Avec Jusqu’à la mort, Van Damme s’essaye à un registre un peu plus dramatique que de coutume, et d’une certaine manière tant mieux, c’est ce qu’on peut attendre d’un actioner vieillissant, qu’il se tourne vers des registres moins bourrins et plus profonds. Malheureusement, il faut bien reconnaître que ça exige aussi, pour fonctionner, une meilleure équipe que pour une série B d’action basique. Ce film décevra donc. Il déçoit car ce qui fait le sel ordinaire du cinéma de Van Damme est peu présent. Le film n’est pas très riche en action, elle est peu violente graphiquement et la réalisation est d’une rare mollesse. Le final par exemple, mais que c’est lent, que c’est mou ! Malheureusement, l’action dans ce film n’est pas du tout excitante, viscérale, prenante, elle est foirée à cause d’une réalisation médiocre d’un réalisateur qui avait déjà filmé le limité Ultime menace. Si on ajoute à cela une image très DTV, notamment dans la photographie sans âme et le montage plein de ruptures étranges, on ne peut pas dire que formellement le métrage soit très attrayant.
Heureusement, le film peut quand même compter sur de bons acteurs, en particulier Van Damme qui trouve un rôle original, avec une réelle écriture, et qui l’incarne avec conviction. On sent qu’à l’écriture on s’est décarcassé pour construire un personnage neuf à l’acteur qui s’y glisse avec aisance, n’étant finalement jamais plus à l’aise que dans des rôles crépusculaires ou de méchants. Maintenant, il est vrai que depuis ce film il a eu tendance à en abuser. Autour de lui, de bons seconds rôles, notamment Stephen Rea que l’on voit malheureusement beaucoup trop peu alors qu’il était un méchant tout trouvé. On sent un certain soin apporté à l’écriture de certains seconds rôles, notamment Selina Giles qui incarne la femme du héros.
Pour le scénario, je loue l’intention de faire un film plus profond et subtil que de coutume. C’est la descente aux enfers d’un flic borderline qui finalement trouve la rédemption et pas forcément dans une simple vengeance basique. Il y a une volonté de nourrir ce métrage, de ne pas simplement virer à l’action bête et méchante, d’aller vraiment creuser le drame, et je dis oui. Maintenant faut être honnête, le métrage a un rythme très inégal, d’évidentes longueurs (il dure quasiment 1 heure 50, c’est trop), et l’originalité n’est pas au rendez-vous. On a un peu déjà tout vu, on devine où sont les traitres, le film manque de finesse dans son propos, n’arrive pas à sortir d’une copie un peu bas de gamme de métrages semblables et mieux écrits.
Néanmoins, je trouve que tenter de sortir Van Damme de sa zone de confort était plutôt une intention louable et que le film, quoique très inégal, n’est pas un échec franc. Clairement on est très loin du niveau côté action et rythme, côté réalisation également, mais si vous venez chercher un Van Damme acteur, que vous voulez un DTV moins bêta que la moyenne, ça peut-être une proposition appréciable. 2.5