Un GRAND film qui contribue au devoir de mémoire, en se penchant sur ces résistants qui, bien qu'étrangers, se sont battus pour la France contre l'occupant allemand au prix de leurs vies et d'atroces souffrances (torturés par la police française collabo), rappelant ausssi cette sombre page de la collaboration. Quelques maladresses, anachronismes, notamment (dont le réalisateur s'excuse à la fin du film) puisqu'au début du déroulement de l'histoire du film, les journaux annoncent la rupture du pacte germano-soviétique (juin 1941), et quelques séquences plus tard, on voit l'instauration du port de l'étoile jaune (instaurée en mai 1942) et les policiers parlent de la rafle du Vel d'Hiv (qui a eu lieu en juillet 1942). En 1941, au moment où se déroulent les faits du film, la police française et les Allemands étaient plus à la trousse des communistes que des Juifs, les déportations et la Shoah n'avaient pas encore commencé : pourtant les protagonistes parlent des camps où les Juifs vont être gazés ! Ces anachronismes et autres erreurs mentionnées dans d'autres critiques spectateurs ne nuisent cependant pas à la qualité de ce film comme on aimerait en voir plus souvent - et à rapprocher, pour ceux qui s'intéressent à la seconde guerre mondiale, du génial documentaire "L'Apocalypse" diffusé mardi à 20h35 sur France 2 depuis la semaine dernière (reste encore les deux derniers épisodes, des images d'archives inédites, où l'on voit même Hitler en compagnie de Magda Schneider, la mère de Romy Schneider, et celle-ci, enfant, jouant avec ceux des hauts dignitaires nazis ! Quand on pense au courage et au talent de comédienne que notre superbe et regrettée Romy a eu en interprétant le rôle d'une Française assassinée au lance-flammes par des sodats allemands dans "Le Vieux Fusil", sachant que sa mère (la duchesse de Bavière dans "Sissi") avait été l'invitée d'Hitler pendant la guerre... Parenthèse peut-être hors sujet mais qui peut intéresser ceux qui n'ont pas vu ces images...
Difficile de faire mieux que l'Armée des Ombres de Melville en matière de film sur la résistance française, Guédiguian le sait et fait différent, se concentrant ici sur le moment du choix de la lutte armée, de la violence et de la résistance active. Le groupe Manouchian (rien à voir avec la Nouvelle Star) est composé de très jeunes gens, des étrangers pour la plupart, morts pour la France. Le coté téléfilm France 2 critiqué par certains est en fait un parti pris naturaliste, dénué de tout esthétisme superflu : ce qui est montré ici est arrivé, des gens sont morts, ont souffert, se sont aimés et il est bon de se le rappeler. Plus que tout, je n'ai pas le souvenir que la société française sous l'occupation ait été aussi bien dépeinte au cinéma : face aux jeunes résistants idéalistes, il y a de vrais collabos, des faux, des opportunistes, de gentils Allemands, des méchants, mais surtout une masse d'indifférents ou de "surviveurs". Nous l'oublions pas : la résistance en France sous l'occupation, ce n'est qu'une minorité. Porté par une interprétation impeccable, l'Armée du Crime est un film à montrer à tous ceux qui ont tendance à oublier le passé. Il tend un miroir à la France d'hier et d'aujourd'hui. Il est indispensable.
De facture très classique – peut-être trop – ce long film de Résistance, conforme à ce que l’on pouvait attendre, possède bien des atouts : en premier lieu une vérité historique scrupuleuse servie par un soin du détail et un réalisme sans esbroufe, ensuite par un casting très réussi où ne pointe aucune faiblesse marquante. La mise en scène parvient à nous plonger dans l’atmosphère oppressante d’un réseau de résistants où le doute, la peur, la suspicion et le sacrifice sont exposés sans pathos ni héroïsme de propagande. Elle a même le courage de montrer la collaboration peu reluisante de la police française, qui allait au-delà des attentes de l’occupant avec un zèle répugnant. Toutefois on tempèrera ce bilan flatteur en regrettant la lenteur de l’exposition initiale des protagonistes, et surtout le manque d’envolée et de souffle politique qui faisait le prix des films de Costa-Gavras. Trop d’objectivité d’historien peut nuire à l’émotion.
L'Armée du crime : un très bon film qui relate dans les détails l'histoire de cette armée pendant l'occupation. Les décords, les costumes, les endroits choisis dans Paris font de ce film avec sa réalisation et son scénario un super moment historique.
