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Arkab Prior
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4,0
Publiée le 16 janvier 2026
Une histoire poignante avec deux belles femmes, l'une palestinienne, l'autre israélienne, qui pourraient être amies dans un monde meilleur mais ne le peuvent pas vu la situation tendue et figée de guerre qui oppose les deux peuples. L'héroïne palestinienne, dont la grande affaire de sa vie est de s'occuper de ses citronniers, subit à la fois l'injustice de son voisin militaire israélien et la domination patriarcale de sa propre société. L'héroïne israélienne fait le peu qu'elle peut, c'est-à-dire pas grand chose. C'est assez désespéré et désespérant.
Prix du public ( Berlin 2008 ), " les citronniers" appui son scénario sur un événement qui avait eu un retentissement international.
Une palestinienne avait attaqué en justice son voisin, le ministre de la défense d'Israël qui voulait lui faire arracher ses citronniers par mesure de sécurité.
Alors certes, la mise en scène n' est pas le point fort de ce film israélien dirigé par Éran Riklis ( " la fiancée syrienne"), mais ici le fond prime sur la forme.
Regard sur la difficulté de communiquer, le mur entre les deux propriétés parle de lui-même, le sujet comporte aussi son lot de références symboliques ( l'arbre, le déracinement, le citron lui-même).
La seconde partie est nettement supérieure à la première, le scénario comporte des ellipses pas toutes réussies, il manque un certain niveau artistique de maitrise cinématographique pour hisser " les citronniers" au stade des films exceptionnels. Mais heureusement pour le spectateur, pas pour le placer au rang des films nécessaires.
Deux femmes séparées par un grillage en Cisjordanie. Alors que tout les oppose, elles sont réunies par le désir commun de s'affranchir du pouvoir masculin, d'un côté un mari ministre israélien, et de l'autre un mari arabe décédé prématurément, laissant un champ de citronniers comme seule source de revenus. Riklis met en scène l'une des blessures inextinguibles de la planète, et l'illustre avec réalisme. Nous sommes en 2007, et la réalité d'aujourd'hui dépasse les absurdités d'un scénario écrit il y a vingt ans. Le patriarcat arabe en prend aussi pour son grade, lorsque la veuve Salma (irréprochable Hiam Abass une nouvelle fois) se rapproche un peu trop du jeune avocat qui la défend contre vent et marées. Etre citoyenne d'un pays dont on ne comprend pas la langue, et dont l'obsession sécuritaire dépasse toutes les autres considérations, l'israélien Riklis était bien placé pour nous narrer son histoire, et sa mise en scène classique se met au service du propos historique. streaming - aout 2025
"Etz lemon" Basé sur un fait réel, L'histoire se déroule principalement sur une terre occupée par l'état d'Israel sur un territoire palestinien. Il montre les abus qui peuvent découler d'une politique sécuritaire et de décisions frolant l'absurde qui peuvent en découler. Le film est sobre, il n'y a aucun effet visant à émouvoir plus qu'il ne le faut. Il ne prend pas position pour un camp. Il tente de nous montrer que la seule solution est la paix et le respect commun. Mon seul regret est l'image un peu écornée que le film donne à la Palestinienne et à son avocat. Elle l'image d'une femme facile et lui un homme sale et pervers.
