très amateur de romans thrillers et de cinéma, j'ai regardé "Jar City" avant d'attaquer l’œuvre écrite de Indridason. Une mise en bouche. Certes les adaptations cinématographiques m'ont toujours déçu après avoir lu le roman, ce que je peux juste donc constater, c'est qu'outre le dépaysement du lieu de l'action, l'Islande, on retrouve la même recette qui finit par manquer d'originalité dans les scénarios de ce genre. Donc pas de surprise, le rythme du pays en plus, tout cela me laisse une impression plus que partagée. bof bof...
Le cinéma islandais comme tout ce qui est artistique venant de cette île est très méconnu et très exotique. Pour ma part c’est le premier long-métrage de ce pays que je vois, même si le réalisateur ne m’est pas inconnu puisque j’ai vu son film (américain) « Contrebande » avec Mark Wahlberg. Bien que le film se place dans un lieu qui est méconnu pour 99% des Français le polar qu’il habite lui n’est pas si déstabilisent que ça et l’enquête reste très crédible et joue en fait sur un réalisme très glauque. Ici point de tueur machiavélique, pas d’enquêteur super intelligent ou d’intrigue retors, l’ensemble se place résolument dans une réalité très terre-à-terre où les personnages – flics, suspect ou victime – semblent plus sortis d’un documentaire que plongés dans une fiction. Du coup on n’est ni vraiment en empathie avec eux, ni dans le rejet on se contente de se plonger dans l’intrigue avec, notamment, ce flic pas très sympathique qui à côté de son enquête jongle avec une vie personnelle pas très reluisante. L’intrigue policière est bien ficelée, sans être vraiment ahurissante, mais encore une fois c’est son réalisme qui en fait une histoire intéressante d’autant plus que le réalisateur s’appuie sur des éléments très contemporains comme le fichage génétique de la population islandaise. Un polar scandinave âpre qui vous tient en haleine sans tomber dans les effets scénaristiques tirés pas les cheveux au profit d’un réalisme proche du documentaire. À voir pour passer un bon moment avec un policier ni plat comme un téléfilm, ni artificiellement retors comme un film américain.
Les hasards de la distribution m'ont amené à voir mes deux premiers films islandais en moins d'un mois. "Jar City" n'émarge pas dans la même catégorie que "Back soon", celle de la comédie décalée, mais il partage avec le film de Solveig Anspach de nombreux aspects, comme une vision plutôt désabusée de l'islanditude, ou l'intégration des imposants paysages comme personnage à part entière, photographiés dans les deux cas par Bergsteinn Björgulfsson.
Quand il découvre la scène de crime, l'adjoint de l'inspecteur Erlendur lâche ce commentaire : "C'est un crime typiquement islandais : bordélique et sans intérêt", faisant écho à la qualification d'"Alcatraz du Nord"d'Anna Hallgrimsdottir. Les tours et détours de l'enquête nous conduisent dans des grands ensembles (si, si, il y en a, ils ont juste pour toile de fond la montagne enneigée), dans une prison bien moins pittoresque que celle de "Back soon", dans une morgue, et dans l'équivalant du Musée Dupuytren des curiosités médicales, loin des images des dépliants touristiques. Baltasar Kormakur l'assume pleinement : "Cette partie de l'Islande est comme l'une des pièces de la maison qui nous gêne et qu'on évite de montrer aux invités."
Dès le début du film, on voit un employé signer un document dans les locaux d'une société privée qui collecte les données génétiques sur 95 % de la population islandaise depuis 1703, soit 700 000 personnes. Cette société, DeCode Genetics, existe réellement, et on voit d'ailleurs son directeur répondre à une interview. L'employé va ensuite à l'hôpital, au chevet de sa fille qui est en train de mourir d'une maladie orpheline, la neurofibromatose. Le film nous raconte ensuite en parallèle le deuil de ce père, et l'enquête de l'inspecteur, confronté lui aussi aux difficultés de la paternité avec sa fille junkie, et il faudra attendre les deux tiers du film pour que les deux actions se rejoignent, un peu comme dans "Les Rivières Pourpres", autre polar s'appuyant sur une utilisation délictueuse de la science et plaçant le cercueil d'une fillette au coeur de l'intrigue.
