Pour ce qui connaissent Shinya Tsukamoto, les présentations ne sont plus à faire. Pour les néophytes, il est bon de savoir que les univers du réalisateur japonais sont toujours très tourmentés, très noirs, très violents et parfois assez malsains. « Tokyo Fist » ne déroge pas à la règle. Peut-on dire alors de ce film quil est exclusivement destiné aux gros bufs et aux gothiques de tout poil ? Pas forcément. Il faut reconnaître à Tsukamoto un certain talent et ses films, à vivre comme une expérience, marqueront sûrement les esprits de ceux qui soseront à la voir. Néanmoins, âmes sensibles, sabstenir.
Grenade cinématographique dégoupillée et lancée à l'intérieur du Septième Art de la part de Tsukamoto, qui filme avec ce TOKYO FIST une singulière histoire de ménage à trois, dérivant instantanément vers une violence physique outrancière et sanguinolente, où la brutalité se révèle un moteur à l'acceptation de soi. D'une virtuosité esthétique et technique toute relative au genre « Cyber-Punk » japonais (la ville de Tokyo se voyant visuellement réduite à une sorte d'univers ultra-moderne et technologique, peuplée de buildings quasi futuristes), interprété par des comédiens aux personnages hallucinants, pantins d'une société de plus en plus "rongée", puis rythmé au moyen d'une bande-son à base de Metall technoïde, TOKYO FIST est un fascinant objet de cinéma expérimental, qui déconcerte finalement autant qu'il bouleverse.