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Jean-Marie S
36 abonnés
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3,5
Publiée le 24 octobre 2012
"I'm not a man, I am Cantona !". Ces quelques mots ne pourraient mieux résumer le projet fou de Ken Loach, qui se révèle ici comme l'un des conteurs les plus habiles pour marier rêve et humour avec la réalité contemporaine la plus crue. Ce projet en question est de trouver un mentor à Eric, postier à Manchester qui voit sa vie défiler devant lui sans qu'il n'ait aucune prise dessus ; que ce soit avec ses enfants ou avec sa femme qu'il a laissé lamentablement partir. Et qui de mieux que l'icône de tout mancunien qui se respecte, son homonyme Eric Cantona, véritable Dieu du football dans cette ville Anglaise et idole de tout un peuple, fier de cet homme autant connu pour ses coups de pied de génie que ses coups de sang foudroyants. De ce délire démarrant dans un épais nuage de fumette, Loach en tire toute l'alchimie nécessaire pour embarquer son spectateur pour un épatant numéro de comédiens qui ouvrira sur la renaissance d'Eric, dans les deux sens du terme. On connaissait les talents d'acteur de Cantona, on découvre ceux de Steve Evets, à la mélancolie bucolique communicative.
Il y a toujours chez Ken Loach des groupes de gens unis par un même combat et par une même appartenance qui permettent au héros de surmonter son isolement et de faire échec aux exploiteurs : cheminots, squatters, travailleurs immigrés de Californie, combattants des Brigades Internationales ou de l'indépendance irlandaise... Ici, il s'agit de postiers, représentants de ces services publics malmenés par des décennies d'ultralibéralisme, et qui incarnent une nouvelle fois la solidarité de la Grande-Bretagne d'en-bas.
Mais il ne s'agit pas de n'importe quels postiers : ce sont des postiers de Manchester, et si on les voit se déchirer, ce n'est pas entre supporters des red devils et des Citizen de Manchester City, mais au sein de la famille rouge, entre légitimistes et membres du F.C. United, le club créé par les supporters opposés au rachat du club par Malcolm Glazer. Car quand Ken Loach s'intéresse au football, il ne peut s'empêcher de montrer qu'aujourd'hui les ouvriers ne peuvent plus se payer de places au stade, alors que les petits caïds s'offrent une loge à Old Trafford.
La querelle entre partisans du F.C. United et de Man U donne lieu à une de ces scènes savoureuses de débat populaire que Ken Loach sait si bien mettre en scène. Autre scène typique de l'affection que le réalisateur porte à ses personnages, la séance de thérapie de groupe animée par Meatball, le chef de la bande féru de bouquins de psychologie appliquée, et qui invite ses collègues à s'imaginer dans la peau de leur idole, ce qui permet la réunion de Castro, Mandela, Ghandi, Sammy Davis Jr, Franck Sinatra et bien sûr, d'Eric Cantona.
Cantona, donc. On sait que c'est Eric the King lui-même qui a contacté Ken Loach pour lui proposer l'idée de la rencontre improbable d'un fan et de son idole. Paul Laverty, le scénariste de dix films du réalisateur de "Le Vent se lève", a alors eu l'idée de faire sortir Cantona de son affiche, un peu comme les personnages descendant de l'écran dans "La Rose pourpre du Caire". Cantona, maudit dans le foot français et adulé Outre-Manche, campe un personnage plus cantonesque que nature, comme il le justifie dans une réplique déjà culte : "I'm not a man, I'm Cantona".
Paul Laverty s'est amusé à lui écrire des proverbes du type "Qui sème des chardons, récolte des épines" ou "La plus noble des vengeances, c'est de pardonner", référence à la célèbre phrase lâchée par Cantona lors de l'affaire du mawashi-geri de Crystal palace qui fait dire à Eric, l'autre : "Je ne me suis jamais remis de tes foutues mouettes". Partageant un joint avec son protégé, jouant de la trompette ou servant de préparateur physique, l'acteur Cantona rend le personnage Cantona crédible, alors qu'on nage en plein fantastique.
"Looking for Eric" n'a pas la dimension épique de "Land and Freedom" ou de "Le Vent se lève", ni l'âpreté de "Family Life" ou de "Ladybird". Il n'en est pas moins un film jubilatoire, qui fait penser par moment aux meilleurs Capra, et une nouvelle affirmation des valeurs de solidarité et de foi dans l'humanité qui ont toujours structuré les oeuvres du plus attachants des réalisateurs britanniques.
Joli film intimiste sur la rédemption d'un homme, maltraité par la vie, méprisé par ses proches, et pas très loin de commettre l'irréparable. Pour s'en sortir, ce vieux postier solitaire invoque l'aide, non pas de Dieu, mais d'un joueur de foot : Cantona qui est vénéré là-bas un peu comme un Dieu. Après tout, pourquoi pas, à chaque époque ses idoles ! Cela fait une jolie fable, très légère, et un peu superficielle. Mais, le spectateur mord à l'hameçon, aussi gros soit-il. Il faut dire que l'interprétation est magnifique, bien davantage d'ailleurs du côté de ce postier anonyme que de notre Canto national, un peu monolithique dans son rôle et dans son interprétation. On sourit, surtout dans les moments de pure solidarité entre les postiers. Et puis Ken Loach est aussi un peu magicien. Il arrive à faire passer des supporters de foot anglais bien lourds pour les poètes de notre ère contemporaine. Et cela, c'est vraiment très fort !