Portrait acide d'un monde amer... Un ministre israëlien s'installe dans une grande villa jouxtant une plantation de citronniers, et devient vite parano des terroristes qui pourraient profiter du feuillage pour s'approcher de la demeure. Une demande officielle de raser le verger est posée, au grand désarroi de la paysanne modeste palestinienne, qui vit déjà chichement des récoltes de citrons qu'elle produit... Sur fond de guerre éternelle (malheureusement d'actualité...) entre Israël et Palestine, les "trois citrons" deviennent un sujet médiatique, une préoccupation d’État, un conflit national concentré en quelques pépins. On ne dira rien du final, si ce n'est que notre fauteuil de cinéma n'aurait pas été si fortement soudé au plancher, il aurait volé. Le film est réaliste quant à la résolution qu'aurait un tel conflit, ne nous épargne pas avec une happy-end qui nous brosserait dans le sens du poil, préfère nous faire mal au cœur pour mieux dénoncer une guerre qui dure depuis trop longtemps, un rapport de force entre puissant et paysan qui n'a rien d'équilibré, un combat pour la vie (des arbres qui sont peut-être plus vieux que ce ministre...) qui n'intéresse plus si l'argent peut biaiser le verdict. Qui d'autre que Hiam Abbas pouvait apporter toute la dignité nécessaire à ce personnage, jamais montré comme miséreux, mais au contraire plus respectable en un regard de grande Dame (dont elle a le secret) que n'importe quel titre politique... Ici, on ne se trompe pas une seconde sur le personnage qui a l'ascendant moral, intellectuel, honorable, sur l'autre. On pensait naïvement que la femme du ministre allait interférer davantage dans cette folie juridique, mais encore une fois : on n'est pas dans une fiction américaine gorgée de bons sentiments, et on se le rappelle amèrement (acidement ?) dans le final de ce Les Citronniers qui ne nous épargne pas (le dernier plan avec spoiler: les arbres massacrés, et la paysanne vouée à la misère mortifère, qui nous lance ce regard transperçant, volontairement long, qui semble sonder notre cœur pour nous demander si tout cela est bien censé, dans un monde moderne...) . Vraiment, heureusement que notre siège était bien soudé.
J’ai aimé ces deux femmes seules dans leur maison. Des femmes qui se font menacer par des hommes. J'ai aimé leur visage en gros plan, des visages plein de douceur mais au regard déterminé ou interrogateur. J’ai aimé que la barrière autour de la propriété de Salma ne soit pas infranchissable, ni dans un sens, ni dans l’autre. J’ai aimé le garde qui répond à des problèmes de logique : mais où est la logique dans les propos du ministre ? J’ai aimé le portrait du mari mort de Salma, omniprésent dans la maison. J’ai aimé le contraste entre Israël très minéral : poussières, pierres et le verger plein de vie que les israéliens laissent mourir. Un film ultra politique sur la domination israélienne en Palestine : celle qui élève des murs et détruit tout sur son passage.
Tirée d’une histoire vraie, une fable poignante qui évoque avec subtilité le conflit israélo-palestinien, à travers le récit plein de courage et dignité du combat juridique d’une femme pour sauver sa plantation de citron, interprétée par la lumineuse Hiam Abbas. 3,75
La force de ce film réside dans son histoire vraie qui est décrite, c'est à dire, une description artistique de la vie palestinienne en Israël. En tout cas, c'est comme ça que je l'ai ressenti. C'est simple et très puissant à la fois. Les citronniers, arbres un peu magiques pour moi, symbolisent cette vie faite de barrières, de murs et d'incompréhension. On vit en Palestine, en Israël, et on ne parle pas la même langue. Un problème linguistique qui est le résultat de nombreux troubles dans le monde. A voir pour la jolie mise en scène et pour les questions qui en découlent.
Un sujet rarement traité : face à l’expansionnisme israélien, une veuve palestinienne (Mne Zidane, mais oui !) réussit à sauver son verger de citronniers. Dommage que les réalisateurs se soient crus obligés de rajouter des amours niaises à l’américaine et des situations soap improbables. Le personnage de la femme du ministre de la Défense est en revanche traité avec une certaine finesse.
L'éternel conflit israélo-palestinien traité par le prisme d'une plantation de citronniers et par le combat d'une femme contre un état qui prend ses aises.
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1,5
Publiée le 9 octobre 2020
Les Citronniers est un film qui traite d'un sujet chaud en termes humains et discrets mais qui ne parvient pas à vraiment a se connecter au niveau humain. Les acteurs offrent tous de solides performances mais ils n'ont pas grand-chose à travailler. Les personnages sont dessinés dans des croquis subtils mais les croquis ne font allusion à rien d'autre que d'autres croquis et il y a moins d'idée que le minimalisme du dialogue ne le suggère. Et puis moi un homme qui a une plantation de citronniers en Palestine ça ne m'intéresse pas vraiment pour ne pas dire pas du tous...
