Fasciné et influencé par les tableaux des Big Eyes depuis des années, Tim Burton s'est donc lancé dans la réalisation de ce film retraçant l'immense arnaque qui a couru des années à propos des tableaux, peints par Margaret Keane mais dont Walter, le mari, s'appropriait la paternité. Il y a bien évidemment là matière à raconter une histoire très intéressante mais Tim Burton ne parvient jamais vraiment à faire décoller son scénario, beaucoup trop plat. La faute à des personnages difficilement attachants, que ce soit la pauvre Margaret qui se laisse rapidement entraîner dans cette combine qui ne lui convient pas et à son mari, véritable salaud, artiste raté qui n'a aucune honte à s'approprier le travail de sa femme. Si Amy Adams et Christoph Waltz ont toutes les qualités requises pour apporter de la crédibilité à ces personnages, on aura franchement du mal à se passionner par cette histoire filmée bien sagement par un Burton qui ne prend même pas la peine de faire exister ses seconds rôles.
Inspiré de l'histoire vraie des époux Keane, peintres célébres des années 60, le dernier film de Tim Burton (Dark shadows, Alice aux pays des merveilles, Charlie et la chocolaterie, Les noces funèbres, Mars attacks, Edward aux mains d'argent, Ed wood, Batmans... )regroupe une sommité de talents, à commencer par Tim Burton lui-même, complétée par les acteurs, Amy Adams (Her, American bluff, Man on steel, Il était une fois...) et Christoph Waltz (Django Unchained, Carnage, Inglorius Basterds...). La magie enchanteresse type "conte de fée" du réalisateur a encore sévi. Un pur et bon moment de cinéma...
Voilà un film de Tim Burton qui sort de son univers habituel. Le film traite d'une certaine forme d'usurpation d'identité, mais, ce qui est vraiment terrible, c'est que le véritable artiste a besoin de l'usurpateur pour pouvoir vivre de son art. On reconnait malgré tout la patte de Tim Burton dans la manière de traiter le personnage de Walter, le faux peintre. Dans un autre genre que "Un Homme idéal", le film dévoile petit à petit la vraie personnalité du "peintre" usurpateur, en ménageant un certain suspens dans l'évolution des deux personnages principaux. Mais à la différence du film de Yann Gozlan, "Big Eyes" débouche sur un véritable affrontement entre cet usurpateur, génie de la communication, et la véritable artiste en mal de reconnaissance. Christoph Waltz (Django Unchained) est excellent dans le rôle de l'usurpateur mégalomane, Amy Adams est aussi remarquable de sensibilité dans le rôle de l'artiste fragile mais finalement beaucoup plus forte qu'il n'y parait.
Depuis quelques temps j'ai le sentiment que Tim Burton n'arrive plus à aboutir ses films. Ici dans Big Eyes j'ai le sentiment qu'on rate vraiment quelque-chose. Pourtant la prouesse et la promesse de nous tenir éveillé est radicalement salutaire au vu du scénario qui tient en seulement trois lignes et qui ici prend deux heures. J'ai retrouvé un peu la magie d Edward aux mains d'argent ou très succinctement la folie de son autre biopic Ed Wood, en termes de direction d'acteurs. Les effets de style ne passent pas tous, quelques faiblesses sont à relever dans certaines scènes provoquant logiquement des situations ratées ou les gags tombent à plat. Oui je suis vraiment mitigé par rapport à ce dernier film de Tim Burton. Veut-il nous prouver qu'il peut faire autre chose ou au contraire nous démontrer qu'il ne va jamais y arriver ! Heureusement que Amy Adams et l'excellent Christoph Waltz apportent toute la fraîcheur et donnent le maximum pour s'extirper d'un film ou le public pourrait avoir tendance à les juger avec de petits yeux, de déception...
A partir d'une monumentale imposture, qui fit scandale dans le monde des arts, Tim Burton a créé un film original et captivant. Ce pourrait être un conte, tout y est. (je ne spoile pas puisque l'histoire est connue). Le méchant : un homme sans scrupule qui rencontre la poule aux œufs d'or en la personne d'une jeune femme pleine de talent mais qui l'ignore encore ... Lui, il le sait, il le sent. Ces orphelins aux grands yeux tristes vont faire sa fortune et la gloire dont il rêve depuis si longtemps et qu'il poursuit en vain. Il la prend sous son aile, l'épouse même et lui fait croire qu'il la protège en s'octroyant la paternité de ses œuvres à elle, en la persuadant que c'est l'intérêt de leur couple. Elle, la gentille, modeste, confiante, naïve, un peu hésitante quand même, finira par le croire et le suivre .... spoiler: Elle sera même confortée dans cette voie par un prêtre ... . Film intéressant, qui nous ramène aux années soixante, qui nous entraîne dans le monde artistique, le monde des médias et celui des people, ceux qui donnent le "la" , qui orchestrent les tendances en matière de mode et de culture. La fin (la scène au tribunal) est particulièrement jubilatoire. J'ai beaucoup aimé ce film et je le recommande.
