Un film politique et d'actualité, comme le titre le journal libération dans son édition du 4 mars 2009. L'espérance du film est aussi de transformer (à défaut de les sauver) des vies, voir des esprits.
Quand on sait le pourcentage d'homos au cœur du pouvoir, dans les cabinets ministériels, on s'interroge. A ce demander quelle distance sépare le peuple raciste et homophobe, sans lequel le pouvoir ne pas pas tout à fait tout se permettre.
Pour revenir au film de Gus Van Sant, j'ai été surpris du quasi fondu enchainé entre les images d'archives et le tournage contemporain. A tel point qu'on ne voit plus la différence physique entre Sean Penn et l'original Harvey Milk.
Si seulement ce film pouvait susciter des vocations politiques et syndicales (l'homophobie au travail n'est pas morte)... Nous aimerions... En attendant, il revigore. Il éclaire aussi sur la capacité qu'ont les hétéros planqués, mal dans leur peau, qui se cherchent, qui draguent en douce au fond des bois le dimanche et vilipendent à tue tête en semaine et en public les personnes qui vivent librement ce qu'elles sont.
Je pensais que c'était révolu. J'ai découvert que non, in situ, à moins de 100 kms de Paris. Je le répèterai aussi longtemps que le contraire que ce que j'ai vérifié me sera démontré. Ce n'est pas pour demain. Je suis sans illusion.
Le Film de Gus Van Sant est donc d'une actualité sans conteste. Bémol : il ne faudrait pas que seuls les concernés, les convaincus le visionnent. Il faudrait que chacune et chacun d'entre nous, parvienne à convaincre un homophobe d'aller le voir. Ce serait politique et salvateur.
Les biopics ? c'est lassant... Gus Van Sant ? surestimé... Pourtant - oui j'ai dit pourtant ! - ce film est un véritable petit bijou. Si les films de Gus Van sant ont tendance à se ressembler, si les biopics ont tendance à trainer en longueur, Harvey Milk est un film au scénario merveilleusement mis à l'image. Les interprétations sont excellentes et Sean Penn (magnifique acteur) montre l'étendue de son talent en prouvant que pour jouer un homosexuel, on est pas obligé dans la caricature. Sans jamais diaboliser ni verser dans l'angélisme, ce film aux musiques, décors et seconds rôles superbes nous entraîne dans un biopic sans complaisance et sans "bons sentiments". Réalisation sans faille, histoire forte, rythme soutenu, jeux d'acteurs époustouflants... Du grand art.
Un film interessant c'est sur. MAis est-il bien exploité??? Le film manque de tonus... et peut donc paraitre long à force alors qu'il aurait fallu de peu je pense pour tonifier un peu le truc. LE mélange docu, film... n'est pas ici tres judicieux ou alors utilisé à mauvaise escient. LE tout n'est pas nul, loin de là. MAis peut etre mal adapté. On voit toute les ficelles qui peuvent faire de ce film "Le" film. Mais non tout cela n'est pas exploité. On croit ne pas avancer... Bref il y a du bon dans ce film c'est sur! Mais beaucoup de moins également... qui peuvent laisser le spectateur preplexe ou sur sa faim. Chacun y aura sa propre vision. Il n'en est pas de moins qu'il s'agit d'un film plus que correct à voir.
Un bon film relatant l'histoire de la communauté gay de San Fransisco dans les années 70, une histoire que personnellement je ne connaissait pas. Tous les acteurs sont supers mais le film avec ses 2h n'évite pas un certain assoupissement: le film manque de rythme et de tonus.
On pouvait attendre du réalisateur du lunaire Gerry, d'Elefant ou de Paranoïd Park autre chose qu'un biopic fadasse qualité américaine de base. C'est académique, on s'ennuie profondément et c'est dommage car l'histoire d'Harvey Milk aurait pu faire un très beau film si le réalisateur y avait mis un peu de recherche esthétique et une construction scénaristique plus originale. Un film américain de base bien propret donc !
Un excellent travail pour mettre en avant la condition des gays dans les US des années 70 : ce film est tout à fait actuel pour d'autres pays de ce monde.
« J’ai 40 ans ce soir et je n’ai encore rien fait de ma vie » , confesse Harvey Milk à Scott, jeune homme dragué le soir même dans un couloir de métro. Lové dans les bras de son amant, il ajoute d’une ironie prémonitoire : «… Je mourrais avant mes 50 ans. » Abattu le 27 novembre 1978, par Dan White superviseur de San Francisco, Milk avait vu juste, il n’a jamais fêté son cinquantième anniversaire.