Eran Riklis a un talent pour raconter des histoires dont la sensibilité féminine est mise en avant qui donne des films très émouvants. Le sujet est original, peut être possiblement réel et c'est une bonne idée que de l'avoir abordé et encore plus de cette manière, avec cette fin. Merci M. Riklis !
Les Citronniers est un film qui séduit avant tout par sa sincérité et sa simplicité. C’est un film agréable, que certains trouveront peut-être trop engagé. Personnellement je n’ai pas totalement ressenti cela, et quand bien même, je ne suis pas ici pour juger du propos du réalisateur, juste la manière dont il nous le livre. Le casting est très séduisant. Hiam Abbass livre une très belle prestation. D’une extrême sobriété, elle parvient merveilleusement à rendre avec peu les émotions qui traversent son personnage, et incarne fort bien la dignité d’une femme pour préserver son patrimoine. J’ai beaucoup aimé son jeu, et je dois avouer que sans elle ce film n’aurait peut-être pas eu la même valeur. Je souligne aussi un très juste Ali Suliman. Lui aussi est d’un grand naturel et d’une grande simplicité. Une sobriété de jeu qui concerne la plupart des acteurs et s’harmonise fort bien avec la tonalité générale du film. C’est un peu plus artificiel peut-être du côté de Doron Tavory, qui joue le « méchant » du film, mais c’est aussi lié au caractère plus excessif de son personnage. Rien de négatif cependant. De bons acteurs pour de bons personnages, au service d’une histoire fort simple. C’est vrai le rythme est parfois assez lent, et le métrage aurait peut-être pu s’alléger de quelques lourdeurs, néanmoins je n’ai rien à redire de très négatif. Les Citronniers développe une histoire très simple pour poser le problème des relations israelo-palestiniennes, et au final on ne s’ennuie pas à suivre le film, même si on se désintéresse totalement du sujet. Le réalisateur arrive en effet aussi, par sa simplicité, à nous amener de la Grande histoire vers la petite histoire, une petite histoire qu’on pourrait voir chez nous avec d’autres protagonistes (exemple à Notre-Dame des Landes). En tout cas la sincérité des protagonistes et du réalisateur, l’absence totale de prétention rend Les Citronniers touchant et bien plaisant à suivre. Sur la forme c’est aussi bien fait. Une belle photographie lumineuse et naturelle sert des décors aussi simples qu’authentiques. On se sent réellement en Israël, avec cette lumière particulière, ces étendues désertiques sur lesquelles tranchent le vert des citronniers, le film est très frais et lumineux. Aucune fioriture du réalisateur, et c’est tant mieux. D’ailleurs sa mise en scène très sobre, sans effet de style, presque documentaire parfois, est remarquable. Le tout servi par une bande son très restreinte, bref, à l’image de la simplicité du film. Les Citronniers est un film qui, si l’on met de côté le contexte politique, est en mesure de toucher beaucoup de monde. C’est un film qui séduit, je le répète mais cela me semble nécessaire, par sa sincérité et sa sobriété. Ça fait du bien de voir un film qui prend ce chemin, surtout avec le sujet abordé. Des coups de mou parfois, un ensemble qui aurait pu avoir plus de force à certains moments (le réalisateur mettant un peu tout son film sur le même niveau d’intensité), mais enfin, pas de quoi rebuter le spectateur exigeant. 4
Une histoire du pot de terre contre le pot de fer. Deux femmes que tout opposent vont se rapprocher pour faire respecter courageusement un "zeste" de justice et le principe de propriété contre la raison d'Etat. Un bel exemple de détermination et de lutte pacifique sur fond de conflit israélo-palestinien. Une histoire originale sans mélo mais un peu lente.