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Un visiteur
3,5
Publiée le 11 octobre 2012
Un film qui a beaucoup de qualité, sujet intéressant, dérangeant, provocant, ce qui fait toujours plaisir au cinéma. Les deux interprètes principaux sont excellents. La scène où Charlotte Rampling chante (qui fut pratiquement improvisée) est bluffante, elle cristallise l’ensemble du film. On reprochera tout de même quelques longueurs et le manque de suspens, on est uniquement dans la « contemplation » et donc à un certain moment, on attend la fin.
Voilà encore une fois un film mythique qui ne résiste pas à l'épreuve du temps. Il véhicule toute une série de poncifs qu'il en devient ridicule. Même si on admet que les nazis sont tous pervers, on ne comprend pas (on ne voit pas le cheminement) la naissance du désir de la victime pour son bourreau. Pourquoi cette ellipse? Elle pourrait être fascinée par la force et le pouvoir : on ne le voit même pas. Et c'est bien dommage. Le grotesque est atteint avec la scène où Charlotte Rampling exécute un numéro de music-hall. Tout à coup la jeune déportée chante et danse comme une fille de mauvaise vie d'un cabaret berlinois. De plus pour souligner (au cas où on n'aurait pas bien compris) la perversité des nazis, l'ambiguïté, le désir homosexuel refoulé, Dirk Borgarde est maquillé. Il y a même parmi ces anciens soldats un danseur homosexuel. Ça peut passer chez Visconti, dont on sent l'influence, mais là non. Si le sujet n'était pas si grave, "Portier de nuit" peut être vu comme un film esthétique, raffiné...
Un film très étrange qui mêle nazisme, sexe, violence et amour bizarre. On retiendra notamment la performance de Charlotte Rampling, fabuleuse face à Dirk Bogarde, affreusement froid. La musique est simple mais accompagne plutôt bien l'ensemble. Au final, ce film reste en demi teinte notamment a cause d'un rythme assez lent, compensé par l’étrangeté de l'ensemble.
un classique des années 70 avec une charlotte rampling magnifique. Un film trouble et dérangeant sur un amour interdit entre un tortionnaire et sa victime. Trente ans aprés certaines scènes kitch frôlent le ridicules mais le fond du sujet et ce duo unique au cinèma reste à voir. Un film que chaque cinéphile se doit d'avoir vu...
Portier de nuit (1974) est un film qui fit (sans surprise) scandale lors de sa sortie dans les pays où il n’était pas censuré (comme en Italie) ou purement et simplement catalogué comme film pornographique (notamment aux Etats-Unis). Une réputation sulfureuse qui n’est bien évidemment pas surprenante lorsque l’on prend connaissance du film (une passion dévorante entre un ex-officier nazi et une ex-prisonnière des camps de concentration !). La réalisatrice italienne avait déchaînée les passions, en dehors de la France les catholiques étaient montés aux créneaux, les puritains en avaient fait de même, tous tentant en vain d’interdire au film de bénéficier d’une exploitation en salles, alors que dans l’hexagone, le film était sorti en salles sans le moindre souci. C’est ainsi que l’on découvre, trente ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, cette étonnante histoire, une relation sadomasochiste entre un ancien officier SS et sa victime (consentante). Une relation amoureuse contre nature, sous forme de syndrome de Stockholm, des plus… troublante, voir déstabilisante. Il en résulte au final une histoire d’amour à la fois scandaleuse, dévorante au combien palpitante, magnifiquement retranscrite par Liliana Cavani dans de magnifiques décors de Vienne (reconstitués à Cinecittà) et formidablement interprété par un très beau tandem formé par Charlotte Rampling (28ans lors du tournage) & Dirk Bogarde. ► http://qr.net/ivn ◄
En mettant au jour des raisons d'ordre psychologique, psychanalytique, qui peuvent favoriser l'émergence de phénomènes comme les fascismes, Liliana ferme la porte au révisionnisme tout comme au négationnisme et impose le devoir de mémoire! On sort du film en se posant une question : où sont passés tous ces anciens nazis, collaborateurs et autres opportunistes mortuaires? Que sont ils devenus tous ces gens qui ont vécus et pris part à cette nuit horrible? Quelles ont été leurs rôles dans la société qui est la nôtre actuellement?
