénigrer le sujet de base. J'en veux pour preuve le génial chats perchés. Et là c'est pareil, il se sert de la Sibérie pour parler des gens qui y vivent, de la façon dont ils vivent, des légendes, on interrogent les images, leur sens et malgré le fait que ça ne soit pas forcément beau comme "endroit" ça donne quelque part envie.

    Je pense à la séquence d'introduction dont la beauté sobre pourrait illustrer la pochette d'un album de Drudkh.

    Marker n'oublie rien, ni la poésie, ni l'émotion. Pensons à cette scène magique en hommage à Yves Montand où l'on voit les sibériens filmés en gros plans avec cette sublime musique en fond.

    Et le mieux dans tout cela, c'est qu'en plus d'être beau, intelligent, émouvant, poétique, on apprend des choses sur ce coin reculé du monde.
    Sylvain P
    Sylvain P

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    3,5
    Publiée le 24 octobre 2013
    Chris Marker s'interroge sur le langage qui accompagne les images. Ses trois mythiques commentaires sur les villes sibériennes et le travail soviétique en sont la parfaite illustration. Où l'on apprend que même la neutralité n'est pas neutre. Beaucoup d'humour, dans les séquences sur les mammouths ou la publicité sur les rennes. Mais finalement, on est ici en présence d'une petite potacherie de jeunesse (certes d'un grand artiste) que l'artiste voulait cacher, peut-être à raison.
    Le Sid
    Le Sid

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    3,0
    Publiée le 14 mai 2014
    Très instructif peut être trop instructif, les figures de style et métaphore dans le texte sont parfois sans réel intérêt mais surtout parle trop et ne nous laisse pas le temps d'observer les images (donc de penser par nous même) que je n'ai pas trouver si belle que dans Sans Soleil. Je me souviendrais du renard bleu en cage cependant.
    Desman
    Desman

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    3,0
    Publiée le 8 novembre 2013
    Ce documentaire s'ouvre et se clôt par de magnifiques images de la taïga en automne. Entre les deux, des bouts de reportage tour à tour anthropologique, géopolitique ou humoristique. La fameuse scène des 3 commentaires est certes saisissante, mais bien brève et noyée dans un enchevêtrement qui ne trouve pas vraiment son style.
    Moorhuhn
    Moorhuhn

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    5,0
    Publiée le 16 février 2015
    Je m'étais replongé récemment dans l'oeuvre de Marker avec Les statues meurent aussi, réalisé conjointement avec Alain Resnais. Film qui m'avait beaucoup plu d'ailleurs grâce à l'intelligence et à la force de son propos. Mais avec Lettre de Sibérie, le jeune cinéaste de l'époque a franchi un palier et réalisé un véritable chef d'oeuvre. J'ai rarement vu pareil documentaire. C'est poétique, intelligent, drôle et beau tout simplement. Avec une totale liberté de ton, le cinéaste nous embarque pendant une heure dans un coin reculé de l'URSS à la rencontre de paysages et de populations méconnues. Et la légèreté du film ainsi que son dynamisme peuvent surprendre au vu du sujet de départ et d'un réalisateur réputé austère (ce que je peux confirmer d'ailleurs sur les 3 autres films que j'ai vu de lui). Après je parle bien sûr d'une légèreté de ton et non d'un traitement léger. Car le film est aussi riche qu'inventif. Il ne se cantonne d'ailleurs pas qu'à son sujet d'origine et va, au contraire, aborder d'autres sujets reliés et évoquer notamment les différents rapports que nous entretenons avec les images.

    Le langage visuel est quelque chose d'important dans Lettre de Sibérie car Marker les questionne souvent sur leurs significations, leurs sens, leurs interprétations, jusqu'à passer 3 fois la même séquence en changeant le commentaire. Un commentaire de départ qui vante les mérites de l'URSS, un second complètement dénonciateur et un dernier plus neutre et nuancé. Et c'est incroyable de pertinence sur le fait que les mots peuvent donner n'importe quel sens aux images. Et on retrouve toujours ce genre de réflexions dans Lettre de Sibérie. Des réflexions parsemées mais jamais alambiquées et toujours pertinentes. C'est un film vraiment remarquable d'intelligence. Puis comme je le disais précédemment, c'est vraiment inventif et drôle. Que ce soit la séquence sur les mammouths ou la fausse publicité, le caractère humoristique du film est aussi surprenant que désopilant. Et toujours inscrit dans une cohérence d'ensemble bienvenue.

    Et force est de constater que le film est aussi très adroit dans ses propos et dans ce qu'il représente. Ce n'est pas un film qui a pour but de vanter les mérites du communisme soviétique ou au contraire de le descendre, tout est dans la nuance car Marker s'intéresse à 'humain avant tout. A ses coutumes, ses relations, ses occupations quotidiennes. Et le texte est remarquable: tantôt drôle, tantôt émouvant et toujours respectueux de ce qu'il filme. Et les rapprochements avec notre société occidentale sont forts, pointant du doigt notamment notre perception de l'inconnu et de ce que nous appelons le "pittoresque". J'avais aimé ce petit passage dans une ville côtière qui ressemblait aussi étonnamment aux villes nées de la ruée vers l'or. La finalité n'était pas la même mais la similitude des constructions et de sa population était vraiment cocasse. J'ai vraiment été chamboulé par ce film, preuve ultime que le documentaire c'est du cinéma. Et en l’occurrence ici du grand cinéma avec des idées à la pelle et un montage ainsi qu'une grammaire cinématographique hallucinants de maîtrise. En un seul mot: Magnifique.
    anonyme
    Un visiteur
    4,0
    Publiée le 3 septembre 2010
    Lettre de Sibérie est une merveille. Dès 57, juste après le non moins agréable Dimanche à Pékin, Chris Marker pose tout ce qui sera désormais sa marque de fabrique: excellence du montage et de l'écriture, voix-off délicieuse, carnet de voyage mêlant politique, humanisme et plaisir de l'anecdotique. On se souvient bien sûr de la triple présentation des rues de Yakoutsk, du passage du noir-et-blanc à la couleur, et de ces troupeau de rennes, offrant à Marker l'idée d'une pub fictive délirante...
    L'ensemble est un enchantement, court, dépaysant et intelligent. La classe quoi !
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