Voila preuve est faite que Tim Burton est un vrai réalisateur et un bon! Pas besoin de ses artifices habituels, il prouve ici qu'en réalisant des films classiques il sait également faire preuve de qualité. Son précédant film "normal" est aussi un Biopic, et même si Big eyes n'atteint pas les sommets de Ed Wood, j'ai pris plaisir a regarder ce film! Lorsque l'on voit les tableaux Margaret Keane on sait ou Tim Burton a cherché son inspiration pour l'apparence atypique de ses personnages animés.
Vous en avez sûrement entendu parler, Burton a sortie un nouveau film ? Non ? C'est normal car le réalisateur de Alice aux Pays des Merveilles n'a pas connu un tel désaveu à la sortie d'une de ses œuvres depuis des lustres. Mauvaise communication ? Mauvais timing ? Mauvais film ? Nous allons essayer de voir pourquoi.
Le choix du sujet tout d'abord. Burton a choisie la biographie d'un ou plutôt d'une peintre des années 50 ce qui est assez éloigné de ces choix d'avantage "grand public" comme Dark Shadow ou Charlie et la Chocolaterie. Ajoutons à cela que le film a disposé d'un budget bien moindre que d'habitude avec environ 10 millions de $, loin de Alice aux Pays des merveilles qui atteint 20 fois cette somme !
Ce n'est cependant pas la seule raison à ce manque d'éclat. Si les relations de ce couple à l'équilibre destructeur est loin d'être inintéressant, le caractère biographique limite la créativité habituelle du réalisateur. On retrouve ainsi une structure et un jeu classique même si l'on retient la performance terrible (au bon sens du terme) de Christoph Waltz alias Walter Keane.
Malgré tout, si Burton s'éloigne apparemment de son style fétiche dans Big Eyes, il est possible qu'il recule vers ses sources afin de prendre un élan novateur.
Dans cette comédie dramatique, nous retrouvons non seulement une thématique que l'on pourrait rapprocher de son Big Fish sur les apparences et la réalité, mais aussi un retour sur un univers et un style visuel riche et coloré. Pas uniquement cependant puisque les grands yeux de Keane se retrouvent dans les premières créations de Burton. Nous retrouvons ainsi ici un sujet bien plus personnel à Burton. Il renvoie non seulement à son histoire propre mais aussi au rapport de l'artiste avec la popularité, à un moment où lui-même se trouve "au creux de la vague".
On peut aussi remarquer que Burton tâtonne, essaye de faire évoluer son style. Dans L'incroyable Noël de Mr Jack ou BeetleJuice, il nous a habitué à un univers d'apparence gothique mais qu'il traitait d'une manière légère, presque enfantine. En simplifiant sa filmographie on pourrait presque trouver un certains contre-pied dans Big Eyes puisque cette fois il prends un univers assez léger, coloré, presque drôle mais traité au fond avec plus de sérieux.
Margaret Keane atteint la popularité en sacrifiant à son fabulateur d'époux le sens de ses œuvres, leur raison d'être; au point que ses œuvres ne deviennent que des pâles caricatures d'elles-même, une "infinité de Keane" s'étendant à perte de vue. Au travers d'elle, Burton n'avouerait-il pas vouloir mettre fin à une reprise perpétuelle de son univers si caractéristique pour le faire (enfin ?) changer, le faire mûrir ?
Le biopic peut s'avérer un exercice périlleux et ennuyeux. Celui ci, d'un intérêt discutable, en est l'exemple. Franchement à part la prestation honorable des acteurs avec toutefois un bémol sur le sur jeu et l’exaspération que suscite Chistopher Waltz, j'ai eu beaucoup de mal à m’intéresser au film et à cette histoire d'escroquerie somme toute assez banale. Alors je me suis rabattu sur l'esthétique du film. Dans ce registre je reconnais que les couleurs, la précision des décors, l'éclairage sont soignés. Par contre en ce qui concerne la patte du maître, que nenni, on peut chercher on ne l'a trouve pas. Balayé les effets de caméras, balayé l'audace de la mise enscène. Rien ici ne rappelle que l'on est dans un film de Tim Burton En conclusion, je me demande pourquoi un génie cinématographique tel que Tim Burton est allé faire dans cette galère, dans ce super téléfilm. C'est navrant !