Pleuré la nuit du drame par une marée humaine armée de bougies, ses cendres furent dispersées dans le pacifique par ses amis.
Quel aurait été l’impact de « Milk » aux Etats-Unis si sa sortie en salle avait précédé le vote de la proposition 8, amendement à la constitution de l'État de Californie ayant rendu inconstitutionnel les mariages homosexuels ? Tiraillée entre avancées et immobilisme, la cause « gay » est encore aujourd’hui ankylosée par les interventions rétrogrades et homophobes d’une minorité active, illustrée en France par le député UMP Christian Vanneste pour qui : « l’homosexualité est une menace pour la survie de l’humanité […]... Elle est inférieure à l’hétérosexualité ».
Mais là où Vanneste consterne, Gus Van Sant excelle. Son esthétisant et minutieux portrait de Harvey Milk , couronné par les Oscars, transcende la frontière des genres. Et même si, à trop délaisser l’intimité de son héros au profit de son ascension politique, il peine à émouvoir, le réalisateur offre à la communauté homosexuelle son premier patrimoine historique au cinéma.
Sean Penn bluffant de mimétisme, n’a pas volé sa statuette. Aminci et bien carrossé dans son 501, il est l’anti thèse du mauvais garçon qui marié à Madonna dans les années 80 tabassait les paparazzis et les amis gay de sa femme. C’est à la rock star qu’il se serait d’ailleurs confié, un soir de tournage, d’un SMS complice:« Je viens juste d’embrasser un garçon pour la première fois et j’ai pensé à toi, je ne sais pas pourquoi… »
Ca aurait pu etre chiant, c'était passionnant. Sean Penn aurait pu surjouer, il était juste et crédible, comme tous les acteurs d'ailleurs. J'ai été soufflé par ce film, vraiment. 4 étoiles amplement méritées, il faut le voir (l'ambiance seventies vaut le coup aussi !).
Le genre de film que l'on voit régulièrement: l'histoire toute tracée du rebut qui va combattre, faire avancer sa cause et mourir pour ses idées. Cet opus n'amène rien de neuf, si ce n'est son apparence (le thème de l'homosexualité) et acteur hétéro qui montre qu'il peut rouler des pelles à d'autres hommes à tour de bras tellement qu'il est bon tellement qu'il est professionnel!
Chemin passionnant que cet homme ordinaire empruntant presque par erreur la voie politique, pour y réussir et rapidement arrivé à sa fin. Sean Penn est excellent, la réalisation sans faille. Un grand moment de cinéma.
Harvey Milk (Milk), 2008 de Gus Van Sant, avec Sean Penn. Scénario de Dustin Lance Black, qui a travaillé avec d’anciens proches de Milk, pour retracer au plus près de la vérité, les dix dernières années de la vie du charismatique Milk, qui s’engagea politiquement dans les années 1970, pour défendre les droits des homosexuels et plus universellement, pour combattre toutes formes d’oppression et d’exclusion des minorités rejetées par une Amérique toujours pleine de paradoxes, libérale et liberticide à la fois. Comme je m’en veux d’être totalement passée à côté de ce combat! Ce genre de film, ici sous forme de biopic, est nécessaire, militant, courageux, et sincère, à l’image de l’homme dont le portrait nous est livré avec une grande sensibilité et beaucoup de subtilité. Porter à la connaissance du grand public des évènements historiques est souvent une affaire à risque, tant les cinéphiles attendent de leur créateur, ici, Gus Van Sant, une œuvre personnelle, alors qu’il a eu l’intelligence de la construire uniquement au service de son sujet. L’astuce qui consiste à glisser des images d’archives, au bon moment de la narration, ajoute un aspect documentaire qui rend incontestable la crédibilité des images des manifestations, de la violence policière, et surtout des incroyables discours de la chanteuse Anita Bryan clamant des propos violemment homophobes à vomir. Alors, peu importe que le film souffre de quelques longueurs, l’interprétation est parfaite et l’incarnation époustouflante de Sean Penn, dont le talent explose, absolument bouleversante, tant il a su aller quérir au fond de lui, la part de féminité qu’il fallait. D’un regard, d’une légère mobilité du visage ou seulement d’une ride, d’un mot plein d’humour, c’est toute l’humanité de l’homme qui nous assaille. Un regret, le scénario n’exploite pas du tout la personnalité trouble de Dan, auteur du double assassinat, alors qu’il représente à mes yeux, l’ambiguïté propre à une majorité d’homophobes.