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Cluny
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3,5
Publiée le 16 octobre 2012
Quand leur professeur qui porte chaque jour le t-shirt d'un groupe de rock différent (il doit avoir un cousin dans le collège de Bégaudeau) leur annonce que la semaine thématique portera sur la dictature, la plupart des lycéens du Marie Curie Gymnasium protestent : "On va encore devoir en bouffer du III° Reich", "Ras le bol de la culpabilité". La finesse de Herr Werner, qui exige que ses élèves cessent de l'appeler Rainer, consiste à recontextualiser la dynamique du groupe dans la vie du lycée : opposition à la classe d'en-dessous, justification de l'uniforme pour lutter contre la tyrannie des marques, valorisation du comportement collaboratif de chacun et isolement subtil de ceux qui résistent.
Car il y a quelques élèves à la personnalité plus affirmée qui s'opposent à l'expérience. Si un garçon quitte le cour sdès la première séance, c'est plus par dépit d'avoir été mis en minorité que par une manifestation de sa conscience. Par contre, deux filles refusent de poursuivre l'expérience, avant de tenter d'organiser une résistance : l'une par refus du nouveau rituel, l'autre quand il s'agit d'adopter la chemise blanche et le jean comme uniforme de La Vague.
Les autres oublient assez vite l'objectif de cette expérience, et trouvent des accents darcossiens pour saluer le retour à un ordre pédagogique et moral, sanctionné par l'adoption de l'uniforme, du salut au professeur et du fait de se lever pour prendre la parole ; beaucoup d'entre eux opposent ce sentiment d'appartenance à une communauté forte à la dilution des liens et à l'individualisme permissif de leurs parents.
Le générique de début mentionne que le scénario de "La Vague" s'appuie sur des faits réels, et on pense bien sûr à une expérience allemande, tant le contexte de l'expérience décrite dans le film fait référence à l'histoire passée (le III° Reich) et récente (la réunification, l'immigration turque, la culpabilité des générations d'après-guerre) de l'Allemagne. Pourtant, cette expérience s'est déroulée en Californie, à Palo Alto très exactement, la première semaine d'avril 1967. Menée par le Pr Ron Jones avec les élèves de Première du Lycée Cubberley, elle n'a donné lieu qu'à très peu de traces contemporaines, et les circonstances exactes de son déroulement donnent encore aujourd'hui matière à controverse.
A la lecture de la chronologie de la Troisième Vague, on est frappé de voir combien Dennis Gansel a été fidèle jusque dans les moindres détails aux conditions de l'expérience : mouvements gymniques et exigence de se faire appeler Monsieur le premier jour, écriture au tableau de la devise La force par la discipline, la force par la communauté, adoption d'un salut, autodésignation d'un garde du corps les jours suivants.
La vision du film m'a fait penser à la reconstitution de l'expérience de Milgram sur la soumission à l'autorité dans "I... comme Icare", d'Henri Verneuil. Mes recherches depuis m'ont confirmé dans cette analogie : Ron Jones a travaillé avec Philip Zimbardo, un des initiateurs des expériences de Standford, et lui-même ancien condisciple de Stanley Milgram. Autre rapprochement : Oliver Hirschbiegel, le réalisateur de "La Chute", a tourné en 2001 un film, "L'Expérience" qui transposait aussi l'expérience californienne de Zimbardo dans l'Allemagne d'aujourd'hui.
Bon, et sinon, comme film, qu'est ce que ça vaut ? Et bien, ça tient plutôt la route pendant les deux tiers du récit, et si les personnages de lycéens se répartissent assez vite dans des catégories stéréotypiques, le mélange de séduction et de manipulation du Professeur Werner réussit à rendre l'opération plutôt crédible. Malheureusement, par rapport au roman que Todd Strasser avait tiré de cette expérience, Dennis Gansel a choisi de dramatiser le dénouement : "Nous avons changé la fin, parce que j’ai senti que spécifiquement avec notre histoire en Allemagne, il fallait que le message soit très clair. Si vous faites l’imbécile avec le fascisme, voilà comment vous finirez."
