Big Eyes
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Flaw 70
Flaw 70

277 abonnés 422 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 mars 2015
Le passage au 21ème siècle n'a pas été tendre avec Tim Burton, qui avait avant ça réussi à créer des films originaux avec un style visuel unique et inventif. Véritable faiseur de génie, il a même réussi à faire de lui un auteur graphique liant ses films non pas par des thématiques précises mais par des codes visuels, la récurrence de certains acteurs et la musique de ses films, il est un auteur visuel plus que cérébral. Et c'est malheureusement ce qui handicap aujourd'hui son cinéma, cette absence de fond dans une époque où les prouesses visuelles ne sont plus suffisante. Car voilà, les années 2000 sont arrivés et Burton s'est quelque peu perdu. Non il n'a pas perdu ses frasques visuelles bien au contraire mais il a perdu le supplément d'âme qu'il injectait dans celle-ci, ne restant plus que des films kitsch, mais dans le sens ridicule du terme, enfantin et vide. Le problème c'est que Burton s'est mis à appliquer la même recette encore et encore sans véritable génie ne devenant plus qu'un cliché de lui-même. Pourtant tout n'est pas à jeter dans cette période de la carrière de Burton, Big Fish est un bon film qui donne de manière bienvenu avec les autres œuvres du cinéaste et Frankenweenie retrouvait un peu le charme de ses anciens films. Mais qu'en est-il de cette nouvelle réalisation de Burton ? Inspiré d'un fait réel, Burton s’apprête-t-il à signer le Ed Wood du 21ème siècle ? Et bien oui, Burton signe le Ed Wood de son temps et il est à l'image de la période actuelle, inférieur en tout point à son aîné. Pourtant les deux films ont des thématiques communes comme un propos similaire, celui d'une belle déclaration d'amour à la créativité aussi imparfaite soit-elle. Car ici l'important c'est de laisser parler la créativité et l'originalité en donnant de soi-même, de son âme dans son oeuvre. Chose que n'a plus fait Burton depuis bien longtemps et ici il semble faire un mea culpa. Une critique dans le film dit que les tableaux des enfants aux grands yeux ne sont que des copies d'elles-mêmes à tel point qu'elles en ont perdu leurs âmes passant de l'art à la poubelle. Et d'une certaine manière c'est ce que l'on peut reprocher aux films de Burton, de n'être que des copies informes, impersonnelles et vides des vrais œuvres d'art de Burton, ici il semble prendre conscience de cela et semble s'en excuser même si il ne se condamne pas totalement. Car ce qui est en cause ici c'est le producteur, celui qui exploite le travail d'un autre pour en faire profit, qui dénature et malmène la créativité au point même d'en faire un produit commercial ( les différents accessoires fait à partir des "Big Eyes" ). Burton serait donc entrain de faire une critique contre Disney qui à étouffé et dénaturé son travail ? J'en doute mais c'est clairement ce qu'il pointe du doigt. Car aussi cupide que peut être le producteur, il est aussi un fin manipulateur et un grand vendeur, malgré ses nombreuses tares notamment le mensonge, il est un illusionniste hors pair, un artiste à sa façon. Ici d'ailleurs la relation entre Margaret et Walter est vraiment fascinante, jouant habilement le jeu de miroirs avec la situation actuel de Burton. Le film en devient donc par ça très personnel surtout que sa critique s'étend assez loin faisant du film une oeuvre très dense. Parce que l'histoire de Margaret n'est ici qu'un prétexte, d'ailleurs c'est le gros défaut du film car au final les personnages ne sont pas développés outre mesure, les parts les plus intéressantes de leurs psychologies étant passez sous silence. Le film traite sa trame principale de façon succincte et léger faisant souvent les mauvais choix, la voix-off est inutile n'apportant rien au film rendant juste la narration classique, les ellipses s’enchaînent très vite évitant tout approfondissement des relations pour aller à l'essentiel faisant que l'ensemble manque cruellement d'émotions. Sans parler des personnages secondaires totalement oubliés et sous exploités, aux interventions anecdotiques et la relation mère-fille quasiment passé sous silence. On ne s'impliquera donc jamais vraiment dans cette histoire pourtant passionnante, car malheureusement même le personnage de Margaret est maladroitement traité, son parcours psychologique étant d'une simplicité déconcertante, dénué d'enjeux forts. Au final on s'intéressera d'avantage à ce que cette histoire a à nous dire et non pas à ce qu'elle raconte. Ici il est question d'émancipation de la femme et de sa nouvelle place dans la société, Burton signant un joli pamphlet féministe, et de la commercialisation excessive de l'art dans une société en pleine évolution qui sacrifie l'art pour