L'atmosphère est pesante, comme on peut l'imaginer avec une action qui commence par la mort d'un enfant et sa toilette funéraire sur fond de berceuse chantée par une chorale d'hommes, et qui continue avec une exhumation, et la découverte d'un corps en décomposition. Les personnages semblent assortis à la rudesse du paysage et du climat, dans ce pays où la demande de manger végétarien déclenche l'agressivité, et l'inspecteur Erlendur qui se délecte d'une tête de mouton (sûrement la scène la plus gore du film !) ou qui enfume sans vergogne son adjoint n'a pas grand chose pour attirer la sympathie. La photographie bleutée à gros grains accentue cette dureté, ainsi que le choix des décors, comme ce cimetière au bord de la mer qui rappelle le village de Bess dans "Breaking the Waves".
Souvent bien maîtrisée, la réalisation dérape parfois vers la facilité, comme la phrase prononcée par une personne interrogée par l'inspecteur : "Rien n'est plus terrible que la mort d'un enfant", et qui est immédiatement suivie d'un plan du père en deuil seul dans la chambre de sa fille. Par contre, la louable intention de Baltasar Kormakur de ne pas tomber dans une stylisation de la violence à l'américaine garantit une tenue à l'ensemble, dans un film où la complexité de l'intrigue importe moins que le climat psychologique qui baigne le récit.
Reste une interrogation naïve qui me tarabuste depuis la vision du film : pourquoi, dans un polar construit autour de la génétique, l'Inspecteur Erlendur n'a -t-il pas fait analyser l'ADN du sang sur le carreau ? http://www.critiquesclunysiennes.com
Ce n'est pas souvent que l'on a l'occasion de visionner un film islandais alors il faut en profiter. Ce long métrage mise sur l'ambiance lourde et rude en s'appuyant sur des décors tantôt magnifiques (la nature islandaise), tantôt glauque (les villes) pour dérouler une enquête policière sur fond de génétique. Le rythme est lent mais colle parfaitement au contexte. Fan de film d'action s'abstenir. Ceux qui aiment les films atypiques devraient apprécier.
Le grand avantage du film islandais est qu'il n'est nul besoin de trop travailler le décor. Celui de "Jar city", presque entièrement naturel, vous file instantanément le bourdon : le froid entre un chien et loup permanent vous givre l'espérance. Il suffit pour corser un peu l'ambiance déprimante d'ajouter quelques rats, une tête de mouton bouillie, un cimetière, quelques grammes de "neige" à vous assommer une jeune fille enceinte et le tour est joué. Pourtant, j'ai aimé le film. Un reste de goût pour l'aventure et l'inconnu sans doute. Un film danois, islandais, allemand ne peut qu'exciter votre curiosité. Une fois que vous avez compris le mécanisme intellectuel des principaux protagonistes campés par Ingvar Eggert Sigurðsson, Ágústa Eva Erlendsdóttir et Björn Hlynur Haraldsson (déjà ça, ce n'est pas évident !), il vous suffit de vous laisser captiver par le scénario, plausible si vous n'êtes pas formaliste, sans jamais oublier qu'il s'agit de cinéma. Pour le reste, j'avoue qu'il est possible de ne pas aimer davantage qu'une gastronomie locale qui me laisse songeur... A voir, un jour sans lumière, pelotonné dans un édredon bien rembourré avec la certitude bien chevillée qu'on est quand même bien en France.
Après une semi expérience Américaine, Baltasar Kormakur rentre au pays pour livrer un curieux polar dans la veine de ses derniers films . La nature et les paysages toujours aussi rude d'Islande en sont encore une fois les vedettes et viennent personnifier une intrigue complexe et noire qui démonte avec habileté tous les stéréotypes du polar pour mieux les adapter à son style. Mais le plus fort c'est qu'il réussit à faire ressentir aux spectateurs cette éprouvante atmosphère de solitude et de renoncement dont même l'humour noire n'arrive pas à atténuer. Un peu comme une chape de plomb dont on ne pourrait se défaire et qui par moment relègue un peu l'intrigue au second plan..
Un film islandais : en effet, c'est triste et froid comme l'Islande cette histoire de meurtre et d'enquête policière. Le policier principal, bon acteur, est sympathique s'il n'était accompagné de clichés (fille droguée, enceinte...), l'intrigue par ailleurs n'est pas très claire au début, on espère des explications, en fait il y a des flashbacks. Reste une réalisation de qualité avec des paysages étonnants d'Islande, il y a de beaux plans bien filmés, une rapidité parfois qui sonne juste, et une belle musique d'accompagnement. Mais l'ensemble est néanmoins... morbide et sans aucun humour.
