Austère adaptation, Les Hauts de Hurlevent ne se laisse pas voir sans douleur et ennui. Néanmoins, dans cette radicalité, la superbe photographie, des scènes marquantes et de très bons acteurs laissent entrevoir d'inoubliables moments de cinéma.
Unique roman d’Emily Brontë, Les hauts de Hurlevent, est devenu un classique de la littérature anglaise. Andrea Arnold (le sublime Red Road, Fish Tank, d’un réalisme social appuyé) décide d’en faire une adaptation à la mise en scène tranchée. Pari réussit. La réalisatrice s’applique dans une mise en scène rugueuse, construite de manière sublime, toujours en mouvements, ornée d’une photographie de Robbie Ryan au plus proche du naturalisme des hautes terres du Nord de l’Angleterre. Les errances de ses personnages, tous magnétiques, dans ce cadre naturel, rappellent le chemin de Jackie (Red Road) dans un décor urbain. La composition des cadres reflète toujours le propos interne de chaque personnage. Cette promiscuité, liberté de ton et d’adaptation peuvent laisser circonspect ceux qui attendent une adaptation plus proche de ce qu’une grosse production pourrait offrir. Or, nous sommes plus à la frontière du film d’art où le sensitif pur est mis en avant avec une réalisation qui donne une part importante au naturalisme (souvent filmé) et une interprétation maîtrisée et intense dans sa propre lenteur. Andrea Arnold lance une invitation, osée, risquée, qui serait dommage de refuser. Il faut cependant être averti du choix radical et de la proposition de son adaptation. Les silences sont appuyés, la lenteur surlignée pour laisser la plus grande place possible à une certaine poésie que l’œuvre suggérait entre chaque ligne. En résulte le sentiment d’un respect total de l’œuvre, avec le désir constant de se l’approprier visuellement ; à défaut d’une forme populaire pour toucher le plus grand nombre. C’est un choix, plutôt insolite et intriguant. Les premières minutes laissent dubitatif, mais si on se laisse le temps, la suggestion d’Andrea Arnold peut séduire pleinement, proche d’un art pictural en mouvement constant. Original, radical, moderne et bienvenu. L’adaptation du roman en ressort totalement dépoussiérée. http://requiemovies.over-blog.com/
Cette nouvelle adaptation des Hauts de Hurlevent est une vision très personnelle du roman d'Emily Brontë. Rien à voir avec la version de Wyler (romantique) ou celle de Bunuel (extravagante). La caméra portée donne une proximité épidermique au film d'Andrea Arnold. Qui choisit d'évoquer la violence, l'ostracisme et le racisme alors que ses prédécesseurs privilégiaient la passion amoureuse. Le récit est vu à travers le regard de Heathcliff, assez souvent en caméra subjective. Avec une alternance de plans larges sur la splendeur de la nature, omniprésente et magnifiée. La deuxième partie du récit ne tient pas tout à fait ses promesses. Le changement d'acteurs est un peu déroutant. Les critiques britanniques ont regretté le manque de fièvre, la distance qu'Arnold installe avec ses personnages, les rendant peu sympathiques. Plus qu'une énième adaptation du livre, il s'agit avant tout d'un film dans lequel on reconnait la patte de la cinéaste, avec âpreté, sauvagerie, et sans concessions. Et avec maniérisme, aussi, parfois.
l'image, le son vraiment se film et chef-d'œuvre je suis pas le genre à employer se mot mais la je le fais avec plaisir et passion. bravo à l'équipe du film j’espère qu'il sera reconnu.