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Un visiteur
5,0
Publiée le 19 mai 2020
Je croyais avoir vu ce film. Je n’en connaissais que la scène finale. Il m’a envouté. La beauté des comédiens, les images sans dialogue, les dialogues sans son, les scènes d’extérieur remplies de nostalgie, les scènes d’intérieur en noir et blanc. ces enfants si présents qui finissent par s’absenter et seulement les personnages nécessaires à l’histoire. Cette façon de filmer en alternant long travelling ou mouvement et plan fixe, les gros plan sur les visages; cette manière de raconter les êtres à travers leurs actions, leurs postures, les mimiques, leurs rires, leurs sourires sans nous infliger ce trop plein d’explications, cette géniale présence des absents qui vivent dans le langage muet des souvenirs : je crois bien, même dans la nouvelle vague n’avoir rien vu de tel pour raconter un homme et une femme. Et si beaucoup d’image et de dialogues tournent autour des métiers inhabituels des protagonistes, c’est que la plupart d’entre nous nous racontons par nos métiers en oubliant que nous sommes autre chose de bien plus grand. Peu importe qu’ils vivent dans un milieu aisé où l’on dispose du temps que l’on décide d’avoir pour aimer, peut importe si ce ne sont pas des gens ordinaires, il me semble que leur vie est à eux et qu’il ont fait en sorte qu’elle le reste. Aimer demande tout le courage que l’on veut ben s’accorder, C'est pour ma part ce que ce film me dit.
Que faut-il ajouter alors que tout a été dit sur ce film parut il y a tout de même presque 40 ans. Je me suis installée «de force» devant mon téléviseur histoire de regarder pour la toute première fois un classique du cinéma. Je fus totalement émerveillée par les images, l'ambiance, ce qui est dit et n'est pas dit... la musique. C'est pas tous les jours qu'on assiste ébahie à un mythe qui le deviens aussi pour soi-même. Je suis totalement et absolument CONQUISE.
Un joli film. Le sens du détail y est incroyable, les décors, les vêtements, le jeu d'acteurs paraissent tellement naturels, j'ai rarement eu cette sensation devant un film. Alors oui il y a des longueurs, mais pour ma part l'émotion était là ainsi que l'empathie pour les personnages, notamment grâce à la voix off et les très beaux flash-backs.
Voila une piece de Maitre. Lelouch a son septie'me film a cre'e une histoire d'amour, entre un homme et une femme . Ce film a gagne La Palme 'Or a Cannes 1966, deux Golden Globes et deux Oscars 1967.(Best Foreign Language, Best Screenplay), En plus il fut nomine' pour Best directeur et Best female role Annouk Aime'. et je fus surpris qu'il n'a pas gagne 'l'Oscar pour best Music, pour francis lai! En plus il a gagne' $14m qui a lance' en grand le nom de Lelouch comme Directeur de talent avec une celebrite' omdiale. Il a achete un manoir en Normandie, qu'il a converti en hotel avec des chambres nomme' par les plus grands acteurs du monde, et surtout francais, et avec son cinema integral!
capturer l’époque. capturer l’amour. A l’œil nu. poétique. fragmentaire. Un paysage amoureux Paysage vitesse, qui tourne en rond, des 24 h du Mans. Celui du rally, monte Carlo, cabarets et tournage sur rail avec chameau. Celui du bateau de pêche, de la voiture sous la pluie, long menteau brun et cardigan. Celui à cheval dans les blés, Barouh Aimée roulés dans la neige. Celui du cascadeur ou du pilote. Anne et Jean Louis. Celui des enfants. Au restaurant, à l’hôtel. L’amour comme un chien qui court sur la plage. Giacometti: "si une maison brûle à l’intérieur un Rembrandt et un chat, je sauve le chat. Et je le laisse partir ( c’est ça qui est beau ) Entre l’art et la vie, je choisis la vie."
On ne dit jamais , je crois, c'est un vieux livre. Mais un vieux film oui, et là, c'est est un.
On est séduit par la tendre et jeune beauté sensible de JLT et par le charme spontané du jeu de AA. Par contraste, les images de plage et de mer sont éternelles elles elles...
Bon. Ceci dit, j'avais vu le film dans les années 70. Je n'en gardais pas grand souvenir. Et pour cause. Ce qui m'a dominé hier soir c'est l'ennui. Le scénario plat, les longueurs hors sujet qui n'apportent rien.. Palme d'or ! ? Vieille. Pour un vieux film. De nos jours, on n'oserait même pas.
C'est fou ce qui peut se passer entre deux êtres dans le silence, dans les gestes qu'on n'ose pas. Claude Lelouch voulait un amour comme il en existe dans la vie et non au cinéma, et c'est exactement ce qu'on ressent. Ici, aimer à nouveau, c'est se cogner aux morts. Le point de bascule du film, c'est cette nuit d'amour où, en plein désir, Anne est arrachée à l'instant par le visage de son mari disparu qui resurgit. La mémoire qui s'invite dans le lit des vivants et tout tient là : a-t-on le droit d'être heureux après une perte ? Ce bonheur à portée de main qu'une part de soi s'interdit de laisser venir. Et c'est troublant de savoir que Lelouch l'a tourné au plus bas, lui qui avouait avoir eu envie de mourir à l'époque, comme si filmer un cœur qui repart l'avait sauvé du sien.
Deauville hors-saison fait le reste, plages désertes, brume, lumière d'hiver, et cette alternance noir et blanc / couleur née d'un manque de moyens qui devient un vrai langage, la nostalgie d'un côté, l'espoir de l'autre. Lelouch, son propre chef opérateur, filme caméra à l'épaule, tournoie autour des visages et signe des mouvements restés légendaires. Presque rien n'était écrit, alors Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant improvisent et disent tout d'un seul regard, sans avoir besoin d'un mot. Et puis il y a Francis Lai, sa toute première musique de cinéma devenue l'âme du film, la magie opère encore à chaque écoute.
Rien n'a vieilli ; il reste une sensation plus qu'un récit, la Mustang qui file vers elle, ce quai de gare où souffle un vent d'éternité. Tout est parti de la marche d'un Lelouch qui n'allait pas bien, sur une plage déserte, et il en est sorti l'un des plus beaux frissons du cinéma français.