Le film s'ouvre sur un serpent et s'achève sur des requins, comme si Werner Herzog cherchait à nous faire réfléchir sur la nature du mal. Ce qu'on pourrait considérer comme tentation maléfique (le serpent) n'est peut-être en fait que de l'opportunisme (les requins)... En plaçant son intrigue dans le chaos post-Katrina de la Nouvelle-Orléans, le réalisateur nous montre des hommes évoluant dans un monde déserté par Dieu et où le mal rôde partout. Symboles de l'animalité de ces hommes d'après l'apocalypse, Herzog filme des reptiles (serpents, iguanes, alligators...) et fait appel au plus reptilien des acteurs hollywoodiens, Nicolas Cage, qu'il affuble d'une claudication rappelant immanquablement celle de son ex-acteur fétiche Klaus Kinski. Il campe un flic combattant certes pour la justice mais sans cesse rattrappé par ses addictions. Dans "Bad Lieutenant", il n'y a aucun manichéisme et le réalisateur interroge le célèbre mot de Machiavel "la fin justifie les moyens". Son propos semble être que même un homme dont les intentions sont vertueuses se laissera aller à l'incomparable plaisir du vice, s'il ne se sent pas menacé par une punition (divine ou terrestre). En définitive, la géniale folie de W. Herzog s'adapte parfaitement à ce film très immoral, souvent ironique et fondamentalement jubilatoire.
Pourquoi est-il si méchant ? Et pourquoi est-ce aussi jubilatoire de le voir patauger, manipuler, truander, violer, sniffer ? Grâce aux acteurs convaincus et, donc, convaincants ? A cette impression qu'un type comme ça sommeille - ou pas - en chacun de nous ? Parce qu'on ne se plait que dans le chaos ? Parce que ce n'est finalement, qu'une fable désenchantée sur le genre humain ? Parce qu'il nous ressemble ?
Un film assez sombre qui exploite l'univers de la drogue ... mais qui n'a pas vraiment de suite logique. On assiste a une succesion de scene avec notre drogué Nicolas Scage, qui joue assez bien son role d'ailleurs, mais le film reste assez plat. Un film regardable mais pas sensationel.
polard noir ,anti hero , recherche de la redemption sont les maitres mots de ce casi remake du film avec mr keitel! la toile de fond "l apres katrina" colle parfaitement a la derive de ce nicholas cage persecuté par ces demons (ca il sait faire et c est pas la premiere fois) pas mal du tout si on n aime le genre ! je regrete simplement les racourcits simplistes du denouement ( peut etre n y avait il plus de pelicule, quelle dommage!)
reste de tres beaux plan de cinema et des acteurs solides!
Ce sergent, autant corrumpu qu'il est accro, multiplie les illégalités au rythme de ses promotions. Lieutenant, animé par une soif de guérison, ce personnage bascule peu à peu vers les fonds de l'inhumanité. Une intrigue paralléle qui trouve tout son sens dans la descente aux enfers de ce Bad Lieutenant, imagée sans complexe de metaphores visuelles à la limite du cultissime. Nicolas Cage, dont on remet trop souvent le talent en question, s'affirme sans surjouer aux cotés d'Eva Mendes qui prouve, en depit de son effarante beauté, qu'elle est une actrice trés douée.Un trés excellent film au registre sombre et à l'atmosphere tendue. qu'on aimerait voir plus regulierement.
Un policier un peu tantôt déjanté, tantôt loufoque par le comportement de nicholas cage, accros à la drogue! Ma scène préféré; quand il questionne les deux vieilles femmes dans la maison de retraite, hilarant à souhaits!
Terence McDonagh est un flic hors normes. Sergent à La Nouvelle-Orleans au moment de Katrina il sauve un détenu latino en train de se noyer dans sa cellule inondée et se blesse ce faisant. Une médaille et une promotion au grade de lieutenant viennent récompenser son acte héroïque. Souffrant de douleurs lancinantes au dos, il devient alors dépendant à toute forme de drogue, du cannabis à l'héroïne (au hasard de ses prises sur les dealers, ou même de ses petits chantages minables aux membres de la jeunesse dorée au sortir de la Gator's Gate), les antidouleurs habituels ne lui faisant plus d'effet. Un an plus tard, nouvelle promotion, au grade de capitaine. Entre les deux, une traque haletante, non conventionnelle, et finalement victorieuse, d'une bande de trafiquants ayant massacré toute la famille, femme et enfants compris, d'un concurrent. Ce " Bad lieutenant", sans pouvoir le comparer à celui de Ferrara (jamais vu), est un excellent film : scénario touffu et malin, belle mise en scène (moiteur et mal rampant garantis dans des décors naturels superbement exploités), et surtout un Nicolas Cage exceptionnel, au milieu de tout un petit monde interlope et savoureux, cabossé et grandiose, certainement digne d'une nomination aux prochains Oscars....
Un polar noir réalisé par le metteur en scène allemand Werner Herzog. Et cela se voit. Le film est très politiquement incorrecte et pas mal déjanté. C'est carré, rythmé, bien fait. Peut être manque-t-il un brin de folie supplémentaire. C'est aussi très bien joué. Après la série de navets que Nicolas Cage a tourné ces dernières années il redore un peu son blason ici. Il s'en sort vraiment pas mal. Son personnage aurait peut être aussi mérité d'être un peu plus fouillé. Eva Mendes est toujours aussi belle, le rôle ne sert à rien mais il faut bien un peu de fesses pour vendre tout cela. Apparition de Val Kilmer bien loin de ce qu'on a connu de lui il y a quelques années. Pas le film de l'année mais un bon polar efficace.
Nicolas Cage se lâche dans un rôle de dément maîtrisé, c'est à peu près tout ce qu'on pourra retenir de ce film long, avec peu d'enjeux et qui ennuie parfois. Val Kilmer ne fait que passer. Le Bad Lieutenant de Ferrara avait ce jusqu'au boutisme presque insupportable qui lui a valu une aura culte. Celui-ci se contente de suivre les méandres dangereuses de l'histoire de ce flic drogué, sans vraiment faire décoller la sauce.