Gomorra
Note moyenne
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586 critiques spectateurs

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inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 janvier 2025
C'est une immersion dans la mafia napolitaine, dans l'ordinaire de la mafia, ce qui distingue le film de Matteo Garrone des tragédies mafieuses baroques de Scorsese ou Coppola. Le film puise son réalisme et son humilité dans le décor vrai d'un quartier délabré et d'une population pauvre d'un faubourg de Naples, dans la rigueur d'un témoignage qui ne donne jamais le sentiment de complaisance ou d'articices dramatiques.
Nerveux et intense, le récit relate en alternance différents visages de l'activité mafieuse et de ses suppôts: spoiler: un "facteur" qui collecte et distribue les fonds du racket, un homme d'affaires qui s'attache le marché des déchets et, surtout, ce gamin fasciné intégrant une bande de dealers et ces deux adolescents qui s'imaginent déjà en caïds
. Le spectre de la mafia est largement balayé.
Ce qui assombrit cette chronique et constitue son point de vue le plus inquiétant, c'est précisément l'attrait que le microcosme mafieux exerce sur la jeunesse, pour ne pas dire que la mafia est, dans les conditions de précarité sociale du quartier, un employeur naturel.
Caméra sur l'épaule, Garrone circule entre les uns et les autres protagonistes, installe une atmosphère d'autant plus pesante et macabre qu'on sait que chacun des sujets emblématiques qui traversent le film rencontrera selon toute vraisemblance une spoiler: conclusion attendue, logique
. Avec ce sentiment pénible que l'Italie n'est pas près d'éradiquer sa criminalité "culturelle".
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 janvier 2026
Le film est adapté du livre éponyme (2006), écrit à 27 ans, par le Napolitain Roberto Saviano, dont les révélations sur la Camorra, la mafia (la plus ancienne d’Italie) implantée à Naples et en Campanie, lui vaudra des menaces de mort, l’obligeant à vivre constamment sous protection policière depuis. Le film (dont le titre est un hybride de Gomorrhe, ville détruite, avec Sodome, par Dieu, dans le Genèse, en raison des mauvaises mœurs de ses habitants, et de Camorra) est un peu confus au début car il décrit, sans préambule, 5 histoires et 6 personnes : spoiler: Don Ciro, qui distribue de l’argent à des familles pauvres (achetant leur silence) dont l’un des membres est en prison ou mort, Totó, adolescent fasciné par la violence, qui souhaite rentrer dans le clan, Roberto qui travaille pour Franco (l’excellent Toni Servillo, 49 ans) qui se débarrasse illégalement de déchets toxiques dans des carrières, Pasquale, tailleur dans un atelier de confection en lien avec la Camorra et qui monnaye son talent (2 000 € / cours) auprès d’un atelier de confection chinois, et Marco et Pisello, 2 jeunes « chiens fous » qui s’auto-proclament gangsters, sans reconnaitre l’autorité des membres de la Camorra.
La présentation reste très naturaliste, documentaire (notamment dans les immeubles délabrés des Vela, de style Le Corbusier), sèche et froide, laissant le spectateur à distance (malgré les nombreux gros plans des visages et une caméra mobile), d’autant que les protagonistes ne pensent qu’à l’argent, règlent les problèmes par les armes ou sont tellement bêtes (Marco et Pisello) qu’on devine leur avenir tragique. Un peu de pédagogie aurait été la bienvenue pour mieux comprendre le mode de fonctionnement et la structure de la Camorra, monde uniquement masculin. L’épilogue apporte plus d’informations : 4 000 morts dus à la Camorra en 30 ans, Scampia et Secondigliano, plus grands quartiers de trafic de drogues au monde, rapportant 500 000 € / jour, accumulation de déchets toxiques non traités sur une hauteur de 14,6 km. Le film a quand même obtenu le grand prix du jury au 61e festival de Cannes 2008 (présidé par Sean Penn et dont la palme d’or a été attribuée à Laurent Cantet pour « Entre les murs »).
Stanley-le-begue
Stanley-le-begue