Eric Cantona acteur n'a certainement jamais été aussi bon que dans son propre rôle. Les pubs pour une célèbre marque de soda, par exemple, illustrent parfaitement cette affirmation. Cependant, cela n’entache pas le caractère hors norme du personnage, footballeur exceptionnel (désigné en 2001 joueur du siècle par les supporters de Manchester United, ceux ci chantant encore la Marseillaise en son honneur), excessif, artiste et poète. Cette courte explication pour mieux mettre en relief le fameux "King Cantona" et son influence encore d'actualité sur les supporters mancuniens, dont Eric (Steve Evets), personnage principal, fait partie. Ce n'est donc pas pour rien que la paire de footeux dont il est question dans le film s'appellent tout les deux...Eric. Un film qui traite d'une relation donc, mais fictive. Eric le postier se retrouve coaché par son ami imagnaire et idole, Eric le footballeur. Le réalisateur nage dans ce film comme un poisson dans l'eau, car il réitère ce qu'il sait faire de mieux: les films sociaux, au plus près de la réalité des gens, souvent dramatiques. Cependant le Ken Loach d'ici n'est pas celui du "Vent se Lève" mais plutôt celui de "Riff Raff" et du plus récent et postérieur "La Part des Anges". Si le récit fait le choix de traiter son sujet de façon comique, la violence est latente et fini par l'emporter. Par ce que comme dans la vie, il y a des descentes aux enfers, des remontées au paradis, mais il y a surtout un combat de tout les jours à mener.
Pour qui aime le Ken Loach du "Vent se lève", ou plus encore, de "Land and Freedom", on ne peut qu'être déçu devant ce film, poussif et surtout de plus en plus invraisemblable au fur et à mesure de son avancement. L'ex-femme abandonnée depuis 30 ans, et qui, en deux temps trois mouvements, redevient la meilleure copine de son ex-mari? Le beau-fils qui vient de frapper son beau-père à coups de pistolet, et qui revient deux heures après boire une bière comme si de rien n'était? Le super truand qui voit cinquante mecs prendre d'assaut sa maison, et qui sort en slip, peignoir et batte de base-ball, dire aux types qu'ils sont pas cools? Un film à prendre pour ce qu'il est, donc: une bluette même pas encanaillée par les méchants...
VIDEO. C'est le même film que Collateral : comment vivre sa vie plutôt que de la subir ? A-t-on un ange gardien ? Le moteur n'est-il qu'en soi-même (Aide-toi, et le ciel t'aidera / Crée de toi, impatiemment ou patiemment, ah ! le plus irremplaçable des être...) ?
Un très bon film sur la déchéance des grandes villes anglaises. Le foot, leur seule échappatoire, financièrement inaccessible. On suit cet homme dont la vie par à vau l'eau et qui hallucine en voyant Cantona son idole.
Cantonna dans son propre rôle joue une star retraitée du foot qui devient l'ange gardien d'un supporter au bout du rouleau. Ken Loach fait une comédie à la Capra sans renoncer à son cinéma engagé.
Habituellement très hermétique au cinéma de Ken Loach, je me suis laissé tenté par ce looking for eric et je ne le regrette pas !
En restant ( toujours ) dans sa veine sociale, Ken Loach réussi le pari d'être drôle, fin, et efficace. Le film n'est pas exempt de défauts et de maladresses, mais le scénario et les dialogues sont réussies, les personnages ( notamment secondaires ) sont très bons. Eric, égal à lui même, est très drôle.
Pour les fans de cinéma et de foot ( et donc, forcément, de Cantona ) comme moi !
les bonnes critiques des différents média ne m'ont pas fait hésité longtemps a louer le film. même si j'ai toujours apprécié notre ami cantona, je dois avouer que je n'ai pas trop aimé ce film. le démarrage est bcp trop long a mon goût. en revanche, la dernière demie heure est un régal. dommage. .
Un scénario aussi convaincant que les acteurs. Mélange de rire, d'émotion, ou quand l'humour et le drame se rencontre. Tout cela sous la baguette magique de Loach, toujours aussi juste !
Ce film contient tout de même une belle histoire, et malgré les scènes répétitives l'humour parfois lourd(mais pas tout le temps), ça reste bon film. Éric Cantonna joue merveilleusement bien, sans exagérer, et tous les autres acteurs sont également bons je trouve.
Wahou!C'est une surprise parce que je dois dire que je m'attendais pas du tout à ça.L'histoire est bien construite,mêlant drame familial et gangsters.Les acteurs jouent bien mais j'ai pas trouvé Cantona bon,Ok il est très bon au foot et les flashbacks le mettent carrément en avant mais sa prestation n'est pas terrible,surtout son accent(je l'ai vu en VO).Sinon c'est un film sympa,parsemé d'humour par moments avec un final,certes un peu gnan-gnan,mais drôle.
Looking for Eric c'est un film qui sent bon l'Angleterre ! Ces bars, ces supporters de foot, ce petit accent... bref ce film de Ken Loach au synopsis plus qu'alléchant avait déjà tout pour me plaire. Celui-ci se veut optimiste, pendant tout le film Eric trouve comme parade pour sortir de sa vie de misère et de problèmes une solution originale qui est d'imaginer Cantona le coachant et le conseillant tel un vieux sage. Petit à petit ce monsieur-tout-monde très touchant et brillamment joué par Steve Evets va remonter la pente et nous offrir des scènes assez sympas oscillants entre comédie (comme par exemple le débarquement de "l'armée" de Cantona) et drame. Pas besoin d'être fana du club de Manchester ou encore de foot pour apprécier comme il se doit ce film d'une grande justesse et très drôle. Rien d'autre à ajouter à part foncez le voir !