The Blue Iguana est un film moyen, et je suis d’autant plus déçu de mettre une critique très juste, car il y a Jessica Harper au casting, et c’est à la foi une actrice et une personne pleine de qualités.
Soyons objectif quand même, ce n’est pas le désespoir, mais enfin, il y avait matière à mieux.
Je commence par l’interprétation. Elle est emmenée par Dylan McDermott. Ce n’est pas un acteur transcendant, il est souvent fade, un peu apathique dans ses interprétations. Ici ca ne rate pas, et franchement il ne s’en tire que par la nature de son personnage, flegmatique entre deux moments de violence. Il a quand même du mal à porter le film sur la longueur. A ses cotés Jessica Harper donc. C’est une actrice de talent, même si, inoubliable dans Suspiria notamment, elle parait ici moins convaincante. Son physique particulier, et ses expressions de visages rendent néanmoins son personnage inquiétant et très séduisant pour ceux qui aiment les canons hors des normes attendues. On notera aussi la présence de Pamela Gidley. Elle semble être la plus à l’aise dans le film et dans son personnage. Elle ne s’en tire pas mal du tout. Pour ma part le point le plus négatif vient de Stockwell et surtout Feldshuh. En surjeu constant, cette dernière nous livre un cabotinage de fou, en particulier sur la toute fin, où elle a un passage en roue libre surprenant !
Le scénario pour sa part est trop hésitant. L’histoire est sympathique, certes, mais le film ne sait pas quelle voie choisir. Du coup ce n’est pas vraiment un film d’action réussi dans le style western moderne, ni un film très rigolo même si quelques séquences sont très amusantes (l’arrivée dans la ville est juste excellente), ni un polar, ni un thriller, enfin Blue Iguana pique un peu à tout les râteliers, et ne se lance jamais. Du coup ca fini par perdre en cohérence, et ca se délite. Ca se suit, mais clairement l’intérêt retombe par moment.
Sur la forme, Lafia s’en sort moyennement. Je n’ai pas trouvé la mise en scène franchement décapante. C’est correct, mais sans plus, et les scènes d’action notamment manquent de vigueur et de panache. Certes le budget était serré, mais il ne faut pas oublier ce que Rodriguez à pu faire dans un style pas si différent avec lui aussi un budget ric-rac sur El Mariachi.
La photographie n’est pas trop mal, elle fait son âge mais sans plus. Elle manque peut-être de recherche, mais c’est acceptable. Les décors en revanche, un effort supplémentaire aurait réellement pu être fait. C’est tout de même dommage de ne pas avoir davantage soigné l’aspect visuel, d’autant que le générique et la jaquette annonçait un film formellement fantasque et original. J’ai été déçu sincèrement. Musicalement c’est bien foutu, dommage que la musique du générique là encore soit trop absente dans le déroulement du film.
Pour conclure, Blue Iguana n’est pas indispensable. Bon ce n’est pas mauvais, mais si je mets la moyenne c’est quand même que le film date de 1988 et avait un budget serré. Lafia n’a pas assez serré la vis, et du coup il y a des fuites un peu partout, des lacunes de ci de là qui finissent mises bout à bout par plomber un métrage qui avait matière à livrer quelque chose d’intéressant. Par ailleurs trop hésitant, vous ne rigolerez que par intermittences avec ce film, les scènes d’action ne vous enthousiasmeront qu’à quelques reprises, Blue Iguana mélangeant beaucoup trop d’inspirations et d’orientations en 1 heure 30 pour remplir totalement son contrat là où il était originellement attendu. Moyen en somme.