64 abonnés 293 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 novembre 2009
Il fallait du courage pour faire ce film, au moins autant que pour faire le livre qui en est à l'origine. La mafia, stylisée par Scorsese, Coppola, De Palma et Meirelles, est ici ancrée dans une toute autre réalité. Adieu, maisons luxueuses, bonjour cités insalubres. Adieu clubs-restaurants classieux, bonjour boîtes de striptease pourries. Adieu l'Amérique, bonjour l'Italie. L'Italie?? Nous parlons bien d'un pays présent au G8, considéré comme un grand de ce monde? On se croirait ici en plain Kosovo! La guerre civile qui s'engage, et qui n'épargne ni mères, ni enfants, ressemble à une intifada armée au coeur de l'Europe. Gomorra est salutaire car il montre le revers de l'image de la Camorra : personnages idiots, rêvant d'être le prochain Tony Montana, spirale infernale, jeux assassins : la vie humaine n'a aucune valeur. Tout se passe dans la crasse, l'illettrisme, la bêtise. Et, constat amer du film, ce n'est pas prêt de s'arrêter. Tant qu'il y aura des hommes...
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 octobre 2016
Bien loin de la magnificence des films de gangsters auxquels on peut être habitué, Gomorra est une plongée sans concession, terriblement crédible sur la mafia napolitaine. Entre les gros bonnets sans aucun scrupules et les petites frappes toutes plus bêtes les unes que les autres on a une bande d affreux sales et méchants qui tuerait leur amis d'enfance ou leur voisin pour des clopinettes. Si la première partie du film est un véritable coup de poing, j'ai regretté que par la suite le film ait un style trop documentaire et qu'il oublie de faire du cinéma. La galerie de personnages est peut être aussi trop importante et donne par moment un côté confus à l'ensemble. Mais cela vaut tout de même largement le détour tant la plongée dans ce qu'est la réalité de cette ville est impressionnante.
Ti Nou

624 abonnés 3 851 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 août 2012
Il y a certainement beaucoup de choses à dire sur la mafia italienne. Mais en trop vouloir en dire et en faire, Matteo Garrone ne s'attarde sur rien. Il brouille son récit en multipliant les sous-intrigues et ne s'intéresse jamais à ses personnages.
Stéphane D
Stéphane D

174 abonnés 2 354 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 21 septembre 2016
Cinématographiquement, c'est moyennement enthousiasmant, plutôt pauvre en moyens. La description crue et cynique est par contre l'objectif principal sans pour autant que cela apporte quelque chose de passionnant pour le spectateur. Et ce doublage qu'on m'a forcé à subir...le pire que j'ai jamais entendu!
dejihem
dejihem

155 abonnés 709 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 août 2008
Film incroyable par la conjonction d'une quasi-absence d'effets cinématographiques et du point de vue proche du documentaire (le réalisateur ne juge pas les personnages et n'en privilégie aucun).
Le spectateur sur le qui-vive remarquera l'absence d'autorité(es), comme si toute la région de Naples était à l'abandon (sentiment renforcé par le style des HLM !). Mais la plus grande horreur-stupéfaction vient de ce qui n'est pas montré...
Nicolas K
Nicolas K

113 abonnés 56 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 avril 2015
Ressemblant plus à un documentaire qu'à une véritable fiction, "Gomorra" est violent, non pas par ses tirs, mais par sa chute terrible pour les protagonistes. Son réalisme dépeint de main de maître la mafia napolitaine, en esquissant tous les réseaux possibles. Cependant, son manque d'action déplaira à ceux qui en attendent, de manière légitime.
Cluny
Cluny

97 abonnés 593 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 octobre 2012
Pour adapter le best-seller de Roberto Saviano (qui a participé au scénario), Matteo Garrone a choisi un parti pris formel très clair : "Pour recréer l'impact émotionnel que j'ai ressenti en me rendant dans ces territoires, il m'a semblé que ma réalisation devait être la plus discrète possible. L'histoire suggérait elle-même ce langage très simple ; toute volonté de beaux cadrages, de beaux mouvements de caméra était rejetée assez naturellement par le film. Les reportages de guerre que j'ai vus m'ont influencé aussi. Je voulais donner aux spectateurs la sensation qu'ils se situent au coeur de l'action. Je voulais qu'ils puissent ressentir les odeurs."

La première scène du film semble contredire cette intention : quatre petites frappes se prélassent dans un institut de beauté, auréolés de la lumière bleutée des cabines U.V., quand ils se font abattre à bout portant. Cette scène d'ouverture dans une telle atmosphère irréelle plante le décor, puisque nous ne reviendrons plus sur cette épisode. Il montre juste la détermination et l'organisation de ces tueurs qui sortent tranquillement de la boutique, après avoir déposé leurs calibres dans un sac qu'évacue une jeune fille.

