Lorsque Catherine Hardwicke nous tient par la main, la vamp-mania n'est pas si loin que ça... .
"Twilight, chapitre 1 : fascination" est basé sur le roman original de Stephenie Meyer nommé "Fascination". Synopsis : une adolescente part vivre avec son père dans une lointaine contrée des Etats-Unis. Au lycée, elle fait la connaissance d'un camarade de classe pas comme les autres... . Si le scénario n'est pas forcément cousu main, on prend malgré tout un malin plaisir à suivre ces péripéties un rien tirées par les cheveux. Au lieu de rentrer dans la psychologie des personnages, Melissa Rosenberg capte la romance entre les deux protagonistes de manière très superficielle et oublie, par la suite, de s'accorder du temps pour la narration de l'histoire. En gros, Melissa néglige son travail pour se concentrer sur une romance qu'un public peu regardeur arrive à suivre. Si elle avait pris le temps de mettre en place le contexte, nous aurions sans doute eu affaire à un suspense convaincant alors qu'ici tout coule un peu trop de source. C'est logique de la part d'une scénariste de séries, je dirais ! (ironie).
Ensuite, si l'on passe côté ambiance, on peut s'accorder deux points. Le premier, c'est l'esthétique du film qui, dans un fond gris-bleuté, paraît assez fantomatique. Pas assez appuyées, la lumière et la photographie restent au premier plan pour ne jamais cadrer à l'ensemble du film. En revanche, c'est avec un plaisir coupable que l'on suit cette ambiance mystérieuse qu'a voulu filmer Catherine Hardwicke. Le second point, c'est bien sûr les effets spéciaux (et visuels) qui vont venir détraquer l’esthétique. Constamment sur le qui-vive, les effets prennent toutes leurs ampleurs pour un combat final (qu'on ne voit pas d'ailleurs !) en apothéose. La réalisatrice se laisse submerger par ces effets qui n'ont pas trouvé leur place dans l'ensemble. Encore une fois, c'est pour ce public que sont destinés ces effets, aussi importants soient ils. Dommage !
Pour parler casting, c'est tout simplement assez vide. Kristen Stewart, pourtant habituée à mieux (excellente dans "Panic room" de maître Fincher), reste inexpressive et sert l'histoire au mot près. Une interprétation vide et sans âme pour une romance qu'elle peine à suivre (?). A ses côtés, le ténébreux Robert Pattinson fait ce qu'il peut, et c'est dans ses apparitions de beau gosse fantomatique qu'il arrive très légèrement à relever la barre. Et encore ! Je me permets de relever la présence de Billy Burke (il a joué bon nombre de seconds rôles : "Le masque de l'araignée" avec Morgan Freeman, "La faille" aux côtés d'Hopkins, ...), Peter Facinelli (déjà vu dans le "Supernova" de Walter Hill et "Hollow man 2" en compagnie de Christian Slater) et Nikki Reed (qui participe à (quasiment) tous les films de Catherine).
Pour conclure, cette première partie de "Twilight" s'avère un tant soi peu décevante si on parle qualité. En revanche, on ne peut renier qu'on prend son pied à suivre ces vampires de toujours dans un film aussi prévisible soit-il. Et c'est là que Madame Hardwicke apparaît. Sa mise en scène, toujours aussi frappante et clinquante, nous agrippe pour nous relâcher un peu plus loin mais sur des sentiers déjà battus, seul reproche que je ferais à ce stade.
En fin de compte, Catherine nous fait sa leçon de cinéma habituelle et nous sert un teenage-movie de vampires sous forme de slasher, ce qu'elle avait réussi haut la main sur son précédent, l'incomparable et viscéral "Thirteen", qui ne gardait que le thème des problèmes de l’adolescence. Ici, le metteur en scène oublie ses fondamentaux, à savoir sa niac personnelle et son style coup de poing, pour ne faire de "Twilight" qu'un divertissement de petite envergure. Vraiment dommage, car je m'attendais à une Catherine en grande forme. Il n'empêche, ce premier volet, succès au box-office aidant, engendra plusieurs suites, et fait partie aujourd'hui d'une saga que toute le monde connaît.
Spectateurs, venez hurler au loup seulement si vous ne savez pas quoi regarder. Avis aux fans de la franchise.
A noter : l'auteure Stephanie Meyer fait une apparition fascinée dans ce premier chapitre... .