en faire un produit de transaction. Il sera d'ailleurs question d'héritage, qu'est ce qu'on lègue aux nouvelles générations, et la réponse du film sera la domination, le mensonge et la déshumanisation. On retrouve l'aspect déshumanisé et cauchemardesque des banlieues propres au cinéma de Burton qui cache en son sein, malgré un aspect coloré, le malheur conjugal. Au final Margaret quitte une tyrannie pour une autre, elle part loin de son mari pour tomber dans les Témoins de Jéhovah, deux univers différents mais pourtant régis par les mêmes codes, la domination par les règles toujours plus strictes, la manipulation et la déshumanisation par le vole de l'identité, avec son mari elle ne peut pas être elle même et avec les témoins de Jéhovah est succombe à une doctrine de groupe où chacun est similaire à l'autre, retrouvant ainsi le thème des copies sans âmes mais ici à l'échelle humaine. Donc le final même si il exprime une certaine forme de libération et assez symbolique et très pessimiste, Margaret ne sera jamais vraiment libérée, devant même demander l'accord des Témoins de Jéhovah pour le procès contre son mari, comme les femmes sont encore aujourd'hui obligées de ce battre pour leurs droits et être considérées égales à l'homme. Le message du film étant donc ici clairement trouble car même si une certaine forme de libération à lieu, elle ne sera pas complète. En plus de ça Burton pousse une belle réflexion sur la force du regard et de la perception, sur ce qui pousse à dire qu'une oeuvre est belle ou non, sur la vision du monde de tout à chacun avec l'envahissement d'hallucinations dans la psyché de Margaret qui voit son monde pervertit et arrachés à elle, à tel point qu'il en devient une propriété publique. Les yeux sont donc les miroirs de l'âme mais aussi la force de celle-ci, qui nous définit à travers ce que l'on voit, qui nous aide à être fort et à s'émanciper, Margaret détournant le regard sur les mensonges de son mari, fermant les yeux sur ses agissements, l'absence de regard est ici une soumission, une prison. Et c'est lorsqu'elle fait face à la vérité, qu'elle la confronte et qu'elle regarde vraiment son mari qu'elle peut s'émanciper. Le film est donc ainsi métaphoriquement passionnant même si il faut repérer ses différents niveaux de lectures pour l'apprécier pleinement car malheureusement sa trame principale, n'est qu'un prétexte, une allégorie pour des thèmes bien plus vastes qui font encore écho aujourd'hui, voire peut être même plus encore qu'à l'époque. Sinon le casting est globalement bon même si les acteurs secondaires non pas la place pour s'imposer, notamment Danny Huston qui est assez transparent, comme Jason Schwartzman et Terence Stamp d'ailleurs, qui reste malgré tous égal à eux-même tandis que Kristen Ritter apporte son charme avec élégance s'approchant beaucoup des personnages féminins typiquement burtonien. Néanmoins Christoph Waltz et Amy Adams assure le spectacle, lui cabotine beaucoup est n'est clairement pas dans son meilleur rôle mais il arrive toujours à créer une énergie assez impressionnante tandis que elle offre une prestation habitée et à fleur de peau jouant sur plusieurs palettes d'émotions. Elle s'impose véritablement comme une très grande actrice. Pour ce qui est de la réalisation, celle-ci est plutôt bonne avec une photographie très colorée et esthétisante, le montage est classique mais efficace notamment dans la gestion des ellipses mais malheureusement la BO de Danny Elfman est très faible et peu inspirée. La mise en scène de Tim Burton se fait plus classique et traditionnelle, celui-ci aseptise grandement son style même si il garde ce qui fait sa patte, son univers étant assez proche de celui des Big Eyes et on voit qu'il a véritablement été marqué par ses peintures. Donc même si il change quelque peu sa forme, sa mise en scène reste quand même très maîtrisé et accompagne le récit à merveille. En conclusion Big Eyes est un bon film qui même si il peut paraître différent dans l'oeuvre de Burton, il en reste pour autant un de ses films les plus personnels, à l'image d'Ed Wood. Cependant ce n'est clairement pas son plus abouti, le film souffre de nombreux défauts faisant qu'il est souvent bancal voire maladroit dans son approche. Mais le film à le mérite d'être honnête et d'être vaste dans les sujets qu'il aborde, le film étant d'ailleurs plus intéressant dans son sous-texte que dans son histoire principale. C'est donc assurément le film le plus traditionnel de l'oeuvre de Burton mais aussi son meilleur du 21ème siècle qui pose un regard tendre sur la femme et l'art dans ce qu'ils ont de plus purs et de plus authentiques tout en étant une satire habile de la société, devenue très consommatrice, et de sa déshumanisation dans tous les domaines.
Artriste
Artriste