Cette intension démonstrative et lourdement didactique nuit en profondeur à la cohérence de l'ensemble. Malgré ce dernier tiers, "La Vague" a le mérite de raconter une parabole qui invite à la réflexion, sans doute plus sur les phénomènes de groupes que sur les dangers de résurgence de la peste brune. http://www.critiquesclunysiennes.com
Quelle bonne surprise !... Je suis passé totalement à côté du film lors de sa sortie, et il a fallu un concours de circonstances et l'aide éclairée de mes enfants pour que je découvre ce film sur DVD. Quelle claque ! Il est ahurissant que ce film n'ait pas eu un plus grand retentissement. L'histoire est passionnante, surtout quand on pense qu'elle repose sur une expérience réelle menée aux Etats Unis en 1967 ( sur DVD, ne pas louper le bonus avec l'interview du prof américain ! ). Il est rare qu'un film provoque, à ce point, des intenses discussions familiales. Mais il est rare aussi que le cinéma nous incite à réfléchir sur nous-mêmes. Et puis, le fait que cela vienne d'un réalisateur allemand, dans la langue allemande dont certains mots sont encore cuisants dans notre inconscient collectif, cela donne au film une réalité incroyable. Alors, n'hésitez pas : louez ou achetez la cassette, et visionnez-la en famille... Quant aux critiques de la presse sur le caractère peu subtil de la démonstration, négligez-les. Quand il s'agit de dénoncer le mal qui sommeille en chacun d'entre nous, la subtilité n'est pas de mise....
Bon film qui nous montre la construction involontaire par un prof, d'une véritable dictature. L'histoire est bien racontée cependant je trouve que ça va un petit peu trop vite: d'un coup ils sortent faire des tags et coller des stickers de partout dans la ville, après quelques semaines pourquoi pas mais là c'est seulement 2 ou 3 jours après le début du cours. Bref, ça reste un bon film et la fin bien que prévisible est très bien foutue. A voir!
On ne connait pas assez le cinéma allemand si ce n'est "Das Experiment", "Das boot" ou quelques autre films qui souvent évacue la frustration du totalitarisme. C'est ici qu'un film comme "La vague" prend tout son sens car Le nazisme n'est pas encore mort. C'est dans une classe de jeunes étudiants allemands pourtant bien décidés à ne plus faire la même erreur qu'un professeur va faire le pari de réinstaurer le totalitarisme... Un film que beaucoup de personnes devraient voir pour se remettre les idées en place et rester attentif à ce que tout ne nous glissent pas entre les doigts.
wahou ! que dire d'autre ? ce film montre à quel point il est facile et à la portée de n'importe qui de créé un systeme autocratique ! bien que je sois fierement libertaire j'avoue presque honteusement avoir été un bref instant séduit par certaines idées de "la vague"... ce qui, à mes yeux, prouve que nous pourrions adopté la pire, comme la meilleure, des idéologies si on nous la presente accompagné d'une melodie douce à notre oreille...
La vague nous questionne. La vague aborde un thème très intéressant ; l'autocratie - le totalitarisme. Est-ce possible qu'il y est une nouvelle dictature en Allemagne, après Hitler, le peuple est très prévenant, ils sont méfiants.. Et bien le film en est bien la preuve que oui ! Rainer Wenger est un professeur de sociologie dans un lycée allemand. C'est le genre de type qui est plutôt anarchiste, qui écoute du Rock à fond, qui parade avec des t-Shirt de Célèbre groupe de rock, bref tout le contraire du sujet. Pourtant un jour, on lui confie le soins de donner le cours sur l'autocratie, l'inverse de sa visions, il est très mécontent, mais va quand même prendre le sujet à coeur.. Un peu trop. Il va faire une autocratie dans sa classe en faisait participer toute sa classe. Comment ? C'est simple, tout le monde va se retrouver sur le même pied d'Estale, personne n'est plus beau, plus riche, bref tout le monde en uniforme, ce sera la chemise blanche. Déjà la certains sont hostile à cette idée et heureusement ! Ensuite, ils leurs faut un nom; le cercle ? Le tsunamis, la reforme ? Non: la vague. Après le nom, un salut, comme toute bonne dictature bien sur ! Enfin vous voyez le topos, wegner va instaurer ce jeu qui va, vous vous en doutez, mal tourner, certains vont le prendre trop à cœur. Ce qui était une bonne idée, l'idée de la communauté qui d'aide, qui est égale, mais ça ne va pas durer. Wegner va arrêter tout ça- mais trop tard, ça devient une véritable folie, qui va provoquer des événements irréversible. Porte par le très bon Jürger Vogel, la vague va déferler sur nos esprit et nous retourner le cerveau ! Même s'il nous perd parfois, il est indispensable de le voir, surtout dans les écoles !
