Toute une nuit
Note moyenne
2,5
35 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

4 critiques spectateurs

5
0 critique
4
0 critique
3
1 critique
2
2 critiques
1
1 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Yannickcinéphile

2 879 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 2 avril 2016
Mon dieu ! Quelle journée molle ! Entre Le Rayon vert, Yeelen et Toute une nuit, je suis gâté ! Parce que là encore on tient un film vide et mou du genou.
Déjà c’est absolument terrible les films qui, se voulant très naturaliste, font en sorte que la bande son noie les dialogues ! Déjà que les dialogues se font rares dans le film, mais alors en plus si on les dissimule derrière la bande son autant dire qu’on entend plus rien ! Après je ne sais pas si c’est si terrible que cela, car je ne suis pas sûr qu’on est beaucoup de substance dans les dialogues ! On suit des personnages qui errent de ci de là, qui soi-disant se laissent aller à des excès, moi de ce que j’en ai vu c’est plus calme que dans le réfectoire d’un monastère de cisterciens ! Comme je l’ai dit le film est quasi-muet, il ne se passe strictement rien si ce n’est des personnages qui se regardent, qui s’observent, se murmurent des trucs incompréhensibles, et alors on ne ressent jamais, mais alors jamais l’ambiance caniculaire ! Le film est froid comme un glaçon dans son esthétique.
Une esthétique qui parfois surprend agréablement. Quelques beaux plans, surtout une agréable photographie, et des décors pas mauvais bien que très limités. Honnêtement sur le plan purement formel le métrage ne se débrouille pas mal et reste même tout à fait honorable, dommage que ce soit pour filmer du rien !
Les acteurs font ce qu’on leur demande, c’est-à-dire pas grand-chose. Ils se regardent, ils se murmurent des mots, ils traversent des rues, bref, rien de fameux ! On s’amusera de quelques seconds rôles un peu connus comme Tchéky Karyo, mais pour être franc la majorité des acteurs sont des inconnus et il n’y avait pas besoin de stars pour un tel film donc c’est aussi bien !
A noter que si la bande son est envahissante, elle est assez plaisante.
Bon, donc Toute une nuit est un film qui, comme beaucoup d’autres, possède une certaine esthétique, mais mise au service de rien, ou presque. On tiendrait un court que ce serait aussi bien, là la sauce se retrouve étalée sur 1 heure 30, et lorsqu’on n’a pas grand-chose à dire, c’est insupportable. 1.5
chrischambers86

16 164 abonnés 13 119 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 décembre 2012
Peut-être le moins connu et le moins aimè des films de Chantal Akerman! Dans "Toute une nuit", diffèrents personnages sont suivis une certaine nuit caniculaire de 1982 où ils veulent aller jusqu'au bout d'eux-mêmes! En même temps, c'est un film sur l'incertitude, sur les glissements, sur les fuites, sur ce qui ne se dit pas! Pourtant la mise en scène se veut aèrienne avec une ou deux bonnes scènes fragmentèes où l'on voit danser dans un cafè dèsertè deux inconnus sur "Ma rèvèrence" de Vèronique Sanson! il y a aussi un slow dans un couloir avec Aurore Clèment sur une très belle chanson italienne: "L'amore perdonera" chantèe par Gino Lorenzi! Rèalisèe dans une sorte d’ètat d’urgence, c'est une oeuvre mineure, un peu « rive gauche » , où le jeu des acteurs est quelque peu maladroit! De plus, la moiteur du film n'est pas vraiment palpable...
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 776 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 octobre 2025
Qui est le film ?
Sorti en 1982, Toute une nuit appartient à une période charnière de la filmographie de Chantal Akerman, après ses grands films des années 1970 (Jeanne Dielman, Les Rendez-vous d’Anna) et avant son tournant plus documentaire et essayistique des années 1990. Ici, il n’y a pas de protagoniste central, pas de récit continu, mais une mosaïque de fragments qui se déploient dans Bruxelles le temps d’une nuit d’été. En surface, le film promet peu, juste une expérience de la nuit comme matière cinématographique.

