Cette sorte de puzzle, les scènes qui se recoupent et nous éclairent petit à petit sur le sens de cette histoire et à travers différents points de vue, est le seul élément intéressant de ce film. Pour le reste, musique insupportable, acteurs moyens, certaines scènes vraiment pas essentielles.
Présenté lors du festival de Cannes 2008, "Adoration" de Antom Egoyan sort un an plus tard en France. J'ai longtemps hésité à aller le voir au cinéma, finalement je me suis laissé influencé par les critiques, qui sont assez moyenne (presse comme spectateurs). Une fois vu, je dois dire que j'ai vraiment apprécié ce film. Très intriguant au départ, le film m'a fait pensé un puzzle, qu'il fallait reconstitué. Petit à petit, les pièces prennent place, et tout devient plus clair. "Adoration" est un film complexe, très intelligent, que j'ai trouvé très touchant. L'histoire est très belle, les acteurs sont très bons, très bonne Bande originale. Trés bon film, tout simplement.
C’est vrai : "Adoration" est un film brut, verbeux et très intellectualisant. Ne cachons d’ailleurs pas que rentrer dans le film est un exercice bien rude. Les dialogues, la musique, et surtout ce montage qui reconstruit sans cesse la trame de façon non-linéaire, sont autant d’épreuves à surmonter et sur lesquels Atom Egoyan ne nous aide que bien peu. Mais une fois que l’on supporte ces fardeaux, ils deviennent incontestablement la source d’allégresse de ce film qui, par sa science du brassage des idées et des images, parvient incontestablement à toucher quelque chose de profond et de juste à la fois. Même si dans cette entreprise d’artifices certains tours crissent un peu et nous font parfois décrocher, la magie dans son ensemble opère et sait – à de nombreuses reprises – nous porter dans un autre monde, dans un autre espace, celui du cinéma total. Eprouvant donc ; inégal certes ; mais positivement marquant à n’en pas douter.
Ce film est nul. Déjà graphiquement parlant, j'ai trouvé l'ensemble assez laid et la musique vraiment désagréable (sous prétexte de tourner autour d'une vague allégorie avec un violon). Ensuite, on a du mal à comprendre où veut en venir Egoyan et on se demande même si lui le sait vraiment. Il essaie de traiter plein de sujets à la fois (terrorisme, identification, rôle d'Internet, mensonge/vérité et crédibilité) , ce qui rend la réflexion inutilement compliquée et amène le spectateur au milieu d'une espèce de labyrinthe intellectuel ou vient se mélanger un labyrinthe d'explication de l'histoire racontée par le personnage principal. En bref, on essaie de tout suivre à la fois et on finit par perdre le fil et à se détacher de ce que veut faire porter le film pour s'attarder sur les dialogues convenus de chaque personnage joué par des acteurs qui ne jouent pas très bien et une fin volontairement attendue qui sonne un peu "tout n'est pas rose mais tout n'est pas gris non plus mes enfants".
Atom Egoyan sème le trouble avec son dernier film où un adolescent réinvente les circonstances de la mort de sa mère. Avec Adoration, on ne parvient pas à savoir où le cinéaste veut en venir. Les propos ne sont jamais clair et l’ensemble ne parvient pas à convaincre. Désordonné dans la mise en scène, Atom Egoyan perd le spectateur en court de route et ne lui remettra jamais la main dessus !
Un beau film intelligent, complexe, touchant à la mise en scene parfaitement maitrisée. Egoyan retrouve l'intensité de ses premiers films, un peu diluée dans ses films americains récents
Des sentiments mitigés sur ce film, un thème original plaisant et intelligent ( comment gérer l'aversion et l'affection que l'on peut porter à la même personne quand celle-ci est proche de soi ) ainsi qu'une approche des dérives d'internet. Des acteurs touchants, une bande-son agréable mais ce qui pêche à mon goût est un sentiment de longueur immobilisante
Le roi des récits en poupées russes est de retour. Et il a plutôt la forme ! Plus austère que "La vérité nue", ce nouvel opus n'en n'est pas moins passionnant. On retrouve la réflexion sur la réalité chère à Ergoyan (chacun se reconstruit sa propre réalité en fonction de ses traumatismes ou de ses désirs et les individus ne communiquent qu'à travers ces artefacts de réels). Ainsi qu'une réflexion sur les outils de communication, amorcée dans ses premiers films, et ouverte ici sur le net. Le regard qu'il porte sur ce média est à la fois original et terrible : pour lui, ce n'est pas le lieu de l'expression démocratique mais celui de l'accomplissement d'une névrose. Peu importe que ce soit un mensonge qui déclenche le "buzz", ce qui compte c'est qu'il permette à chacun d'exprimer ses propres obsessions... A la fois intriguant et glaçant, le film déploie implacablement sa structure sinueuse et ambigue, chaque élément venant peu à peu éclairer les liens enfouis qui agencent l'ensemble. Il y a certes moins de plaisir esthétique que dans "De beaux lendemains" ou "Exotica", la jouissance est d'avantage cérébrale... Mais le film n'en n'est pas moins obsédant. Et longtemps après la fin de la séance, on continue de dénouer les fils complexes de cet intriguant récit...
Comme souvent, grand retournement critique pour un des cinéastes les plus passionnants de notre temps, au seul motif qu'il creuse son sillon et que des spectateurs sont blasés face à ce qu'ils pensent avoir déjà vu. Adoration n'est sans doute pas le plus grand film de son auteur, n'a pas la plénitude stylistique d'Exotica ou des Beaux Lendemains. Mais contrairement à ce que j'ai lu ici et là, ce film ne tourne pas à vide et la patte d'Egoyan est bien là pour servir une matière foisonnante, comme souvent. Seulement, cette matière, dont on peut penser tout d'abord qu'elle va donner lieu à des discours, n'est là que pour permettre le développement des personnages et de leurs conflits intérieurs, pour mieux comprendre de quoi ils se composent, et ce qui peut menacer de les faire exploser (le mot-clé du film, prononcé dans des contextes différents). Alors, évidemment, les points de vue exprimés sur internet à cause des révélations faites par le personnage de Simon sur sa famille ne sont ni ceux de l'auteur, ni là uniquement pour eux-mêmes. En revanche, ils permettent à Egoyan de montrer à quel point la multiplication des points de vue n'aboutit pas à une unification quelconque, et conduit même peut-être à la nullité du point de vue. Mais surtout cela lui permet de montrer comment Simon, et les autres personnages avec lui, vont être obligés de sortir de leur bulle pour pouvoir avoir accès à une certaine vérité d''eux-mêmes et de leur rapport au monde. Film-puzzle moins brillant que les plus brillants de ses films, Adoration n'en est pas moins pleinement un film d'Egoyan, soucieux de la compréhension des sentiments de ses personnages et de leur façon de ritualiser leur vie, en particulier grâce à des récits, des jeux, des mensonges. L'accuser de vouloir "traiter des sujets" me semble donc une erreur. Accompagné par une musique particulièrement prenante de Mychael Danna, Adoration balaie bien des thèmes mais ne les traite pas. Il amène à se poser des questions passionantes.