"The ghost writer" ou comment un écrivain-nègre se retrouve propulsé à écrire la biographie d'un premier ministre britannique qui a lui même affaire à ses anciens démons... .
Partant sur le roman de base de Robert Harris ("L'homme de l'ombre"), Roman Polanski s'en inspire pour donner cette adaptation ciné en pseudo-thriller qui s'apparente au final comme un drame psychologique rigide et tenace.
Jouant la carte du réalisme à fond, le réalisateur de "Tess" et du "Pianiste" livre un film assez inégal où l'ennui se fait beaucoup ressentir, surtout par un suspense (et un montage !) très langoureux dans lequel Ewan McGregor ("Star wars", "Trainspotting") peine à donner bonne impression.
Pour rester sur le casting, Pierce Brosnan joue ici bien mal son personnage et exit son doubleur français habituel (que s'est-il passé ?). Finalement, celui qui retient le plus notre attention, c'est sans aucun conteste Eli Wallach, certes dans un petit rôle, mais qui arrive à capter notre attention avec brio, et ce avec son charisme tout naturel. Merci Monsieur Wallach !
Alors oui, cela reste du Roman Polanski classique avec ses thèmes fétiches (paranoïa, faux-semblants) doté d'une très bonne musique d'Alexandre Desplat (compositeur pour "De battre mon coeur...", "Quand j'étais chanteur", "Un prophète", ...) qui tombe souvent à plat, mais l'atmosphère tendue (mise en scène virulente alliant suspense inadéquat rendant l'histoire inintéressante) ne mord jamais du fait de sa ressemblance avec "The constant gardener", là où Ralph Fiennes excellait (maintenant McGregor fait bien pâle figure).
"The ghost writer" se révèle finalement assez amère (comme le signale la scène finale), légèrement bâclé par un Polanski alors en pleins déboires judiciaires, et on est en droit de se demander si son assignation à résidence ne lui a pas porté préjudice.
Bon, je ne t'en voudrai pas Roman, mais tu as donné à Ewan McGregor la possibilité de lui offrir un très beau rôle. Ce ne sera pas sa prestation la plus marquante, mais ça aurait pu être SON rôle de la maturité. Quel dédommagement, dis moi (ironie)... !
A noter : En 2010, "The ghost writer" a notamment remporté l'Ours d'argent du meilleur réalisateur (pour Roman Polanski) à Berlin, et le César du meilleur réalisateur et celui de la meilleure musique (Alexandre Desplat) l'année suivante.
A méditer...