Frankenweenie est la reprise d’un court-métrage éponyme de Tim Burton tourné en 1984. La différence majeure vient du fait que la version 2012 est un film d’animation. D’ailleurs, dès les premières scènes on ne peut que s’incliner devant la beauté des images et le plaisir de voir un film en animation image par image dans une époque envahie par les films en images de synthèse. Cela dit, production Disney oblige, Frankenweenie cède à la fâcheuse tendance de la 3D relief, qui n’apporte ici rien si ce n’est des millions d’euros supplémentaires dans les poches de Mickey et un bon mal de tête.
L’histoire se déroule dans la petite ville américaine de New Holland et le premier plan de son quartier résidentiel semble très familier… On pense vite à Edward aux mains d’argent, mais les personnages entrent en scène et là on pense Noces funèbres, Beetlejuice… Le professeur de science, monsieur Rzykruski (Martin Landau), rappelle même le Bela Lugosi de Ed Wood, (Sans conteste le meilleur film de Burton pourtant si méconnu du grand public). Du coup, cet enchaînement aussi beau soit-il d’éléments burtonniens nous rappelle que l’univers de ses films n’est plus qu’une sorte de marque déposée imposant l’apparition d’éléments labelisés pour accorder à un projet la licence « Film de Tim Burton« .
Le film n’est pas déplaisant en soi, mais agace comme tous les derniers projets du réalisateur qui abusent du même univers graphique si « personnel ». On a l’impression de connaitre tout le monde et d’avoir vu Vincent (Charlie Tahan), Elsa (Winona Ryder) et les autres personnages pleins de fois, Burton et son scénariste habituel John August ne faisant jamais l’effort de nous surprendre en cantonnant les personnages à des évolutions extrêmement classiques.
Le film aborde des thèmes certes éculés mais intéressants, soulevant entre autres les questions du pouvoir de la science et de l’acceptation de la mort, mais sans jamais véritablement en tirer profit. Je pense spécifiquement à la fin du film qui va complètement à l’encontre de son sujet et prend à rebrousse-poil la voie morale que semblait emprunter le film.
Au final, si comme moi vous n’accordez plus le moindre crédit à Tim Burton, ce film peut vous surprendre et vous permettre de passer un moment plutôt agréable. Car malgré ma critique sévère, je dois bien admettre ne pas m’être ennuyé pendant la projection. En revanche, si vous croyez, à chaque sortie, en la résurrection possible du papa d’Edward vous pouvez toujours attendre, car le film tient son peu de force plus à sa durée réduite qu’à son originalité. Voilà plus de dix ans que Tim Burton enchaine les films insipides et ennuyeux, perdant à chaque fois un peu plus de son aura d’artiste, et même si ce nouveau long-métrage est de très loin son meilleur film depuis Sleepy Hollow il n’en reste pas moins extrêmement conventionnel. Tenter de réveiller les morts n’est donc jamais une bonne idée…
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