190 abonnés 2 401 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 avril 2017
Avec Big Eyes, Tim Burton nous raconte l'histoire vraie de Margaeth Keane à travers un film très réussi. En effet l'histoire de cette femme est intéressante et offre un bon scénario plaisant à suivre. Je suis immédiatement rentré dans cet univers de l'art. Mais le film repose clairement sur ses deux personnages principaux à savoir Margaret et Walter Keane interprété par deux excellents acteurs que sont Amy Adams et Christoph Waltz. Leur relation est au cœur du long-métrage et en est tout l’intérêt. Elle, est une femme aimante, docile, soumise mais consciente de cela. Elle est prête à accepter certaines choses pour le bienfait de sa fille. Elle essaie de faire les bons choix et est consciente de ses erreurs mais elle est sous l'emprise de lui, ce beau parleur, menteur, plein d'assurance et d'aplomb, obséder par l'argent et qui devient agressif et violent lorsqu'il boit. Les deux ont besoin l'un de l'autre même si elle est plus sincère que lui. spoiler: Du coup de cœur, au rapide mariage jusqu'au déchirement
c'est un régal de suivre leur histoire. Les autres personnages sont tous réussi et les dialogues sont très bons. J'ai particulièrement apprécié la scène spoiler: du tribunal ou Christoph Waltz est totalement en roue libre
. L'autre gros point fort vient des toiles que je trouve magnifiques. J'adore voir chaque tableau et j'ai été gâté car ils sont nombreux, je trouve ce style des gros yeux très touchant. Je suis vraiment sous le charme. Pour le reste la réalisation est bonne, les décors sont colorés et l'ambiance des années 50/60 est superbe, la b.o. fait son travail et la fin est satisfaisante. Je ne peut vraiment que vous conseiller ce Big Eyes qui est un très bon film.
shindu77
shindu77

117 abonnés 1 699 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mars 2015
Un bon film de Tim Burton sur une histoire assez méconnue pour ceux n'étant pas dans le monde de l'art. Un excellent duo d'acteurs, une réalisation efficace, beaucoup de couleurs rendent le film très sympathique. Mon 4 est légèrement surnoté mais le film est vraiment agréable à voir !
AHEPBURN
AHEPBURN

112 abonnés 514 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 mars 2015
Le film n'est pas exceptionnel en tant que tel c'est le jeu d'acteur qui est truculent en particulier sur la dernière demie heure. C'est surtout cette partie qui m'amène à donner cette note.
Legion666
Legion666

31 abonnés 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 mars 2015
Voila preuve est faite que Tim Burton est un vrai réalisateur et un bon! Pas besoin de ses artifices habituels, il prouve ici qu'en réalisant des films classiques il sait également faire preuve de qualité. Son précédant film "normal" est aussi un Biopic, et même si Big eyes n'atteint pas les sommets de Ed Wood, j'ai pris plaisir a regarder ce film! Lorsque l'on voit les tableaux Margaret Keane on sait ou Tim Burton a cherché son inspiration pour l'apparence atypique de ses personnages animés.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

