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Spider cineman
220 abonnés
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3,5
Publiée le 20 janvier 2024
Le dur réalisme des prisons pour adolescents, c est suffisamment bien réalisé et interprété pour donner un sentiment de documentaire témoin de ce triste environnement.
"La violence n'amène que la violence." Cette phrase suffit à résumer l'esprit de Dog Pound. Bravo aux acteurs et aux scénaristes, qui amènent le spectateur à s'interroger sur le système carcéral, et plus globalement sur les maux profonds de notre société.
Une virée dans une masison de redressement de jeunes mineurs. On retrouve tous les thèmes chers au film de prison avec plus ou moins de succès (le scène de viol était-elle nécessaire ?). Le film est très noir et les jeunes acteurs s'en sortent plutôt bien
En tant qu'objet filmique, Dog Pound n'est guère attaquable. Bien au contraire, porter le regard sur cet univers des prisons pour mineurs reboucle avec une belle tradition d'engagement social du cinéma. Le problème est que replacé dans la réalité, le discours qui est développé apparaît étonnant. Comment se fait-il que les gens qui essayent d'aborder le sujet de la violence ne la réduisent qu'à son aspect purement explosif, cinétique, en tentant plus ou moins adroitement d'en faire une métaphore de notre société, alors que la vraie violence est encore plus terrible et plus accusatrice du cynisme de notre monde. Un simple chiffre : on estime qu'environ 60 % de la population carcérale relève en fait de la maladie mentale ou du handicap psychique. Une bonne partie de ces gens étaient autrefois dans des filières psychiatriques qui ont été fermées il y a 20 ans. Pareil, un gros nombre des ados ultra violents placés dans les centres fermés ou les prisons pour mineurs relèveraient de services psychiatriques purs et durs. Que les Chapiron et consort (qui sont respectables dans leurs intentions, là n'est pas le propos) enquêtent avec les yeux grands ouverts plutôt qu'a surfer sur cette vision simplificatrice du mal qui nous ronge, en passant tout à fait à côté du débat sur la reproduction de cette barbarie à grands renforts de déclamations politiques mentons levés, de lâcheté face aux conséquences sociales du business de l'immigration, de cécité sur les effets de la marchandisation des esprits, et d'insouciance sur les rejetons qui peuvent naître du brassage entre la démence, la haine et la désespérance dans le huis clos carcéral.
Un super film dans le milieu carcéral,mais,cette fois ci,c'est avec des adolescents.De bons acteurs (inconnus pour moi) et une bonne histoire .Un film qui m'a fait passer un bon moment ciné. Je vous le conseille.
Pour être franc, il semblait inconcevable que Kim Chapiron, à l’origine du ridicule "Sheitan", puisse réaliser un aussi bon film dès son premier travail aux Etats-Unis. La documentation du réalisateur ainsi que le jeu plein d’intensité bestiale des trois jeunes acteurs donnent une force tragique au récit. "Dog Poung" vient s'installer parmi les références en matière de film carcéral, au coté de "Midnight Express" et de "Le prophète", en mêlant habilement les scènes violentes et dramatiques, le tout dans un excellent pamphlet dénonçant ce système américain qui regroupe dans un espace clos des mineurs délinquants en espérant vainement les rendre ainsi plus sages.
16 219 abonnés
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4,0
Publiée le 4 juillet 2010
Ce drame carcèral ultradocumentè tournè avec des vrais voyous vaut surtout par la densitè de ses interprètes! Comment oublier Davis, Angel et Butch (surtout), trois ados sortis des rails, qui aboutissent au même cul-de-sac: la prison pour dèlinquants juvèniles d'Enola Vales! Dès leur arrivèe au centre, ils vont devoir choisir leur camp, celui de victime ou de bourreau! Kim Chapiron, le jeune rèalisateur de "Sheitan", s'est plongè pendant une annèe entière au coeur des prisons amèricaines pour mineurs! Une immersion totale qui lui permet de rendre avec fidèlitè l'ètat de violence dans lequel èvoluent ces milliers d'adolescents, enfermès comme des adultes, mais livrès à eux-mêmes comme des chiens! Des images d'autant plus dures qu'elle sont rèalistes, et tranchent avec une certaine imagerie "sèrie-tèlè" sur les prisons US! Dans le rôle de Butch, Adam Butcher donne assez de dèsespoir animal et d'ambiguïtè à son personnage pour le rendre fascinant! Un film uppercut pour une plongèe âpre et palpitante qui immerge le spectateur pour ne plus le lâcher...