D'emblée, par son titre et ses thématiques, L'armée du crime renvoit à L'armée des ombres, de Jean-Pierre Melville sorti il y a voilà quarante ans. Et malheureusement, le film de Guédiguian ne tient pas la comparaison. Effectivement, cette nouvelle vision de la Résistance fait plutôt penser à ces téléfilms à rallonge dont raffolent les chaînes publiques. Sans être foncièrement mauvais, L'armée du crime ne réussit pas à maintenir en haleine le spectateur pendant ses cent quarante froides minutes, qui, même si elles se regardent sans déplaisir particulier, manque certainement de profondeur pour toucher. La faute à un script qui ne donne aucune profondeur aux faits, en mettant sur le même plan tous les éléments historiques sans chercher à créer de relief, avec des personnages et des dialogues carricaturaux. Comment peut-on vouloir filmer avec une telle platitude aujourd'hui ces éternels scènes de bureaux avec officiers en costume débitant des informations censées être confidentiels ? La mise en scène ne fait qu'illustrer ce scénario tristement plat, ne venant pas non plus apporter cette intensité qui aurait rendu le film plus intéressant. Pourtant, Robert Guédiguian est manifestement passionné par son sujet, mais sa fascination pour le récit se transforme très vite en didactisme forcément embarrassant, accompagné d'une direction d'acteur hasardeuse et une reconstitution vue et revue. Il faut lui reconnaître certains passages inspirés, comme ces deux très belles séquences d'arrestation sur fond d'opéra. Mais le manichéisme de certaines situations fait regretter l'âpreté, l'effroi et la noirceur qui faisait la force du film de Melville. Ici, le scénario semble éviter volontairement toute ambiguïté, tout ce qui aurait pu donner un peu de vie à cette fiction paresseuse, un souffle qui l'aurait rendu attractif. En l'état, il s'adresse avant tout aux amateurs d'Histoire.
Si les bonnes intentions sont là, le résultat est peu convaincant. Certains acteurs n’ont pas la maturité nécessaire pour incarner des jeunes vivant sous l’Occupation. Trop lisse. Trop fade. Pas assez d’ampleur, on ne se rend pas compte de l’importance des actions menées. Les dialogues sont parfois à la limite de l’amateurisme, pas mal de clichés reviennent. Un film juste « potable » pour ses décors et Guédiguian mais qui s’oubliera vite.
Robert Guédiguian a traité un très beau sujet, "l'Affiche Rouge". Je pense qu'il a souhaité rester fidèle à la réalité. Cependant, moi qui suis née rue des Immeubles Industriels et qui connaissais la plupart des familles juives, j'ai été très déçue de ne rien reconnaître. Rue des Immeubles Industriels ne ressemblait certainement pas à une cour avec des poules ! De plus toutes ces familles d'immigrés qui arrivaient de POLOGNE parlaient le français avec un très fort accent Yiddish. Donc pour moi, il y a un manque de saveur. En revanche en ce qui concerne les actes de bravoure, j'ai appr!s quelque chose.
Une reconstitution historique assez soignée qui rend bien hommage à la mémoire de la résistance du réseau Manouchian. Le traitement du sujet est relativement sobre mais il met bien au coeur de cette aventure humaine tragique.
Voici un événement historique qui est toujours bon d’évoquer et de rappeler. Les actions exercées par les FTP MOI. Guédiguian a pris le partit de rappeler les motivations de tous ces partisans étrangers (juif, hongrois, polonais, italiens, arméniens…). Tous des révolutionnaires se battant avec les armes pour leur pays, la France. Guédiguian ne se perd pas dans son sujet et nous offre toujours un film passionnant servit par de bons acteurs. Un beau film sur la résistance. Pas de pathos, pas de grand héroïsme. Un film simple et réaliste présentant des personnages totalement différents que ce soit au niveau de la police ou des résistants. Un film qui comme l'a dit Guédiguan est important pour se souvenir mais aussi pour préparer l'avenir.
Quelques ellipses maladroites, des décors pas toujours "raccord", une poignée d'anachronismes : que pèsent ces quelques imperfections au regard du traitement inspiré d'un sujet qui, à l'instar d'Indigènes, est une leçon d'histoire (très)française, qu'il est plus que jamais nécessaire de rappeler ? L'armée du crime de Robert Guédiguian raconte le courage, insensé, d'hommes et de femmes qui luttèrent pour la liberté d'un pays au prix de leur propre vie. Oui, des immigrés qui se battaient pour la France ! Le film est davantage porté sur l'action que sur la réflexion, mais celle-ci est sous-jacente, et il reflète une époque où un engagement passait avant tout par des actes, même influencés par un discours. Héros ordinaires, en des temps qui ne l'étaient pas, les membres de la bande de Manouchian sont montrés avec leurs failles et leurs doutes. La France collaborationniste aussi, décrite sans aménité, sans manichéisme non plus. Déroutant dans ses premières minutes, pour cause d'intrigues éparpillées, le film de Guédiguian se resserre progressivement autour de cette armée de l'ombre vouée au sacrifice. Le metteur en scène n'a pas voulu d'une oeuvre didactique, il a préféré montré dans leur nudité brutale l'action d'une poignée d'irréductibles pour qui liberté et droits de l'homme n'étaient pas que des mots. Un hommage à la bravoure, un véritable devoir de mémoire, si ces mots là ont encore un sens aujourd'hui.
émouvant....et révoltant : on observe la France écoeurante de l'époque! J.P. Daroussin est impeccable en flic ambigü, entre salaud et blasé....superbe film...