257 abonnés 2 705 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 juillet 2020
Big Eyes est un film plutôt réussi de Tim Burton (ça commence à faire longtemps après Dark Shadows et Alice aux Pays des Merveilles).
Reprenant une histoire vraie (avec une certaine fidélité j'ai l'impression), l'intrigue rend hommage à la peinture et en particulier au style de Margaret Keane spoiler: (dont le mari profitait du talent pour s'attribuer toutes ses œuvres en son nom)
. Le film est plutôt drôle et les personnages sont attachants.
On retrouve très peu la patte de Burton dans ce film (d'habitude beaucoup plus ostentatoire dans ses films) à commencer par les décors colorés et ensoleillés de San Francisco et d'Hawaii qui dénotent beaucoup avec les visions gothiques habituelles du cinéaste.
Les acteurs sont plutôt bons. Amy Adams est plutôt juste et Christoph Waltz est très drôle en charmeur puis antagoniste pathétique.
Après une période assez peu (pour ne pas dire très peu) inspirée, ce film-ci, pourtant assez discret au sein de la filmographie du réalisateur gothique, est vraiment séduisant.
Nitquen57
Nitquen57

31 abonnés 348 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 avril 2015
Le nouveau film de Tim Burton tant attendu...enfin de Tim Burton...

Voilà, premièrement, si vous vous attendez à un long-métrage Burtonesque avec tous les gimmicks habituels, n'y allez pas, vous seriez déçus, en même temps vu le faible budget du film, la marge de manoeuvre a dû être compliquée...
Si vous passez ce cap, foncez.

Le film est très classique, inutile de le nier, la réalisation n'est pas transcendante, réussie, mais pas transcendante. On retrouve peu de choses du réalisateur, à part peut-être une scène ou deux rappelant son style, mais c'est tout. Pour le reste, je ne sais pas qui est son directeur photo, mais l'image est sublime, et les décors des années 60 sont magnifiquement retranscrits et très colorés, une vraie explosion visuelle qui fait plaisir.
De plus, après 50 nuances de Grey, ça fait du bien de voir que Danny Elfman n'a tout compte fait pas perdu son talent, qui accompagne parfaitement l'ambiance glamour de cette époque.

Tout ceci est très beau mais n'est pas le plus intéressant.

L'histoire, et par conséquent le scénario, sont plutôt réussis, et même si j'en ai un petit peu assez des biopics, on se rends vite compte qu'on est beaucoup plus attirés par une intrigue que l'on ne connaissais pas avant plutôt que le contraire. Seul petit bémol, la résolution du conflit est anticipable à des kilomètres et on a un vague de sentiment de "bah, enfin !" une fois la fin du film arrivée.

Si toute cette histoire vit et n'est pas lassante pour nous, pauvre spectateur, c'est que l'interprétation est juste magistrale. Evidemment, Tim Burton a toujours bien dirigé ses acteurs, chose aisée quand on tourne neuf fois avec eux, mais plus complexe quand on les change.
Christoph Waltz est très bon, comme à l’accoutumée, et nous fait une nouvelle démonstration de son talent (merci Quentin Tarantino de nous avoir sorti ce monsieur du placard). Néanmoins, après Fighter, Amercian Bluff, Man of Steel et j'en passe, je pense ne jamais avoir vu Amy Adams aussi bien jouer.
Donc en gros le couple est parfait, source d'empathie et de sympathie, et on ne se lasse pas de voir leur amour décadent à l'écran.

Big Eyes est donc, malgré son côté académique, une réussite selon moi, en espérant que TimTim réussira à intégrer son univers dans ce genre de réalisation plus sérieuse et plus novatrice.
Cinéphiles 44

1 681 abonnés 4 674 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 mai 2015
Fidèle à lui-même, Tim Burton continue son folklore tout en y apposer un réalisme certain. Big Eyes raconte la condition de la femme dans les années 50 et 60 en dressant le portrait d’une artiste incroyable mais soumise aux hommes quelque soit leur demande. En confiant les rôles principaux à Amy Adams et Christoph Waltz, le réalisateur ajoute un gage de qualité à son long-métrage. L’actrice se révélant être de plus en plus poignante, occupe encore une fois l’écran avec brio. L’acteur habitué des rôles de méchants, s’adaptent de toute façon, toujours à ce qu’on lui donne. Son grain de folie fait rire mais fait aussi peur. La fameuse scène des allumettes dans la serrure rappelle d’ailleurs Shining de Kubrick. Le cinéaste n’oublie jamais non plus, la qualité de ses décors et des costumes. Ceux-ci sont vivants, colorés et il était grand temps que Burton s’attaque à cette période esthétiquement parfaite. Big Eyes est donc un film surprenant et il est assurément compréhensible que le réalisateur ait trouvé influence envers Magaret Keane et ses grands yeux.
D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
À Crocs D’Écrans
À Crocs D’Écrans