Raconter une vision des camps de concentration comme on n'a pas l'habitude d'en voir avec l'histoire d'amour sado-maso d'un nazi et d'une prisonnière juive, lors de la seconde guerre mondiale : tel était l'enjeu de ce long-métrage, il faut le dire, assez osé, qui fut d'ailleurs jugé comme étant une oeuvre scandaleuse lors de sa sortie. Si l'idée de départ était très bonne, le récit perd de son piquant au fil des minutes pour finalement devenir ennuyant dans la deuxième moitié du film. La seule chose qui conservera sa puissance du début est le couple Dirk Bogarde et Charlotte Rampling qui sont exceptionnels du début à la fin.
Film n'ayant aucunement manqué de faire un gros scandale à sa sortie, "Portier de nuit" est une oeuvre résolument ambigüe dont on retient pourtant plus aujourd'hui, malgré une vision plus fantasmée que réaliste des camps d'extermination, le côté histoire d'amour désespérée, malsaine et sadomasochiste. L'interprétation du couple Dirk Bogarde-Charlotte Rampling dans des rôles pas très fastoches est sublime et l'aspect fortement viscontien (on pense surtout aux "Damnés" !!!) de la mise en scène de Liliana Cavani fascine. C'est un peu dommage tout de même que le dernier tiers traîne fortement en longueur car l'ensemble est loin de manquer de séquences puissantes.
Décevant, outre le sujet limite qu'on connait au départ la finalité du film me parait plus que douteuse, le scénario pauvre et faussement intello ne plaide pas en sa faveur en tout cas. il reste une certaine atmosphère qui est loin cependant de ce qu'elle aurait pu être et un couple Bogarde Rampling au meilleur.
Très controversé à sa sortie , ce film est aujourd'hui complètement oublié et franchement méconnu. Pourtant , il présente une histoire peu banale, et une réalisation peut être vieillotte à notre époque mais qui dans l'absolu sied parfaitement au récit. Portier de nuit est une sorte de fourre tout , ou s'entremêle érotisme , drame , thriller , sans oublier une forte connotation historique . C'est peut être ce film qui a révèlé charlotte rampling , lui donnant l'image d'une femme mystérieuse , ambigüe, image qui jalonnera toute sa carrière. Voiçi un long métrage étonnant, et n'ayons pas peur des mots, unique en son genre. Une bonne raison de le découvrir , même si il ne s'adresse pas à tous les publics .
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4,0
Publiée le 21 octobre 2010
C'est sans aucun doute le meilleur film de Liliana Cavani! D'une autre envergure par rapport à ses premières oeuvres qui n'emportèrent pas l'adhèsion, "Portier de nuit" suscita de vives polèmiques en èvoquant magistralement les rapports sado-masochistes d'un officier SS et d'une dèportèe retrouvèe après sa libèration! Dirk Bogarde en serpent, Charlotte Rampling en victime fascinèe, deux comèdiens exceptionnels! Les critiques ètaient injustifièes: d'une part l'oeuvre s'imposait par la maîtrise de la rèalisation, d'autre part, si elle mettait l'accent sur la trouble fascination exercèe par le nazisme, elle n'entendait nullement exalter ce dernier, comme l'avaient prouvè les films tournès prècèdemment par Cavani par la tèlèvision! Ce grand film controversè est, depuis, devenu une icône...
Très beau film, de très bons acteurs, surtout C.Rampling, malgré la date de réalisation qui pourrait décourager certains... Ca change de l'ordinaire! Aucun tabou pour mon époque préférée, je suis aux anges. Je comprends l'ancienne deportée. Triste fin qui fait réfléchir et qui perturbe. BRAVO.
Une histoire volontairement très forte, dérangeante, malsaine, et très captivante. La réalisatrice est allée au bout de sa démarche : ausculter la perversité et l'ambiguïté humaines, décuplées ici par les circonstances tragiques de la guerre. Tout y passe : sadisme puis fascination et amour du tortionnaire, soumission de la victime qui tire du plaisir de sa situation et aime son bourreau... Ces deux personnages complètement largués n'ont rien appris et répètent leur danse macabre plus de dix ans après. Ce qui est frappant, c'est qu'ils ne semblent vivre pleinement qu'entourés et guettés par la mort : menace des nazis pendant la guerre, puis choix délibéré de mourir d'inanition dans le second cas. Ces deux êtres semblent ne pas pouvoir s'affranchir de leurs fantasmes qu'ils poussent au-delà de toute limite, jusqu'au bout. Les interprétations sont magistrales, que ce soit Dirk Bogarde ou surtout Charlotte Rampling. Quant à la mise en scène, elle est très fine, très soignée, et mêle adroitement flash-backs et retours au présent. Un film sombre, dur, mais passionnant.