Il n'est pas dans mon habitude de participer aux débats sur internet, ni de prendre parti absolument pour ou contre quelque chose en général dans ma vie quotidienne, mais je suis allé voir The Dark Knight Rises, et si on dit que, dans la vie, rien n'est tout blanc ni tout noir, je suis tenté de croire le contraire, à mon plus grand désagrément, car mon opinion à propos de ce film est tout simplement opaque.
Je viens de m'inscrire, et j'aimerai m'adresser maintenant aux 54% de spectateurs qui ont attribués 5 étoiles à ce film, car je ne comprends pas cette décision - peut-être n'avons nous pas vu le même film, et ne voyons-nous pas les mêmes choses. Et j'ai passé une partie de la journée à regarder des critiques élogieuses sur ce film, et je ne comprends pas qu'il y en ai autant, je me sens seul, mais je dois m'exprimer, afin de ne pas laisser la parole seulement à ce que je considère être des adorateurs aveugles. Je vous avoue avoir été voir ce film en compagnie de deux amis, et au début du film, nous étions plutôt enthousiastes, mais peu-à-peu, nous avons bien senti qu'un malaise s'installait entre nous (nous en attendions beaucoup) car ce que nous étions en train de voir n'était décidément pas digne de notre enthousiasme : comment pouvait-il en être ainsi ? Je comptais ne rien dire par la suite si mes amis avaient apprécié le film, et je me suis rendu compte qu'eux non plus ne voulaient pas gâcher nôtre plaisir potentiel en disant "mais c'est de la merde", ce qui était pourtant une vérité partagée bien au-delà de notre simple empathie psychique. Ce n'est qu'à la fin du film que cette vérité toute simple s'est exprimée sous la forme audible, d'un murmure plus précisément
, au moment ou tombe le nom "Robin"
, qui avait la longue sonorité d'une plainte exacerbée : "pitié". C'est un mot, une expression, qui pourrait donner le titre à ma critique.
C'est avec un sentiment de dégoût que nous sommes sortis du cinéma et que nous sommes allés boire, mieux installer afin de critiquer objectivement, et le problème principal nous est apparu : ce qui pourrait passer pour des défauts dans ce film - appelons ces "ratés" des défauts, tout compte fait - crève littéralement l'écran à tel point qu'on ne voit que ça, et ils sont nombreux. Faute à un scénario alambiqué, s'étalant sur une durée de presque trois heures tout de même, vous avez probablement remarqué ces erreurs (je l'espère pour vous), en tout cas, elles sont abondamment diffusées dans les critiques mises à disposition sur internet. Toutefois, nous n'allons pas nous priver de les répéter ici même, car tout ce qu'il nous reste de ce film, c'est néanmoins la possibilité d'en rire.
Bruce Wayne, dépressif de surcroit, marche avec une canne, n'a presque plus de cartilage, bref, sa jambe est défoncée (son corps aussi tout d'ailleurs) et il lui suffit de s'enfiler une atèle d'un genre un peu gadget pour "défoncer les murs à coup de pied" (j'ai lu ça sur internet et je trouve cette formule très pertinente) et retrouver la totalité de son intégralité physique. Toujours dans la domaine de la médecine, et gommant toute les avancées dans la chirurgie et la rééducation, le moment ou notre héros déchu, craqué du dos par son colosse d'ennemi, se fait remettre en place la vertèbre qui dépasse de son dos par un bagnard tout comme lui au fond d'un trou perdu poussiéreux - quelque part - d'un simple coup de poing. Il y a aussi au début du film un point qui nous a choqué : nous n'avons pas remarqué la carrure de Bane, alors la tête dans un sac comme otage dans l'avion, lors des premiers plans, celui-ci se révèle pourtant être un grand costaud : faux raccord ? L'enquête reste ouverte. Toujours est-il que notre ami Bane, qui aurait très bien pu porter le masque de V pour Vendetta et des Anonymous de surcroît pour nous faire un peu marrer, enfile, sans aucune contrainte du tout malgré l'important dispositif qu'il porte au visage, un casque de moto. Avez-vous déjà porter un casque de moto ? Toujours par rapport à cette scène, les motos, elles sortent d'où au fait ? Parce que j'ai juste l'impression qu'elles étaient déjà prêtes dans la salle des bourses, moteur vrombissant. Suite à ça, bon, la police met en place des barrière afin de bloquer l'évasion de ces foutus terroristes, MAIS, manque de bol - sont-elles tout simplement à l'envers ? - elles servent de tremplin à nos vilains garçons. Bruce/Batman s'échappe de son trou et fait le trajet façon ultra-rapidos pour arriver à temps pour cette sordide histoire de bombe. Parlons-en de cette bombe, parce que là aussi, il y a des choses à dire. Tout d'abord, je ne sais pas si il y a des spécialistes de la physique nucléaire parmi vous, mais elle s'en prends quand même plein la tronche niveau transport et fusillade pendant le film, non ? Je dis ça, bon, son existence même est un peu discutable, étant donné qu'on a déjà vu cette "menace" cent mille fois dans cent mille films différents, et qu'elle est finalement à mon avis très personnel digne d'un formidable navet. Finalement, Batman la trimbale sur son jet privé - en prenant bien soin de heurter le maximum d'éléments urbains - afin de la larguer au large, sans aucune onde de choc, raz-de-marée, ni retombée radioactive à l'horizon. Bref, c'est la fête, si seulement Fukushima ça avait été comme ça ! Mais tout de même, l'ultime tragédie, à côté de Robin, qui à mon sens, n'a tout simplement rien à faire là ("je t'ai reconnu, batbruce, si si !"), c'est bien Marion Cotillard en grande méchante de Batman, quand même, avouez que ça fout un sacré coup au moral de tout les enfants qui ont suivi la série animée... sur laquelle Nolan a quand même bien pompé (et même pour Inception) ! Voyez que tout est lié, et nous aurions matière à faire durer le plaisir, mais j'ai déjà outrepassé la limite des cinq milles caractères accordés gracieusement par Allocine.
Je vais donc m'arrêter là, regrettant une fois de plus l'idéologie capitaliste qui imprègne le film jusqu'à représenter Bane comme un dangereux anarchiste (bouh, pas beau) et Batman, finalement, comme un protecteur de l'ordre, Bruce devant reprendre son entreprise en main afin de faire du profit pour venir aux petits orphelins qui sont en plus obligés de finir dans les égoûts parce qu'on ne peut pas les garder parce qu'on a plus de sous (MAIS JE VAIS PLEURER). Ce Batman gomme également très efficacement toute la mythologie qui lui est associé rétrospectivement par le travail de nombreux auteurs et créatifs (Catwoman, dont le pseudonyme n'est pas une fois prononcé dans les dialogues, n'as pas d'oreilles de chat, peut-être parce que ça fait trop ring', Bane n'est plus un catcheur, pas de masque fantaisiste, ni de dispositif de dopage, ça aussi, ça doit être has been, tout comme le slip de superman au dessus de son pantalon, étrangement).