Jeanne (Emilie Duquenne) est orpheline de père. Elle vit avec sa mère Louise (Catherine Deneuve) dans un modeste pavillon de la banlieue parisienne. Sans emploi, elle rencontre Franck (Nicolas Duvauchelle), un sportif séduisant hélas mêlé à de louches combines qui sera bientôt victime d'une agression. Plus jeune, Louise avait été courtisée par Samuel Bleistein (Michel Blanc) devenu depuis un avocat célèbre. Samuel a un fils Alex (Mathieu Demy), sur le point de divorcer de son épouse (Ronit Elkabetz), et un petit-fils Nathan. Le jour où Jeanne simule une agression antisémite dans le RER, vite montée en épingle dans les médias, c'est vers Samuel que Louise se tourne pour la conseiller et la défendre.
Un fait divers avait fait sensation en juillet 2004. Une jeune femme, lacérée de coups de couteaux, le ventre tagué de trois croix gammées, avait porté plainte au commissariat d'Aubervilliers. Elle affirmait avoir été attaquée dans le RER D par une bande de six jeunes de banlieue sans susciter de réactions des autres voyageurs. L'information, relayée par l'Agence France presse, enflamma l'opinion publique et la classe politique. "Le Monde", "Le Figaro", "Libération" firent leur une sur la résurgence de l'antisémitisme, la violence des "nazis de banlieue" maghrébins et africains et "l'odieuse passivité" des autres voyageurs. Mais deux jours plus tard, la jeune femme avoua à la police avoir tout inventé pour attirer l'attention de son compagnon. Elle fut condamnée à quatre mois de prison avec sursis et à une obligation de soins pour "dénonciation de crime imaginaire".
André Téchiné adapte la pièce de théâtre, "RER", que Jean-Marie Besset avait tiré des faits. Deux options s'offraient à lui. Il écarte la première : il ne dira quasiment rien de l'emballement médiatique suscité par le faux témoignage de la jeune femme - ni du mea culpa piteux auquel la révélation de la vérité a obligé les rédactions quelques jours plus tard. Il se concentrera sur la pseudo-victime et sur son entourage proche.
Ce parti pris n'est en rien critiquable. La question que soulève cette affaire est en effet fascinante : comment une jeune femme de vingt-trois ans peut-elle en arriver à simuler une telle agression ? Hélas, l'option retenue par André Téchiné pour y répondre déconcerte. Au lieu de se focaliser sur son héroïne, au lieu de traquer dans son histoire, dans son comportement, les motifs de son geste, le réalisateur - qui comme dans chacun de ses films cosigne le scénario - noie son héroïne dans une foule de caractères parasitaires et d'intrigues secondaires. Particulièrement inutile apparaît l'histoire de Samuel Bleistein, de son fils, de sa belle-fille et de son petit-fils, qui occupe pourtant un bon tiers du film.
Il aurait fallu ne pas lâcher d'une semelle Jeanne, interroger chacun des petits mensonges avec lesquels elle se plaisait à enjoliver sa vie, scruter le point de bascule où ces petits mensonges vont se muer en un plus gros, comprendre pourquoi elle utilise le ressort, diablement explosif, de l'antisémitisme (on la voit seulement verser une larme devant un documentaire sur la Shoah). Faute de n'en rien faire, "La Fille du RER", malgré la qualité de sa distribution plaqué or, se condamne à rester à la surface des choses et des êtres.
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4,0
Publiée le 3 septembre 2020
La Fille du RER d'André Téchiné se concentre sur une fille naïve Jeanne (Émilie Dequenne) qui fabrique une histoire sur l'attaque d'un train de banlieue parisienne par des jeunes noirs et arabes qui l'ont supposément prise pour une juive. L'histoire est basée sur un événement réel qui a eu lieu en France en 2004. Téchiné affirme que l'histoire est devenue le miroir de toutes les peurs françaises et une révélation de ce que nous appelons l'inconscient collectif. Comment le mensonge d'un individu se transforme en vérité à l'égard de la communauté dans son ensemble et de ses peurs. Le film dissèque les circonstances psychologiques et les conséquences entourant un mensonge audacieux dans un drame riche. Jeanne vit avec sa mère célibataire Louise (Catherine Deneuve) qui gère les finances de la famille en tant que gardienne. Jeanne passe la plus grande partie de son temps à faire du roller et c'est lors d'une de ses excursions qu'elle rencontre le plutôt mystérieux Franck (Nicolas Duvauchelle). Un jeune lutteur qui tente aussitôt d'attirer l'attention et l'affection de Jeanne malgré les insécurités de Jeanne. Téchiné sait prendre des personnes et des circonstances apparemment ordinaires et montrer l'effet profond du mal partout. Le film est rehaussé par la photographie de Julien Hirsch et la partition musicale de Philippe Sarde...
Fait divers bien représenté avec ce récit fictif mené au Michel Blanc et Catherine Deneuve. Malgré de mauvaises critiques, je pense qu il y a des séquences attirantes à conserver. Je le déconseille aux moins de 13 ans. 3/5
Avec La Fille du RER, André Téchiné renoue avec une certaine simplicité, et c'est tant mieux. Sans prétention, son film aime à donner de l'épaisseur à une floppée de personnages empli d'humanité et d'amour pour son prochain. Bon certes, l'histoire est cousue de fil blanc mais on aime à regarder la belle Emilie Dequenne évoluer dans la peau d'une femme nommé désir. Un joli film.
