Avis : Je suis heureux que ma mère soit vivante - Page 2
Je suis heureux que ma mère soit vivante
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ninilechat
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4,0
Publiée le 2 octobre 2009
Du Claude Miller pur jus, même si son fils Nathan lui est associé. Dans la filmographie magnifique de Miller, il y a ce thème qui revient : le mal que les adultes font aux enfants. Les souffrances que nous leur infligeons, par notre égoïsme, notre indifférence, notre absence. Il a rarement été aussi loin dans le très noir que dans ce film. Il s'approche d'un des sujets de discussion récurrents de notre temps: la légitimité de l'accouchement sous X et le besoin qu'ont les enfants adoptés de retrouver leur mère biologique. Le héros, Thomas, lui, a connu sa mère puisqu'il avait cinq ans lorsqu'elle l'a abandonné. Mauvaise mère, certes, mais surtout pauvre fille: affectueuse, mais capable de laisser Thomas quatre jours, seul avec son petit frère, encore bébé, pour partir avec une bande de copains.... ce qui vaut aux petits d'être récupérés par la DDAS. Puis adoptés par un "bon" couple. Le petit frère grandit bien: mais Thomas a trop de souvenirs de Julie, cette mère qu'il a très aimée, dont il ne se souvient que des bons côtés. Elle était fille de salle? Il la revoit infirmière. Gamin, il devient ingérable; ado, il veut à tous prix retrouver cette femme, ce qui n'est pas très difficile. A vingt ans, il va chez elle, il y a un nouvel enfant, avec encore un père parti... Elle accueille ces retrouvailles avec la même indifférence que l'ancienne séparation. Thomas s'incruste, il s'arroge un droit de protection sur ce nouveau petit frère, revenant quinze ans en arrière; il y a chez lui un très complexe mélange entre la haine et l'amour pour cette femme; il fouille dans ses affaires, trouve des photos d'elle nue, qu'il ne peut s'empêcher de regarder. Jusqu'à ce que tout cela, tout ce refoulé, ce soit trop, jusqu'à cet acte d'une violence incroyable.... C'est un très beau film, qui traite en vérité d'un sujet grave, servi par une distribution impeccable: Vincent Rottiers, Thomas à 20 ans. Et Sophie Cattani, qui donne à Julie, la pitoyable Julie, une extraordinaire présence.
Un fait divers (sordide) qui inspire une fiction (brumeuse) traitée à l'écran avec un détachement documentaire : voilà comment on peut résumer cette collaboration Miller père et fils. Le style en est tellement épuré que le résultat est plus sec que détaché - ainsi, à trop systématiser l'ellipse, on a le plus grand mal à suivre la maturation psychologique qui va faire passer Thomas au parricide, et plus encore peut-être à comprendre le mea culpa tardif et grandiloquent de sa mère biologique. Dans ces conditions, le "Je suis heureux que ma mère soit vivante" de Thomas devant (tous) ses juges, qui aurait dû sonner comme un aveu poignant, a autant d'impact émotionnel qu'un "Je vais acheter le pain" ! Une petite étoile pour le choix judicieux de Sophie Cattani, dont le faciès taillé à la serpe s'accorde bien avec le personnage de brute nymphomane qu'elle incarne.
Miller tourne à vif ce morceau de vie où les acteurs sont parfaitement au point. Le spectateur est quant à lui happé par ce tiraillement psychologique. Une réussite.
Je ne comprends absolument pas cette comparaison faite un peu partout avec le cinéma des frères Dardenne. A part pendant les 10 dernières minutes, ce film des Miller père et fils manque de rythme malgré (ou à cause de) l'abus de flashbacks. On s'ennuie souvent !
La "patte" appartiendrait davantage à Nathan Miller qu'à son père. Certes, ça part d'un fait divers, mais on n'en revient pas que ce soit deux hommes qui fouillent ainsi dans la conscience maternelle de base, bien vu le tiraillement de ces mères ados aussi enfants que leurs rejetons... C'est envoyé par petites cuillerées, flash-backs et présent tout sur la même note, fluide toutefois, facile à chacun de se faire une opinion. Evidemment, Vincent Rottiers garde scotché tout le film (c'était lui avec Eric Caravaca dans "Le Passager", lui encore avec Vanessa Paradis dans "Mon ange", une frimousse et un jeu concentré rappelant parfois le jeune Belge Morgan Marinne). On est ému par les douleurs muettes de l'enfance et on comprend la crise de nerfs qui couve dans cette tête de papa bien avant l'heure. Beaucoup d'images se chevauchent avec des reflets dans les vitres, le jeune gamberge vers savoir quoi, on le suit, chaque plan apportant un renseignement de plus. Une bien belle histoire, un enseignement précieux : on en sort plein d'envie de dialoguer avec les petits !
