"Midnight Meat Train" ne brille pas par son idée originale, tirée de la nouvelle de Clive Barker, car, train ou pas train, le scénario se cantonne relativement aux mêmes ingrédients, aux mêmes ficelles et aux mêmes rebondissements habituels. Mais là où ce simple récit y gagne, c'est dans sa mise en scène inspirée par la photographie (qui est au centre du récit puisque le héros saisit des clichés de l'effrayante réalité new-yorkaise) et dans son montage particulièrement clair et limpide. L'adoption par le réalisateur du matériau de l'histoire originale, à savoir cette idée d'images vives, capturées dans l'instant, créé une forme cinématographique hybride, justement entre le cinéma de genre savamment troussé, et le collage de clichés chics et chocs, conférant au film une allure glaciale rehaussée par la présence du rouge. La magnifique photo de Sela & Smith fait resplendir les lumières urbaines et les matières diverses (corps, liquides, métaux), participant au souffle angoissant et morbide de l'ensemble et à l'entité architecturale des lieux et des plans qui les traduisent. Ainsi New-York prend une forme personnelle, subie un relooking sous la vision fantasmagorique du cinéaste. Bien écrit, malgré une légère tendance à l'alternance sommaire lors de la première demi-heure (métro/extérieur), "Midnight Meat Train" vaut aussi pour son train d'enfer. De plus, l'originalité des ambiances et du graphisme séduit dans l'imagerie souvent poussiéreuse du genre. Vinnie Jones, muet mais dont la présence barbare cloue au sol, incarne un psychopathe mastodonte déjà culte, agissant avec son maillet pour des éclaboussures de sang et des idées gores originales que ne renieront pas les adorateurs du cinéma d'Argento auquel ce film, toute proportion gardée, doit beaucoup. L'excitation provoquée par la face ludique des scènes de meurtres (grâce à l'expérimentation technique de Kitamura) donne tout son sens à celles-ci sans même les affranchir d'une quelconque gratuité. "Midnight Meat Trai