Un intellectuel grincheux, une vision noire et cynique de la vie, l'obsession de la mort, un cadre new-yorkais... A peu de choses près, Whatever works s'annonce comme le film-type allenien, comédie inquiète reine des bons mots. Voilà comment débute le nouveau Woody Allen, sans ambages, in medias res... comme si de rien n'était. Comme si, depuis quatre ans déjà, Woody n'avait pas tourné ses pépites londoniennes (Match Point, Scoop, Cassandra's dream) et catalane (Vicky Cristina Barcelona). Comme si Allen n'avait jamais quitté le grand bain new-yorkais, dans lequel il replonge avec aisance et naturel.
Whatever works est si classique, si allenien, ronronne tellement dans des schémas déjà connus, qu'il ressemble à une synthèse de l'intégrale Woody Allen. Comme si, après quatre années de régénération au grand air européen, le cinéaste mettait dans cet opus tout ce qu'il n'y avait plus mis depuis Melinda et Melinda, en 2004. Le personnage principal, bien qu'il ne soit pas joué par Allen, est un reflet évident de l'intellectuel juif, sorte de version extrême de lui-même, encore plus angoissé, encore plus cynique, super-misanthrope et vrai méchant. Allen ne l'incarne pas (laissant le soin à son ami Larry David, phénoménal, de s'en charger) et en profite bien, déchargeant sur lui et à travers lui ses peurs et ses défauts les plus noirs. Sa vision de la vie, qu'on pouvait lire entre les lignes dans ses films précédents, masqués par le prétexte de la fiction criminelle (Match Point et le très beau Cassandra's dream), est ici beuglée lors de monologues qui s'étendent au-delà du raisonnable. Mais comme toujours chez le cinéaste, le désespoir est transcendé par un humour dévastateur, un cynisme et une écriture exquis, qui culminent ici dans les dialogues entre Larry David et Evan Rachel Wood, véritables machines à fous rires et à répliques imparables...
(la suite de la critique sur mon blog : http://mon-humble-avis.blogs.allocine.fr/)