Bon film judiciaire japonais. Assez basique tant dans sa forme que dans son scénario. Peu de surprise mais une efficacité certaine et un divertissement assuré. Une histoire qui interroge sur la fidélité et sur le mensonge. Bien.
Longtemps ignorée par les distributeurs français la filmographie de Yasuzo Masamura ( cinéaste classé comme membre éminent de la nouvelle vague japonaise - années 1960 ), fait l'objet depuis peu, d'une diffusion salutaire de plusieurs de ses opus, jusqu'à lors totalement inconnus ou oubliés sous nos latitudes.
C'est ainsi l'exemple de ce " Confessions d'une épouse" (1961) qui repose surtout sur les épaules de Ayako Wakao, actrice dotée d'une photogénie exceptionnelle, égérie de Masamura au cours de neuf de ses films.
Filmé en noir et blanc, le scénario repose sur le décryptage judiciaire et psychologique d'un accident mortel survenu dans les montagnes japonaises situées à Hokkaido.
Qu'y a t'il d'intention cachée derrière le geste de cette épouse qui a coupé la corde la reliant à son mari qui était suspendu dans le vide après une chute ?
Masumura utilise ce prétexte scénaristique pour observer certains aspects culturels de la société japonaise ( idée du sacrifice, poids du sentiment de honte ) dans leur rapport avec l'expression de l'individualité.
Le desassujettissement des conventions sociales est il possible ? Masumura milite dans son film pour sa nécessité.
Beaucoup moins connue que Oshima et même que celle de Yoshida, ( Imamura ne se reconnaissait pas comme un auteur de la nouvelle vague japonaise, même si son travail artistique est contemporain et peu tout de même y faire penser ), la filmographie de Masumura est ( selon moi ) de premier ordre.
Certes, la principale qualité de ce " Confession d'une épouse" ne repose pas sur des effets spectaculaires, mais sur la description d'une intériorité féminine bridée par les conventions sociales qui lui interdisent l'amour.
Pour Masumura, il a été dit que la victime des conventions culturelles est finalement plus l'homme que la femme ( A l'inverse de chez Mizoguchi ).
Peut-être pourrait dire que Masumura éclaire aussi un aspect plus global. Lorsque l'oppression sociale des conventions touche un des deux sexes, l'autre n' est pas non plus épargné. C'est peut-être une des leçons que suggére ce " Confession d'une épouse" ?