219 abonnés 1 114 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 mars 2015
Big Eyes est un film plaisant, qui se laisse regarder, mais qui s'avère sans saveur. Où est la patte de Tim Burton? Où est l'originalité, la folie du réalisateur? La réalisation est tout à fait correcte, les acteurs jouent leurs rôles de très belles façons, mais le tout s'avère vraiment très banal, d'où notre déception. Ceci nous confirme que Tim Burton, même s'il fait le travail, perd de sa superbe ces dernières années. Dommage.
En résumé, un film bien fait mais sans âme.
Spider cineman
Spider cineman

216 abonnés 2 554 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 février 2023
Histoire vraie et surtout incroyable imposture dans le domaine de l art, c est aussi un bon scénario et un jeu d acteurs à la hauteur pour restituer cette arnaque
LeFilCine
LeFilCine

199 abonnés 638 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 mars 2015
Les "Big Eyes" étaient des tableaux peints par Margaret Keane dans les années 60, dont le mari (Walter Keane) s'attribuait la réalisation. Ce dernier, de par son bagout et ses talents économiques, permit à ces peintures d'enfants aux grands yeux de connaitre un grand succès. Seulement, la supercherie ne dura pas, et la jeune femme finit par dévoiler toute la vérité. Tim Burton quitte ici ses terrains de prédilection du gothique et du fantastique pour nous raconter cette histoire authentique, un biopic en quelque sorte, pour notre plus grand plaisir. Il y met en effet des formes toutes particulières : reconstitution kitsch de l'époque, couleurs vives, dialogues ciselés et une petite dose de burlesque. Le film est bien écrit, très agréable à suivre et interprété à la perfection par le savoureux duo Amy Adams - Chritoph Waltz. Ce dernier compose un personnage à plusieurs facettes, excessif, grandiloquent, et surtout mythomane de première. Waltz se régale donc dans l'interprétation de ce beau parleur, délicieux au départ et dont les zones d'ombres se révèlent au fur et à mesure. Le comédien en fait des tonnes et c'est un régal. Amy Adams est toute aussi brillante dans ce rôle de femme soumise et dépassée par les évènements. Tim Burton aborde également avec malice d'autres thèmes que celui de ce couple déchiré, notamment celui du monde de l'art. Il tente une démonstration pleine d'ironie sur le rôle de la critique et de la médiatisation, dans l'évaluation de la valeur d'une toile. Il décrit aussi l'émancipation compliquée des femmes à cette époque. Au final, Tim Burton signe un film très divertissant, plein de pistes de réflexions, et comme toujours visuellement très beau.
fresh-BUZZ
fresh-BUZZ

45 abonnés 712 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 mars 2015
Tim Burton avec son 17e film se débarrasse de ses codes de réalisation et de ses univers fantaisistes qui lui ont valus sa notoriété, il signe là un petit film dans lequel on ne retrouve jamais vraiment sa patte et qui souffre d’un total manque d’ambition, mais heureusement qu’il y a seize long-métrages avant Big Eyes car sinon "l’univers Burton" serait totalement absent. On retrouve ici tout les thèmes qui lui sont chers et c’est ce qui fait tout l’intérêt du film, on peu y voir la situation de son réalisateur face à son art, mais à côté de ça Big Eyes est aussi un joli portrait de femme.
- La suite de cette critique dans le lien ci-dessous... - *FreshBuzzCinéma*
Jean Marc Dinaut
Jean Marc Dinaut

24 abonnés 314 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 mars 2015
Le biopic peut s'avérer un exercice périlleux et ennuyeux. Celui ci, d'un intérêt discutable, en est l'exemple. Franchement à part la prestation honorable des acteurs avec toutefois un bémol sur le sur jeu et l’exaspération que suscite Chistopher Waltz, j'ai eu beaucoup de mal à m’intéresser au film et à cette histoire d'escroquerie somme toute assez banale. Alors je me suis rabattu sur l'esthétique du film. Dans ce registre je reconnais que les couleurs, la précision des décors, l'éclairage sont soignés. Par contre en ce qui concerne la patte du maître, que nenni, on peut chercher on ne l'a trouve pas. Balayé les effets de caméras, balayé l'audace de la mise enscène. Rien ici ne rappelle que l'on est dans un film de Tim Burton En conclusion, je me demande pourquoi un génie cinématographique tel que Tim Burton est allé faire dans cette galère, dans ce super téléfilm. C'est navrant !
Squall Monchagol
Squall Monchagol