Que cherche-t-il à dire ?
Toute une nuit veut montrer comment la nuit transforme les rapports humains. Elle n’est pas décor mais révélateur : dans la pénombre, les hiérarchies sociales et les récits diurnes s’effacent pour laisser place à des désirs, des hésitations, des solitudes. Le projet est d’interroger la texture même du lien social contemporain : comment vit-on ensemble, comment se touche-t-on, comment s’évite-t-on, quand tout est ramené à l’essentiel.

Par quels moyens ?
Plutôt qu’une intrigue, le film accumule des vignettes sans causalité centrale. On passe d’un escalier à une chambre, d’une danse à une rupture. Cet éclatement crée une cartographie fragile des existences nocturnes. Le cinéma adopte ici la logique de l’ethnographie : mieux vaut multiplier les micro-événements que chercher une synthèse.

Les plans s’étirent, les silences s’imposent. Cette lenteur est politique chez Akerman. Elle nous oblige à ressentir l’attente, la répétition, l’usure, ces conditions concrètes dans lesquelles se fabriquent les relations. Beaucoup de choses restent hors-champ ou à peine entrevues. Akerman refuse la transparence et impose au spectateur une posture de co-constructeur du sens.

Où me situer ?
Je peine à entrer dans ce dispositif tant il me paraît corseté, fermé sur lui-même. La fragmentation et la lenteur qu’Akerman revendique ne me semblent pas ouvrir un espace d’expérience, mais au contraire restreindre la possibilité d’y croire. Les gestes se répètent et finissent par m’ôter toute curiosité. L’absence de repères narratifs ne m’invite pas à me perdre, elle me laisse simplement à distance, devant un cinéma qui, pour moi, confond austérité et profondeur.

Quelle lecture en tirer ?
Qu’advient-il des relations humaines quand on les observe dans leur nudité nocturne, quand on les réduit à des gestes et à des durées ?
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 400 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 octobre 2024
Ressortie en salle d'un premier volet de huit opus de la cinéaste belge Chantal Akerman qui a décidé de nous quitter en 2015.

Relevant du cinéma d'auteur le plus strict, l'oeuvre de la cinéaste a ses aficionados ( l'autrichien Michael Haneke et le nord américain Gus Van Sant notamment ) et ses détracteurs qui qualifient son travail artistique " d'intellectualisme".

La biographie de Chantal Akerman, éclaire sans doute ( c'est mon hypothèse) une filmographie qui peut ( à juste titre) manquer de clarté sus ses intentions.

Que l'on soit dans ses documentaires ou dans ses films de fiction ( " Toute une nuit" 1982, présenté en CO Venise et reparti sans récompense), Akerman s'attache à montrer le caractère répétitif des comportements de l'espèce humaine et par conséquent la tristesse que lui renvoie le regard qu'elle porte sur la vie.

" Toute une nuit" montre une suite de variations autour de bref échanges au sein de couples pendant une nuit chaude d'été. Certains sont au début de leur relation, d'autres connaissent des problèmes relationnels, d'autres se séparent.

On notera la présence de la mère de la cinéaste dans un des rôles ( le couple ne va pas bien). Le film doit aussi ( me semble t il) être vu par le prisme de la bipolarité de Akerman et de sa fin tragique.

Pour Akerman, comme pour le hongrois Bela Tarr ( dont le style artistique n' est pas sans faire penser à celui de C.A) selon ma proposition, la vie est monotone, sombre ( tout le film ou presque, se déroule la nuit) et finalement partout la même.

"Toute un nuit" semble vouloir nous dire que même la relation amoureuse, qui paraît être une solution pour rencontrer la félicité, débouche sur la déception.

Akerman n'aidera en rien le spectateur, qui sera livré à ses propres conjectures pour interpréter le film. Mieux vaut être prévenu.
Les meilleurs films de tous les temps