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Pascal
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3,0
Publiée le 11 novembre 2025
Les amateurs de la filmographie de Yasuzo Masumura, se féliciteront de la sortie ( DVD) de ce " femme de champion " - 1959 - ( le titre d'exploitation en français ne traduit en rien, ni le scénario, ni le titre original) qui littéralement serait plutôt " la plus vieille femme du seigneur" ( " la femme la plus âgée du seigneur" pourrait aussi convenir).
On est ici en présence d'un des premiers opus de la collaboration entre le cinéaste et son égérie Ayako Wakao, actrice dont la photogénie est restée légendaire.
C'est un portrait d'une jeune femme célibataire dont il est question dans ce film, ( la référence au titre est - peut-être - celui de sa sœur la plus âgée, sorte de personnage toxique, marieuse, qui interfère dans la vie de tout son entourage).
" Femme de champion " donne l'impression d'un film de Frank Tashlin ("Artistes et modèles " (1955) ou " La blonde et moi " (1956) ) réalisé à partir d'un scénario de Ozu.
On suit les péripéties que vit une jeune femme que son entourage familial veut marier à tout prix, mais qui résiste à la pression, voulant garder son indépendance, sur fond d'indécision.
Sous ses allures vaguement comiques, ou l'occidentalisation du pays mêlée du poids des traditions est soulignée, il reste un brin de nostalgie, d'amertume, quelque chose d'indéfinissable dans ce regard sur un destin existentiel presque joué d'avance.
Ce sentiment est renforcé par l'hypocrisie qui règne dans les rapports H/F surtout ( tromperie d'un côté, intérêt mercantile de l'autre sous des apparences d'amour ).
Filmé en couleurs, " Femme de champion " ne s'inscrit pas dans le droit fil des opus les plus prestigieux du cinéaste.
Cependant, ce serait un tort de le négliger. Certains moments sont très réussis et cette description acide des rapports sociaux, du monde du travail dans le Japon de l'époque, mérite le coup d'oeil.