Ensuite, le réalisateur se conforme à son intention, évitant l'esthétisme gratuit, même s'il montre un sens aigu du cadrage, tant pour restituer l'architecture carcérale du H.L.M. où se déroule l'essentiel de l'action, que pour filmer les espaces naturels où les camorristes viennent déverser les déchets ou essayer leurs armes. Il manifeste aussi une véritable maîtrise du montage, notamment dans l'alternance de plans serrés et de plans très larges qui souligne ainsi la complicité silencieuse de toute une population.

On est vraiment loin de Coppola, Scorsese ou DePalma, même si les pitoyables apprentis affranchis citent en permanence Tony Montana. Contrairement aux "Affranchis", à la saga du "Parrain" ou à "Scarface", on ne suit pas de l'intérieur le fonctionnement de l'honorable société. Plutôt que de montrer les parrains et leurs lieutenants, Garrone a choisi de s'intéresser à la Camorra d'en bas : Don Ciro, "caissier" chargé de distribuer les allocations que le clan a décidé d'attribuer aux familles des affiliés morts ou en prison ; Marco et Piselli, deux pieds nickelés dont les minables exactions dérangent la quiétude du trafic "officiel" ; Maria, déclarée persona non grata dans son propre quartier parce que son fils est un "sécessionniste" ; Toto, un gamin serviable qui fait les livraisons de l'épicerie de sa mère mais qui est fasciné par les caïds du quartier ; Pasquale, un chef d'atelier de haute couture (avec la tête de Delanoë !) qui accepte de coacher des couturiers chinois ; Franco, un camorriste en costard, qui organise l'enfouissement de déchets toxiques.

D'abord éclaté, le récit prend petit à petit sa cohérence, et les destins des uns et des autres finissent par se croiser - ou pas. Il mélange efficacement le déroulement des différentes intrigues, et la description de la vie sous la coupe de la Camorra : le "casting" des portes-flingues, où chaque impétrant rentre à tour de rôle dans les ténèbres pour se faire tirer dessus protégé par un vieux gilet pare-balle ; la mobilisation de dizaines de guetteurs pour permettre le deal de drogue à grande échelle ; la réquisition de gamins de douze ans pour conduire des camions que leurs chauffeurs ont abandonné quand ils ont découvert ce qu'ils contenaient ; le commentaire de la victime d'un attentat à la bombe qui rigole en le qualifiant de relance de paiement, ou celui de Don Franco qui proclame que c'est grâce à des gens comme lui "que ce pays de merde est rentré dans l'Europe".

Les dialogues reflètent aussi cette empreinte de la loi mafieuse sur les âmes : "Je répéterai à qui de droit", "Tu es avec nous ou contre nous", "Ne pense pas, c'est à nous de penser". Loin des costumes en alpaga des affranchis, les tueurs sont bedonnants, en tongs et en débardeur, même s'ils circulent en Austin mini. Comme dans les pires cités de France, la police n'apparaît qu'en nombre, comme une force d'occupation. Il y a bien quelques notes d'espoir, comme la trajectoire de Roberto et de Pascuale qui montrent qu'il est possible de dire non à l'inéluctable, même si c'est au prix de l'exil.

Grand Prix du Jury mérité du Festival de Cannes, "Gomorra" allie l'intelligence narrative à la précision documentaire, tout en évitant toute complaisance pour ces misérables sicaires. La preuve en est qu'on peut être sûr que dans aucune cité en Europe, on ne prendra pour modèle Toto, Marco ou Piselli, pourtant bien plus réel que Tony Montana ou Tommy de Vito.
http://www.critiquesclunysiennes.com
Clingo
Clingo