Le film aurait pu être bien mais il est très plat. L'histoire principale passe presque au second plan et c'est dommage. spoiler: J'ai bien aimé la scène avec la valise au départ, elle m'a bien fait rire.
Le cadrage et la prise de vue sont très désagréables car trop rapides à la manière d'une caméra portée. La réalisation est bonne : le contexte est bien amené, le rythme est bon, le film ne s'attarde pas sur la partie médiatique de l'affaire, elle est à peine relatée.
J'ai toujours adoré le jeu d'Emilie Dequenne, un actrice qui selon moi choisit toujours bien ses films, et là : quelle déception... Au delà d'une histoire relativement décousue (scènes qui manquent cruellement de profondeur), et de dialogues que j'attendais plus riches que ça, le jeu est mauvais... On n'arrive pas à entrer dans cette histoire, même les acteurs semblent distants. Tous les dialogues nous laissent sur notre faim, et, que ce soit Deneuve, Blanc, Dequenne ou Duvauchelle, c'est mal joué... Dommage .
Vraiment trés ennuyeux, mis a part E Dequenne aucun acteur n'est à sa place. Aucune crédibilité, que fait C Deneuve l'éternelle bourgeoise dans ce rôle improbable de mère banlieusarde qui gagne sa vie en élevant des enfants? que vient faire M Blanc dans ce rôle bancale d'avocat friqué récitant ça leçon? Ce casting est foireux, les acteurs n'ont aucune crédibilité, aucune conviction, une multitude de sujets et de scènes qui vont qui viennent et qui disparaissent. On a du mal a suivre l'idée maîtresse malgré le sujet connu. Pour moi, et c'est surprenant, Téchiné fait dans la facilité, la comodité, en baclant son film sur un fait divers hyper médiatisé et en utilisant un casting racoleur. Même E Dequenne ne mérite pas ses biscuits: combien de mots a- t-elle prononcé dans ce film?
Un film ennuyeux, où rien ne dépasse. Les acteurs ne montrent rien, sont en roue libre, pour ne pas dire "jouent mal", et déroulent leur texte. Je suis sorti perplexe de ce film, qui n'apporte strictement rien pour moi à ce fait divers. Faut-il faire un film de tout?
Peu soucieux du volet médiatico-politique lamentable de ce fait divers Téchiné mène sa propre réflexion. Cependant si l'on comprend son travail et que l' on suit avec plaisir le film grâce à son talent et la présence de bons acteurs il semble manquer quelques passerelles dans le scénario pour en faire une oeuvre aboutie .
Téchiné et son verbe, c’est quand même quelque chose. Un film d’une durée d‘1h30 en paraît ici une de plus. Il n’y pas, ou très peu, de plans morts, que j’ai l’habitude de nommer fioritures indigestes. On va à l’essentiel, on se consacre au récit. Dans son précédent opus, «Les témoins», André, pour les intimes, avait établit un rapport de force en faisant passé un sujet tabou tel que l’homophobie et le VIH, qui étaient des sujets centrales, passé au second plan derrière, avant tout, une histoire de coeur. Sauf que dans «La fille du RER», l’idée de base est certes bonne, mais trop friable.
Comme presque toujours chez Téchiné, il y a quelques moments intéressants en matière de cinéma, mais surtout, par ailleurs, beaucoup de déchet et de moments creux. Téchiné n'est vraiment pas un grand cinéaste !
J attendais beaucoup plus de ce film, tiré du fait divers qui n en était pas un. En effet le film ne semble aller au bout aucune idée. Soit tenter d expliquer les causes de l acte comme dans la première partie mais celle ci se trouve être assez superficielle. La deuxième partie sur l emballement des médias et de la classe politique est elle encore moins approfondie et ne prend aucun partie. Difficile donc d être passionné par le récit ni même agacé . Les acteurs en revanche sont convaincants, Émilie Dequenne en tête.
A la fin du film, on s'interroge toujours sur les raisons qui ont poussé cette fille à mentir sur cette agression. D'ailleurs l'élaboration de la fausse agression tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Alors oui on comprend que cette fille est un peu paumée, a des difficultés a trouver sa place dans la société mais bon... l'étude psychologique de la fille n'est pas assez poussée! De même le traitement de l'affaire dans les médias et son utilisation douteuse par les politiques auraient mérité plus de profondeur... On reste donc vraiment sur sa faim.
Emilie Dequenne toujours excellente et éclectique dans ses choix (géniale en Charlotte Cordai) dans une bonne histoire qui aurait mérité un traitement en profondeur. Des seconds rôles impressionnants (Catherine Deneuve et Michel Blanc en tête). J'ai bien aimé le coté absurde du réalisateur (arrosage en permanence de je ne sais quoi dans le jardin de Catherine Deneuve : c'est vrai qu'en région Parisienne, c'est vraiment indispensable !).