14 abonnés 60 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 mars 2015
Mouais... Ce n'est pas mauvais en réalité, c'est même plutot bien réalisé. Mais qu'est ce que c'est ? Un biopic ? C'est totalement romancé. Un drame ? C'est trop coloré, le jeu est trop léger et les réactions sont surfaite. Une comédie ? L'histoire est trop sérieuse et certaines scène trop dur. Alors quoi ? Et bien c'est un peu de tout, et enrobé d'un univers burtonnesque coloré et tordu. Finalement...c'est un gros mélange qui ne prend pas. On ne peut pas vraiment rire car c'est grinçant, on ne peut pas vraiment s'inquieter puisque c'est inconsistant et décalé, et c'est trop loin du reel pour qu'on puisse en tirer un enseignement. C'est bien, parce que les acteurs ne sont pas mauvais et que c'est bien réalisé, mais c'est raté parce que ça ne fonctionne pas quand c'est mis tout ensemble. Un film totalement éclaté qui m'interroge encore.
GrandSephiroth
GrandSephiroth

70 abonnés 727 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 janvier 2016
Deuxième biopic de Tim Burton vingt ans après l'étrange Ed Wood, Big Eyes se concentre sur l’une des plus grandes impostures de l’histoire de l’art avec le peintre Walter Keane, qui a connu un immense succès et révolutionné le commerce de l’art à la fin des années 1950 et au début des années 1960 grâce à ses énigmatiques tableaux représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. On suit l'éveil artistique de Margaret Keane, interprétée par Amy Adams (Il était une fois, The Master, Man of steel), peignant sa jeune fille avec toujours le même regard et exposant ses tableaux sur les marchés en restant très discrète. Elle y fait vite la connaissance de Walter (magnifiquement interprété par le très talentueux Christoph Waltz), qui va user de sa grandiloquence pour faire vendre ses tableaux en les exposant dans un club de jazz, avant de se marier avec elle et de partir en lune de miel à Hawaï.

Très caractéristique de l'art abstrait de Tim Burton, Big Eyes est surprenant et intrigant de bous en bout. Sous ses faux airs de Nadine Morano, Amy Adams joue une artiste tellement discrète qu’elle se fait manger son oeuvre et vit dans l'ombre de son mari afin de lui concocter de nombreux tableaux afin qu'ils puissent en vivre grâce à ses talents de vendeur, spoiler: allant jusqu'à faire vendre des affiches et des cartes postales copiées de ces mêmes affiches.
Si l'on peut d'abord penser que son mensonge a de bonnes intentions en rapportant de l'argent pour Margaret et sa fille, Walter devient de plus en plus suspicieux avec spoiler: l'interdiction à Jane de rentrer dans l'atelier
, son culot face à sa femme qui n'ose dire que les tableaux sont d'elle, ses quelques coups de colère et sa folie commerciale (le passage au centre commercial étant un bon exemple) allant jusqu'à les faire vivre dans une très grande maison à Hawaï.

Le personnage sombre réellement dans la folie spoiler: alors qu'on apprend qu'il n'avait en fait jamais peint, s'étant approprié les paysages de rue d'un autre artiste.
La scène qui suit rappelle fortement Jack Nicholson dans Shining spoiler: alors qu'il poursuit Margaret et sa fille puis fait passer des allumettes enflammées à travers le trou de la serrure de la pièce où elles se sont enfermées
(l’œil vert à travers la serrure faisant partie des plans les plus significatifs). Le film vire alors à la comédie dramatique, sous la musique très artistique de Danny Elfman et alors que Margaret dévoile enfin tout au grand jour spoiler: et piège son désormais ex-mari lors d'un procès.
La qualité de la narration et la talent d'orateur de Christoph Waltz font de ce film une très bonne référence !
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