Extravagances est un métrage au sujet assez original, pourtant assez cinématographique, qui repose néanmoins presque exclusivement sur ses numéros d’acteurs mémorables.
L’histoire, en effet, reste trop ténue pour réellement enthousiasmer. Pas assez loufoque, trop prévisible (les rebondissements sont réellement communs, il y a même pas mal de téléfilms qui les exploitent hors du contexte drag queen), elle survit essentiellement par ses bons sentiments, quelques moments quiproquo assez rigolo, et par l’abattage des interprètes qui relèvent quelques scènes. En fin de compte, une fois arrivés au village, Extravagances perd en substance, et va sur des chemins trop rebattus pour n’être autre chose qu’une comédie mineure, qui, avec un sujet moins singulier aurait pu réellement appartenir au registre du quelconque. Après, le rythme reste tenu, c’est déjà ça de pris.
Le casting est donc l’atout maître du métrage, à la fois sur le papier mais aussi à l’écran. Snipes, Leguizamo et Swayze sont réellement énormes en drag-queen, surtout Swayze et Leguizamo qui parfois sont presque sexy en femme ! Snipes a un physique déjà plus massif et on se doute plus que c’est un homme quand même ! Reste que les 3 sont excellents dans leurs personnages. Ils s’amusent comme des fous, apportent une vraie substance, un vrai humour, et ils sont le tourbillon qui parvient clairement à sauver Extravagances. Ils sont entourés d’interprètes moins connus mais non moins bons, avec une Stockard Channing tout à fait à la hauteur dans la peau d’un personnage attendu pourtant. On reconnaitra aussi dans des seconds rôles Michael Vartan et le regretté Chris Penn, un peu sous-utilisé quand même dans le rôle du sheriff Dollard.
Formellement c’est un film coloré, à l’image des costumes chatoyants des héros, et c’est un métrage lumineux et frais qui joue beaucoup sur le contraste entre les décors de la ruralité américaine profonde, et de ces drag-queen aux costumes flamboyants et aux accessoires tapageurs. La mise en scène est un peu quelconque, mais le métrage est punchie, vif, dont la bande son, entre She is a lady et Girls just want have a fun rend bien compte.
Honnêtement, j’attendais quand même plus de ce film à la vue du début, qui promet plus de loufoquerie, d’excentricités, de vrais délires. Extravagances a choisi un chemin plus consensuel peut-être pour traiter de son sujet, plus tranquille, mais aussi plus attendu et moins emballant. 2.5