Réunissant deux des acteurs fétiches du cinéma hexagonal, "Envoyés Très Spéciaux" nous monte une arnaque somme toute classique, avec pour trame l'éternel prétexte du gros mensonge qui met le doigt dans un engrenage dangereux, et dont les héros ne peuvent se dépêtrer qu'au prix de mensonges encore plus gros, provoquant nombre de quiproquos et de situations burlesques. Malheureusement, si le jeu des acteurs est connu, (Jugnot en loser maladroit, qui court après sa femme, et Lanvin en bourru à qui on ne la fait pas) on tombe souvent dans le cabotinage, pas très inspiré, de la star condamnée à jouer éternellement son propre rôle, ce qui agace rapidement, d'autant que les seconds rôles sont plutôt mauvais, de Kaprisky, inexistante, à Hazanavicius, impassible dans un rôle de rédacteur froid, mais du même coup impersonnel, en passant par un Omar Sy en masseur gay, dont on se demande à quoi il sert... Malgré tout, on suit le récit sans bailler et Jugnot sait rendre, comme toujours, ses gaffes irrésistibles, ce qui permet de maintenir l'attention du spectateur, qui ne demande pourtant qu'à décrocher. Cependant, le plus gros défaut du film, qui prend le conflit en Irak comme prétexte à une comédie légère, c'est justement de ne pas (ou très peu) parler des irakiens, victimes tout de même d'une guerre des plus sales et des plus discutables, et il n'aurait été que justice de s'y attarder, ne serait-ce qu'un moment, de façon plus sérieuse. Au lieu de ça, on a droit à des comptes rendus journalistiques "vibrants d'incompétence" et de langue de bois, et on a la furieuse impression de s'être fait rouler, voire d'un certain mépris à l'égard de la souffrance de ces populations. A regarder, en mangeant des chips et en buvant de la bière, un dimanche pluvieux...