Mettons tout de suite les choses au clair:je ne suis pas un fanatique de la violence,ni dans la vraie vie ni au cinéma quand c'est montré avec un tel réalisme,mais devant l'urgence du propos,la magistrale mise en scène,on ne peut que s'incliner.Film rageur et enragé et superbe BO.
Kim Chapiron réussit un exploit dans son deuxième film en proposant une mise en scène novatrice, c'est un électrochoc on est cloué dans notre siège et on en ressort pas indem.
L’instinct, non pas de survie, mais d’affirmation et de négation de tout drame, de ces garçons est prégnant et contagieux. Autour d’eux, un encadrement parcouru par une empathie discrète et tenant grâce à un fatalisme bienveillant, mais aussi des cerbères sans âmes pour cogner aux moments opportuns. Dog Pound ne pardonne ni n’incrimine, il se résigne simplement, avec humilité et élégance, à affronter la réalité de son sujet. Sans chercher la moindre profondeur, puisqu’elle n’est de toute façon pas permise ni audible dans un tel lieu et que tout ce qui est à savoir est déjà nu et à la vue de tous.
Ce film est de toute beauté tant il arrive à nous plonger dans l'histoire de jeunes qui entrent dans un univers carcéral qui va encore plus les endurcir.
Alors que Kim Chapiron revient pour une troisième fois dans les salles en ce mois d’avril 2014, retour sur son film précédent, Dog Pound. Le cinéaste francophone dresse alors le portrait glaçant d’une toute petite bande de jeunes enfermés dans les allées d’un centre pour détenus mineurs, en plein état du Montana, Etats-Unis. Foncièrement très différent de son premier long métrage, Sheitan, ce second exercice démontre un réel attachement aux dérives de la jeunesse chez le réalisateur, attachement confirmé une fois encore par La crème de la crème. Bref, ici, place à la violence juvénile, à la dérive d’un groupe de jeunes délinquants mis à mal soit par la discipline de l’établissement soit par la cruauté des codétenus de celui-ci. L’on suit ici principalement trois protagonistes, chacun très différent de son prochain mais pourtant embarqué dans une même spirale de violence, de déni.
L’on pourra dès lors, dès la fin des hostilités, dresse un bilan très pessimiste en regard à la morale du film. Oui, Kim Chapiron semble vouloir affirmer que la violence n’amène rien si ce n’est la mort. Alors que le réalisateur fait poindre l’espoir, de-ci de-là durant son film, il n’empêche que tout est écrit par le sang, les poings et la vengeance. Quel avenir pourrait être offert à cette jeunesse là, incapable de s’intégrer, incpable d’obéissance si ce n’est à leurs propres lignes de conduite? Difficile à dire. Voilà sans doute la force première de Dog Pound, respectivement la fourrière, sa réelle motivation à démontrer que le monde tourne dans un sens et certaines personnes dans l’autre. A ce titre, les personnages qui composent le casting sont presque tous très justes, très fidèles à l’image que le public pourrait se faire d’une telle marginalité, d’un tel obstacle à franchir pour une jeunesse anonyme qui partage finalement les mêmes maux que celles que l’on peut côtoyer.
Filmé tel un récit documentaire, Dog Pound ne se permet jamais le mélodrame évasif, ne se complait jamais à faire de ses personnages des martyrs, simplement à rester très humain, très sincère. Alors que certains n’y verront qu’un pamphlet en faveur de l’importance d’une meilleure éduction, d’autres y verront une réelle prise de position d’un cinéaste qui n’a aucune crainte de choquer, de faire de la violence le moteur de son film tout comme l’élément qu’il dénonce, habilement qui plus est. Rien n’aura de solution dans la baston, la vengeance ou l’humiliation. Que l’on se le tienne pour dit.
Alors que Chapiron n’était pas encore connu Outre-Atlantique, notons que son deuxième film aura été sélectionné au Festival Tribeca et que dans l’ensemble, aura fait le bonheur des festivaliers. S’il n’est jamais réellement trépident, s’il manque parfois de profondeur, Dog Pound s’avère être un petit électrochoc très intéressant à suivre, une certaine forme de cousin germain du Hunger de Steve McQueen, la douleur en moins. Bon film, peu divertissent, mais bon film tout de même. 15/20
Kip Chapiron signe ici son meilleur film sans nul doute. Des films sur le milieux carcéral il y en à déjà eu beaucoup mais celui la se démarque par le fait que les prisonniers soit des adolescents. Un sujet d'actualité traité ici en profondeur avec de jeunes acteurs très talentueux pour la plupart. Un très bon film pour Kim Chapiron encore jeune et qui je l'espère continuera à s'améliorer avec le temps puisqu'il a mis la barre très haute pour son second long métrage qui malgré quelques petits défauts est un film très fort. Ma note : 15,5 / 20 .