Entre les teens movies estampillés Disney Channel et autres "American Pie", on avait pas grand chose à se mettre sous la dent. Souvent, tout tombait dans la surenchère de conneries faciles et sans grand intérêt. Dans cet univers souvent cliché, je tombe sur "Les Beaux gosses", premier long-métrage de Riad Sattouf, à la base dessinateur de BD (tiens comme son compère Joann Sfar) et qui raconte les péripéties de deux ados au physique ingrat et qui veulent du cul. Le scénario a un grand air de déjà-vu. A vrai dire, c'est du déjà-vu, vu, vu et revu. Les nerds qui cherchent l'âme soeur tant bien que mal aux quatre coins de leur campus a été plusieurs fois retranscrit sur grand écran et "Les Beaux gosses" ne dérogent pas à la règle. Pourtant, il y a un véritable vent de fraîcheur qui s'émane du film. Certes, quelques clichés sont toujours présent mais pour une fois, on a droit à une approche plus simple et moins tape à l'oeil, loufoque que d'autres productions. Pour une fois, le héros ne sort pas avec la fille canon de ses rêves. Il se retrouve embarqué par lui-même dans cette aventure sentimentale et reste quelque peu perdu dans sa relation. "Les Beaux gosses" reste une comédie, mais à la place de jouer dans un comique de situation complètement c*n ou des choses irréalistes se produisent, Sattouf préfère rester dans le domaine du réaliste
(sans compter le suicide "miracle" pour nos deux bras cassés du prof d'SVT)
. C'est d'ailleurs ce qui rend le film attachant. Certes, on est à des années lumières du chef d'oeuvre car, dans l'absolu, le scénario dans son ensemble reste très simpliste, sans grand rebondissements, mais d'un autre côté, le portrait dressé est plaisant ainsi que certaines situations qui prêtent au rire de bon coeur.
"Les Beaux gosses" est un divertissement de qualité à propos de jeunes perdus, comme la plupart, dans des histoires d'amour à deux balles, dans la vie en général, choses qui comptent beaucoup à leurs yeux.