Je dois m'avoué finalement assez déçu par ce film dont j'attendais nettement plus de suspense et de tension alors qu'on se trouve plutôt devant une sorte de Derrick version Islandaise.Beaucoup de choses a commencer par le charisme de l'inspecteur Erlendur rappelle la célèbre série Allemande ,le rythme qui est loin d'être trépidant ou bien encore la modestie des moyens déployés en sont d'autres points communs.Rajouté a cela un début d'enquête confuse que la multiplication de prénoms Islandais assez similaires n'aide pas a éclaircir et nous voici devant un thriller au scenario inutilement complexe dont l'originalité réside avant tout dans le lieu de son intrigue : la beauté froide et glacé des décors naturels Islandais apportant un vrai cachet au film dont l'interprétation ne m' a par ailleurs pas spécialement convaincu.
On peut passer complètement à côté de ce polar noir atypique ou se laisser flotter au gré des paysages crépusculaires et glacés de l'Islande et d'une BO qui ressemble à une longue plainte. Le film a tout des ingrédients du polar classique : un flic un peu paumé, des sales types, des flics véreux, une sale histoire... Bref, de quoi flanquer un gros bourdon ! Le scénario, complexe de prime abord se résout finalement de manière trop évidente. Ce film a cependant quelque chose de fascinant dans son impudeur, sa brutalité et sa cruauté. Le ton est donné dès le départ : la mort d'une petite fille malade, le désespoir des parents, un meurtre "islandais" (voir le film pour comprendre...)...
Je m'attendais à mieux. Globalement, ce film est un peu trop bordélique et on perd rapidement le fil de l'histoire (peut-être n'ai-je pas tout compris ...). Dommage, car l'atmosphère du film est très réussie.
Est-ce que Reykjavik est vraiment aussi moche, ou bien est-ce juste le réalisateur qui a voulu en montrer son côté le plus crasseux, toujours est-il que "Jar City" ne donne pas envie d'alle en vacances en Islande. Aimant assez ces intrigues policières qui forcent à réenquêter sur de vieilles affaires, ce film avait tout pour me plaire. L'ambiance est sombre, froide et triste, avec des personnages tout aussi austères, vivant dans des quartiers crasseux. Le héros est un vieux flic, qui doit gérer également les problèmes de sa fille toxico. Côté ambiance, il y a ce qu'il faut donc. Mais l'intrigue ne m'a pas plus emballé que ça. Elle est bien fichue malgré tout, mais je l'ai suivie sans trop d'intérêt. Ca donne un film pas mal, donc, mais que j'oublierai assez vite.
A travers "Jar City", le cinéma Scandinave nous montre bien qu'il fait parti de ses perles du 7ème art. Après le sublime "Morse", qui pour moi fait partie des 5 plus beaux films des 15 dernières années, "Norway of Life" ou encore "Manhunt, voici un autre long métrage qui fait parler de sa superbe. Un scénario très maîtrisé, de bons acteurs, des plans variés, tout est synonyme de réussite. Même si la perfection n'est pas au rendez-vous, on reste touché et bouleversé par cette histoire. Un thriller bien travaillé qui ravira les puristes. Un chassé mêlé tragique dont il ne faut pas passer à côté. Bon film !
Un polar islandais de bonne facture, glauque, morbide et froid. Les acteurs sont très bons, et l'histoire colle bien au livre. On peut noter un léger manque de rythme et le fait que le film soit, comme cela arrive souvent, un poil en dessous que le livre mais il reste une bonne adaptation avec une photographie splendide loin de l'Islande des cartes postales. Un film à apprécier à sa juste valeur.
Rien à reprocher à Jar City qui est un grand film par sa profondeur dramatique et la qualité d'interprétation des acteurs. Il se caractérise par un réalisme froid mais le réalisateur a su habilement ne pas rester toujours dans ce registre et le développement clinique de l'intrigue n'empêche pas l'émotion d'être présente.
Si vous aimez les films sinistres, au rythme très lent, avec une musique déprimante, une histoire hyper intéressante mais aussi très triste, des couleurs ternes, des personnages qui ont tous l'air hyper dépressifs, ce film est pour vous ! Il n'empêche que c'est polar très intelligent avec de très bons acteurs. Cela m'a vraiment ennuyée et foutu le mourron donc je ne lui mets pas la moyenne.