Film aux genres hybrides coréalisé par Jean-Baptiste Andrea et Fabrice Canepa, Dead End est une très bonne surprise. L'histoire se déroule le soir de Noël et nous fait suivre Frank qui, comme chaque année, se rend en voiture chez ses beaux-parents avec sa femme Laura, leur fils Richard, leur fille Marion et le petit ami de celle-ci. Seulement, pressé par le temps, il décide d'emprunter un raccourci. Mais cette route va leur causer bien des ennuis et ils ne sont pas prêts d'arriver à destination. Ce scénario s'avère hautement réjouissant à visionner tout du long de sa durée d'un peu moins d'une heure et demie. L'intrigue nous plonge immédiatement au cœur des événements qui vont s'intensifier au fil des minutes qui défilent et des kilomètres avalés. Le récit est simple mais terriblement efficace à la faveur de ses nombreuses idées qui créent des situations obligeant la famille à s'arrêter. Tout cela donne lieu à des scènes entre rêve et réalité imprévisibles et croustillantes alternant entre trois genres, à savoir l'horreur, la comédie et le drame pur. Ce mélange est vraiment délicieux car toujours bien écrit et ficelé. De plus, ça confère à l’œuvre un ton singulier puisqu'on passe constamment du rire à la peur et à la tristesse, certains passages étant véritablement touchants. C'est d'autant plus touchant que le métrage possède du fond avec un propos sous-jacent faisant travailler l'interprétation. Cela est notamment rendu possible grâce aux personnages géniaux et attachants dont on suit les péripéties qui vont peu à peu les plonger dans une folie psychologique. Des rôles très bien interprétés par une distribution dont la synergie nous fait croire qu'ils sont réellement unis par le sang, comprenant Ray Wise, Lin Shaye, Mick Cain, Alexandra Holden et Billy Asher, auxquels vient se greffer Amber Smith. Tous ces individus entretiennent des relations compliquées dues à la nervosité générée par la menace traumatisante. Ils vont passer par tous les états émotionnels et nous avec. Des échanges soutenus par des dialogues savoureux, très drôles, mais sachant également se montrer plus tendres. Sur la forme, la réalisation du binôme s'avère qualitative nonobstant un petit budget qui ne se fait pas ressentir à l'écran. En effet, leur mise en scène parvient à varier ses plans et à ne pas se montrer redondante malgré l'aspect répétitif de cette route plongée dans la pénombre au milieu d'une forêt, et en dépit des contraintes liées à l'espace réduit du champ d'action. Car si le véhicule est exigu, leur caméra ne le fait pas ressentir. De plus, malgré le fait que tout se passe de nuit, l'éclairage est maîtrisé juste avec les phares de la voiture et le fait de seulement suggérer certains passages via le hors-champ est un très bon choix, intelligent. Ce visuel soigné et honorable est accompagné par une bonne bande originale mêlant également les genres entre titres rock et compositions religieuses d'une grande puissance, qui impactent les images et donnent encore plus d'intensité. Ce périple nocturne s'achève sur une fin particulièrement satisfaisante venant ainsi mettre un terme à Dead End qui, en conclusion, est un long-métrage méritant grandement d'être découvert.