Un film vraiment super, très intéressant et bien construit. S'inspirant d'une étude sociologique des année 1960, on est vraiment plongé au coeur de ce lycée allemand du XXIème siècle. On suit l'évolution pas à pas et on voit comment un tel régime peut voir le jour sans que personne ne se révolte. Les rôles sont switchés, les personnages se découvrent de nouvelles valeurs, de nouveaux amis. L'esprit de la communauté prend ici tout son sens, toute sa puissance. Et comme chaque chose puissante, si on en perd le contrôle, cela devient très rapidement dangereux sans qu'on ne le remarque. Et ce film montre parfaitement ce point, l'exploitant à fond. Le final est tout simplement sublime, concluant parfaitement bien l'expérience et montrant son résultat de la façon la plus équivoque qui soit. Un réel succès. Les acteurs sont tous très bons, globalement, mais certains élèves se démarquent vraiment des autres et le prof, joué par Jürgen Vogel, est vraiment fantastique. La mise en scène est à la fois très sobre et très dynamique, jouant principalement sur les champs/contre-champs, pour donner d'autant plus de poids aux dialogues. Une réussite là-aussi. La musique est parfaitement adéquate. Un film à voir absolument mais avec des pincettes !
Une véritable claque dans la gueule. L'idée de faire un cour sur l'autocratie sur 1 semaine est traité de façon géniale, et je n'ai aucun mal à croire que c'est arrivé en vrai, car qui mieux qu'un adolescent aime à se retrouver dans un groupe, où l'on puisse être soudé, défendu. Le cinéma allemand nous sort parfois de vrais petites perles dérangeantes, souvenez-vous "L’expérience" d'Oliver Hirschbiegel, et s'il y en d'autres aussi bons, je suis preneur.
L'idée est bonne et le ton juste. Jusqu'à la fin, on s'interroge, La Vague questionne. Puis vient l'ultime dénouement, dont l'ampleur dramatique, quoiqu'un brin exagérative, fait voler en éclat les rares lourdeurs dont a souffert l'évolution caricaturale des adolescents ... Une dégénérescence humaine que tout amateur de grands drames se doit d'apprécier à sa juste valeur, celle d'une triste réalité.
On regrettera seulement ...spoiler: Le délire final et la rapidité surréaliste à laquelle les personnages perdent pieds, deux fantasmes qui ternissent l'éblouissante vérité des malices humaines. Certes, les autocraties prennent racine en chacun de nous ... mais n'est-il pas bon de rappeler le cadre pédagogique et la courte semaine? Pas même des années auraient suffi à un tel bouleversement. Ou peut-on l'envisager? À méditer.
Un scénario bien ficelé partant d'une idée hallucinante sur le thème de l'autocratie et du totalitarisme. Un seul gouverne. Un premier construit le bunker. Un second fait rentrer les pauvres malheureux. Un troisième ouvre le gaz. Qui est responsable ? Des gamins d'une classe de lycée. Enorme !
Même si la réalisation laisse à désirer, je ne peux pas me permettre de lui donner une note inférieure à 3,5/5 tellement le sujet est Mortel. Un professeur qui va prouver à ses enfants qu'une dictature, voire même du totalitarisme est encore faisable à instaurer de nos jours. On passe par tous les stades, l'appartenance à un groupe, la création d'un emblème, la mise en place de codes et d'actions, le partage des mêmes idées etc... Une idéologie véhiculée à la perfection dans ce scénario original où l'on ne peut être qu'admiratif. Un très grand film allemand, qui n'approfondie peut être pas assez le sujet (certaines erreurs ou des choses bâclées et incomplètes), en même temps il est difficile d'achever un thème aussi complexe sur seulement 1h48 d'images. Belle claque, et pour compléter le tout, c'est tiré d'une histoire vraie.