Le film, en soi, n'est pas mauvais. Il est bien réalisé, bien photographié. L'histoire de cette étonnante supercherie artistique, inspirée de faits réels, se suit sans déplaisir. Mais quand on songe à ce que Tim Burton aurait pu faire d'un pareil sujet en débridant son imagination, on ressent comme une frustration et une pointe de déception. Big Eyes est certainement son film le plus classique, le plus sage, le plus consensuel. On voit bien l'influence qu'a eu le style de Margaret Keane sur les créations du cinéaste, avec ses personnages aux grands yeux, une certaine mélancolie... Mais Burton s'est comme emmuré dans un hommage bienveillant au peintre, en laissant sa fantaisie au vestiaire : son biopic est joliment illustré façon carte postale un peu kitsch, avec des couleurs, des costumes, des décors proprets et idéalisés ; la tonalité du fond est gentillette, le trait psychologique assez lisse, faisant de Margaret une douce victime soumise et de Walter un bourreau guignol et opportuniste. Pour l'ambiguïté et la complexité des relations humaines, on repassera. Ce manque de nuances est aussi accentué par le jeu des acteurs principaux : Amy Adams minaude dans un registre naïf et larmoyant ; Christoph Waltz cabotine en escroc bouffon et mytho. Restent quelques idées intéressantes sur la vérité et le mensonge, la manipulation, la mécanique des foules, la marchandisation de l'art... De grands thèmes hélas sous-exploités.
Sujet intéressant, ce biopic nous raconte la vie de Margaret Keane, peintre américaine des années 60 et de son mari Walter, sorte de peintre raté qui s'approprie le travail de sa femme. Le film. est assez bien réalisé, cependant on est loin de l'univers habituel de Tim Burton, et ce film peut paraitre trop sage et classique pour un réalisateur habituellement déjanté.
Tim Burton nous surprend. Un film qui aurait pu prendre des allures suspectes et sombres mais rien en a été. Toute une juste mesure du mystère des "gros yeux". Une reconstitution d'une Amérique des années 50 ou la femme n'existe qu'avec une bague au doigt. C'est une belle morale. Les acteurs sont justes à leur place. Rien de trop et rien de moins. J'ai aimé ce film et vous le recommande.
Encore un film dont la bande annonce nous aura tout dévoilé ou presque. Eu égard à la production particulièrement indigente du moment, cet opus de tim burton est soigné, et pas désagréable. mais c'est poussif, ça n'a aucun rythme et à peu près autant de relief que la peinture épouvantable de cette femme. Les personnages ne sont pas habités, ils n'ont aucun vrai caractère. Le seul plaisir du film est visuel, car les couleurs des années 50/60 sont bien restituées. ça s'arrête là...
Vraiment peu crédible, le jeu des acteurs est nullissime , le ton est faux et on est presque gêné en tant que spectateur de se trouver dans cette salle. Passez votre chemin c'est qq euros de gagné
A travers la photographie pop et excessive de Bruno Delbonnel, Tim Burton adapte l'histoire vraie du couple Keane, ou plutôt l'imposture la plus fructueuse des années 50-60. Si le film parle de peinture, c'est avant tout un discours plus général sur l'Art qui intéresse Burton (notamment par le biais du critique du Times, interprété par un Terence Stamp impassible)... Ainsi, on aperçoit dans Big Eyes la volonté du cinéaste d'allier art et commercial. Mais une réalisation académique et une interprétation beaucoup trop grotesque de Christopher Waltz (qui devrait chercher à se renouveler) empêchent ce film d'avoir le regard poétique de "Edward Aux Mains d'Argent" ou encore la réflexion intimiste que le cinéaste proposait dans "Ed Wood". Finalement, on ne retrouve pas Tim Burton... Pas seulement dans son style, dont le tournant aurait pu s'avérer intéressant, mais tout simplement dans sa volonté de fabriquer un vrai film de cinéma.
Un film très réussi ! Tim Burton rend cette histoire passionnante et ce malgré un scénario connu d'avance (en grande partie en tout cas). Certes, sa vision est biaisée largement en faveur de Margaret mais c'est pour mieux nous montrer comment elle fut dominée par son mari; ce qui d'ailleurs nous rappelle à quel point les droits des femmes étaient faibles il y a à peine 50 ans. Christopher Waltz est très bon et restitue à merveille l'évolution de son personnage, qui d'un mensonge opportuniste devient un quasi criminel prêt à tout pour continuer l'arnaque. En résumé, un film sur une histoire originale et méconnue qui vaut le détour.