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Patrick s.
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5,0
Publiée le 24 juin 2022
Jean-Louis Trintignant, acteur, réalisateur et parfois coureur automobile, s’est éteint le 17 juin 2022 à 92 ans.
C’est un feu d’artifice de la comédie italienne du grand Dino Risi, sorti en 1966. Un beau gosse sans le sou, désinvolte, charmeur et fanfaron, joué par Vittorio Gassman, monstre sacré du cinéma italien, parcourt l’Italie des grandes vacances au volant d’un cabriolet Lancia Aurelia un peu défraichi. Il embarque dans son périple et un peu contre son gré un jeune étudiant en droit timide et complexé, merveilleusement joué par Jean-Louis Trintignant. Sur la route il conduit comme un fou, klaxonnant à tout va (ah les avertisseurs italiens…), interpellant et invectivant tout le monde. Sans foi ni loi, il s’impose partout avec un rare toupet, entrainant son nouvel ami qui peu à peu va se décoincer.
Le film est jubilatoire, on a la banane tout du long. À regarder en VO bien sûr. Seule la dernière minute est un peu… pénible. Il vous rendra nostalgique de la joie de vivre et de l’insouciance des années 60, la dolce vita.
La vedette automobile est bien sûr cette Lancia Aurelia, à « culasses rabotées », modèle emblématique de la marque à l’époque, propulsée par un moteur V6. Produite de 1950 à 1958, elle a gagné de nombreux rallyes et une version de son moteur équipa la Lancia D50 de Formule 1 championne du monde 1956 avec Fangio sous les couleurs de la Scuderia Ferrari. Elle est devenue de nos jours une voiture de collection très recherchée. Un exemplaire de 1955 à parechocs coudés et parebrise arrondi, présenté à la vente RM Sotheby’s de Monaco en mai 2022 (non vendu, conduite à droite) était estimé entre 625 et 675 000 €. Dans le film elle est équipée d’un mange-disque 45 tours côté passager. Tout ce qu’il fallait pour embarquer une bella ragazza et non pas cet étudiant timide et effacé, et c’est bien tout le paradoxe du film…
un film extrêmement réaliste qui montre des gens que tout le monde a pu rencontrer un jour. Si certains pensent que les personnages sonnt un peu caricaturaux , ceux qui observent avec soin ce qui se passe autour d'eux ont pu se rendre compte que ce genre d'individus existe bien réellement avec tous les traits de caractère que leur prête l'auteur.
La rencontre improbable entre un étudiant timide et un monstre de décontraction, d'insolence et de cynisme, ado attardé aussi attachant qu'insupportable, tout ça dans l' Italie désertée d'un 15 août dont on sent physiquement la torpeur. C'est excellent. Et les "mots" de Gassman!...: Trintignant l'interrompant pendant qu'il "jerke" dans une boîte: -Tu comptes danser jusqu'à quand? - Je ne danse pas, je crée! (en fermant les yeux d'un air inspiré). Le même lui montrant avec émotion le vieux majordome de sa famille, manifestement efféminé: - Il me faisait sauter sur ses genoux... Gassman: - Tu m'étonnes! Gassman voyant un "vieux beau" raccompagner sa fille aux aurores dans sa grosse voiture: - Ton ami aurait pu te raccompagner lui-même au lieu de demander ça à son grand'père!... etc... etc... Un parti pris de tout prendre "à la blague" mais avec une mélancolie dans l'oeil qui contredit la posture et fait de ce film tout sauf une pantalonnade. Et l'accident final: Gassman provoque un accident où Trintignanrt perd la vie. Un témoin arrivé sur les lieux: - Qui est la victime? - Mon ami - Comment s'appelle-t-il? - Je ne sais pas... (Tout ça de mémoire). Faire rire ou sourire ou susciter l'émotion sans racolage, ça donne un classique.
C'est très mauvais. Ce n'est ni drôle, ni intéressant. Le scénario est d'une faiblesse sans non, les acteurs jouent comme jouerait n'importe quel acteur qui a fait un peu de comédie. Non, vraiment, ce film n'est pas à voir.
Excellent ! C'est rythmé, drôle, on ne s'ennuie jamais, les péripéties s'enchaînent. C'est un voyage dans l'Italie de 1962 et sa fresque de l'époque, sous le soleil de Rome et Viareggio filmés en noir et blanc. Le duo Vittorio Gassman et Jean-Louis Trintignant se complète bien. Gassman est un fanfaron charismatique et attachant. Il y a un souffle de liberté dans ce mini road-movie. Le son du klaxon de la Lancia Aurelia est un élément emblématique du film tellement il est présent et délirant. Le dénouement du film voulu par Dino Risi est surprenant et fait réfléchir sur l'insouciance.
Chef d'œuvre absolu ! A voir, revoir et re-revoir ! Malgré sa fin tragique, ce film m'a sauvé de la dépression en 1963.( j'avais 20 ans) . et a été mon leitmotiv depuis de longues années. Dino Risi, cinéaste ET psychologue, est un génie. De l'esthétisme absolu de la traversée de Rome déserte au sex appeal acidulé de Catherine Spaak , la musique fabuleuse, la Lancia, on a envie de sauter dans l'écran pour participer à cette épopée.. Quelle joie de vivre ! Pour moi, un des plus grands films jamais réalisés.
Un très bon film avec deux monstres sacrés, Vittorio Gassman et Jean-Louis Trintignant, parfaitement complémentaires. L'un fait la découverte de la liberté et de l'insouciance en 48 heures, l'autre réalise le prix de son irresponsabilité...
Comédie italienne comme on aime avec un duo extraordinaire. Entre le survolté fanfaron Gassmann, énorme encore une fois et un Trintignant tout en retenue qui au fil du film s'émancipe de sa timidité, Risi nous offre une œuvre attachante, un petit bijou d'intelligence, dans la lignée de ce que j'appellerais l'école italienne.
Un film magnifique ! Vitorio Gassman incandescent et sensationnel, Jean-Louis Trintignant remarquable aussi, dans leurs personnages opposés mais vulnérables l’un comme l’autre face à l’injonction de performance et de réussite sociale de l’individu. Dino Risi réalise aussi une satire à la fois jubilatoire, poétique et dramatique du « miracle économique » de l’Italie des années 60.
Une pure merveille. Un jeune étudiant rencontre par hasard par un énergumène qui l'emmène dans un voyage fou qui va durer deux jours. Les personnages sont brillamment écrits et profondément attachants, interprétés avec brio par Vittorio Gassman en homme charismatique et charmeur, et Jean-Louis Trintignant dans ce jeune naïf timide qui semble être spectateur de sa propre vie. C'est une comédie, honnêtement drôle avec des scènes amusantes et ce klaxon fou qu'on a envie de détruire, tout en réussissant à être dramatique et très humain, décrivant merveilleusement bien les caractères des personnages sans jamais les faire passer pour des caricatures. En bref, c'est extraordinaire, le tout avec une fin totalement inattendue qui rend le film d'autant plus spectaculaire pour ce qu'il véhicule et ce qu'il montre.