79 abonnés 128 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 janvier 2012
Le plus impressionnant dans Gomorra, c'est le style documentaire que met en place le réalisateur. Tout paraît tellement réaliste...on a l'impression de mater un reportage télé, et pour peu on penserait que les personnages ont conscience de la présence de la caméra. Ce parti pris renforce évidemment l'immersion du spectateur, et dès lors, ce qu'on voit à l'écran apparaît comme tout simplement effrayant. Je pense à deux séquences, qui sont deux assassinats : celui de Maria, et celui des deux jeunes à la fin. On regarde ça, on est surpris comme on pourrait l'être dans la vie, et on est tétanisé. Perso, j'ai même laissé échapper un petit rire nerveux, et à chaque fois. C'est que Gomorra établit un sentiment double : d'un côté l'aspect documentaire qui nous fait prendre du recul sur ce que l'on voit. Ici on n'est pas chez Scorsese, et Garrone ne verse pas dans la surenchère, le spectaculaire. Il agit plus scientifiquement qu'autre chose, se contente de décrire une - triste - réalité. De l'autre côté, tout - et en premier l'interprétation - est si naturelle qu'une proximité s'installe inévitablement. Gomorra, dans sa structure narrative, est un film absolument remarquable. En choisissant la fresque, le fait de se consacrer à plusieurs personnages n'ayant pas vraiment de rapport entre eux, mais qui sont tous enfermés dans une même logique de la violence, les auteurs du film - et en particulier l'écrivain Roberto Saviano - font un choix audacieux loin d'une narration classique. Le spectateur peut longtemps s'estimer un peu paumé dans cet univers peuplé de différents personnages et situations, mais c'est ici que le film offre sa force : ça ressemble à la vie, on ne nous prend pas par la main en nous expliquant tout. Le spectateur de Gomorra est adulte.

Le film est aussi dur, sans concessions. Il fait froid dans le dos en dépeignant une réalité italienne misérable, et le monde mafieux qui est sans espoir aucun.

Ajoutons à ça une photo magnifique, et on tient un film formidable.
cris11
cris11

75 abonnés 970 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 février 2012
Le côté casi documentaire et sans pitié de ce film sur la mafia napolitaine est plutôt intéressant. Cependant, je n'est pas été vraiment emballé. Les histoires sans lien les unes avec les autres ne m'ont pas particulièrement intéressé. Un film a voir pour la culture générale et pour se faire un avis.
justineg
justineg

73 abonnés 906 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 novembre 2008
La moyenne car j'ai trouvé ce film trop abrupt, on rentre soudainement dans la vie des personnages qui sont trop nombreux et j'ai mis un certain temps avant de discerner qui était qui ! De plus, il faut s'habituer à l'image qui n'est pas très belle ce qui souligne cette dure réalité de la mafia italienne. Par contre, un film qui vaut d'être vu pour son message de la fin qui est bien plus évocateur et choquant que toutes les cènes du film.
SpiderBaby
SpiderBaby

50 abonnés 619 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 décembre 2012
D'emblée je tiens à préciser qu'on peut à la fois aimer les films-opéras flamboyants de Scorsese et Coppola, et le réalisme quasi documentaire de Gomorra. Le cinéma peut endosser diverses formes, toutes aussi valables, et la guéguerre entre les deux styles que semblent se mener les spectateurs d'allociné me parait superflue. Gomorra malmène le mythe des Corleone et autres Montana, malfrats romantiques et fantasmés, presque glorifiés. Il nous montre la mafia comme elle est vraiment, un monstre qui appauvri la population -parfois main dans la main avec l'état- avillit de jeunes pousses influençables, pourrit l'environnement (via une de ses spécialité: le traitement et l'enfouissement sauvage des déchets) ; et ce regard nouveau, sans empathie aucune, justifie à lui seul le film, et font de Gomorra une oeuvre importante. La volonté d'assombrir un tableau déjà très sombre (le mafieux qui a un cancer de la gorge, le pauvre vieux mourrant sous sa croix, le dépucelage des deux idiots, déjà pathétique, interrompu cruellement, le ciel toujours gris (on est dans le sud de l'Italie quand même...)) rend le visionnage assez éprouvant, sans respiration. C'est ce qui lui coûte la 4ème étoile à mes yeux, bien qu'un peu plus tard, avec le recul, il soit possible qu'il se bonifie à mon souvenir, comme un grand cru, et que je la lui accorde sans coup férir.
Thomas Lesta
Thomas Lesta

45 abonnés 88 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 août 2008
Le style documentaire, très cru, peut plaire. Mais j'ai trouvé le film démoralisant et je ne le conseillerais pas, d'où ma note...
SHWARZIE
SHWARZIE

41 abonnés 617 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 mai 2012
Un film proche d'un documentaire d'une violence inouie et d'une cruauté sans nom car des enfanrts, des femmes et des innocents sont flingués dans celui-ci, notre monde tourne à l'envers et le pognon roi fait foi, ce docu-film fait froid dans le dos et mérite qu'on se penche plus sur les choses et qu'on inculque à nos enfants les vrais valeurs de la vie.
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