Superbe film, dont le souvenir demeure. C'est à la fois sensible et intelligent, l'interprète principal est absolument extraordinaire (un césar pour Vincent Rottiers ?)et l'histoire qui nous est contée ne s'oubliera pas.
Bouleversant, ce drame familial conjugue classicisme et épure d'auteur, deux tendances du cinéma de Claude Miller, ici à son sommet. Faisant écho au personnage de Michel Serrault cherchant sa fille dans "Mortelle randonnée", le Thomas composé par Vincent Rottiers est l'un des plus saisissants portraits de fils du cinéma français. Un régal !
Co réalisateur du film avec son fils, Claude Miller parvient à saisir la compléxité des sentiments ressentis par Thomas, jusque dans la dernière partie, froide et saisissante. "Je suis heureux que ma mère soit vivant" est un film réussit et intérprété par deux jeunes interprètes (les deux interprètes de Thomas) criants de vérités.
Un film peut être un peu flou dans le 1/3, puis la force du scénario commence a agir gràce aux acteurs superbe et à la mise en scène toujours fluide des Miller. Un beau film poignant, du cinéma Français comme on l'aime.
Je suis heureux que ma mère soit vivante: un film surprenant tellement il est sincère. La réalisation est parfaite, les comédiens sont pris sur le vif. Ce drame douloureux des relations entre le fils et sa mère biologique est impeccable tellement on peut ressentir les blessures de cet enfant. Magnifique!!!
Le sujet du film est grave, délicat, sensible, mais ce n'est pas pour ça que le film relatant les faits doit être austère et pas franchement séduisant. La qualité est là, on ne peut pas reprocher au film sa sobriété, il ne porte aucun jugement, mais c'est tellement froid qu'on pourrait en attraper un rhume.
Après un surprenant « j’ai tué ma mère » voici un nouveau film français qui traite les situations maternelles très houleuses. « Je suis heureux que ma mère soit vivante », nous décharge une histoire plutôt difficile mais calme jusqu’à un dénouement assez inattendu. Des acteurs inspirés, des musiques tendres et un rendu satisfaisant. Ce film est donc une bonne et agréable surprise.
Je suis heureux que ma mère soit vivante est une très belle surprise, qui ne donne pas envie à la bande-annonce et à l'affiche ainsi qu'au thème. En revanche, une fois qu'on est dedans, on y est pour de bon et on rentre sans rechigner dans cet univers âpre, noir et douloureux. L'histoire devient réellement passionnante quand Vincent Rottiers (très beau dans ce rôle) s'en mêle. Effectivement, en dehors des scènes avec la vraie mère, le début n'est pas très prenant. Mais dés que Vincent Rottiers en prend les rênes, ça devient très fort. La fin est peu reluisante, mais pas complaisante non plus! Le drame à la base du scénario est très bien filmé, pas d'espaces sombres comme à l'accoutumée (l'appartement est empli de soleil). La confrontation Citti-Cattani est très belle, et le visage de Rottiers sur lequel se ferme le film restera pour très longtemps dans les mémoires. La musique n'est pas à mon sens le point fort du film, elle en devient parfois un peu plombante (elle ajoutait d'ailleurs un caractère très rébarbatif à la bande-annonce). En revanche, on retient le grand talent scénaristique de Le Henry, et la très belle réalisation du tandem père-fils Miller, bien que certaines scènes manquent un peu de justesse (durant l'enfance surtout). Il n'empêche que c'est un beau film, qui distille, malgré toute sa froideur, des notes d'espoir et de gaité, par le bon usage d'une lumière pas sombre. Et puis on se souvient que c'est Jacques Audiard qui produit. Et on se dit: ç'aurait tout à fait pu être un film de Audiard, mais les Miller le font sien, et retrouvent une intensité que Claude Miller en solo avait perdu avec un secret, que je n'avais pas vraiment aimé.