Ce film est Poésie, ce film est Nature, mais avant toute chose, ce film est représentation émouvante et marginale de la Liberté.
Justice est enfin rendue au génocide oublié des Roms en France durant la Seconde Guerre Mondiale. En effet, le peuple des Tsiganes est la deuxième population européenne, après les Juifs, a être exterminée. Pourtant, bien qu'entre 250 000 et 500 000 Tsiganes aient péri, ce fait reste bien souvent négligé.
La bande-annonce est peu aguicheuse (et le synopsis ne rend pas justice au film). Mais elle a le mérite, et c'est assez rare pour le mentionner, de ne pas trop en dévoiler, et de conserver précieusement l'essence du film, qui reste à découvrir... Tony Gatlif a su recréer avec une grande habileté (et incontestablement une grande documentation) l'univers, les mœurs et les croyances des Tsiganes. Les préjugés tombent vite, le public est charmé. Le film, d'une heure et cinquante-et-une minutes, ne se perd à aucun moment. De plus, malgré la dureté du sujet, Tony Gatlif insère quelques moments comiques savoureux et quelques instants lyriques et musicaux envoutants.
Du côté des acteurs, on découvre un Marc Lavoine bluffant, grave et humain ; une Marie-Josée Croze égale à elle-même, sans défauts ; un James Thiérrée rien de moins qu'exceptionnel ; et enfin un petit Mathias Laliberté promis à un bel avenir. Ces quatre acteurs portent le film, l'enrichissent, le font perdurer au-delà de la projection.
Une entrée en matière intéressante, franche et remplie d'émotions dans le monde des "bohémiens". L'histoire d'une famille. L'histoire d'un peuple. Splendide.
Mon : le rôle interprété par James Thiérrée.
Mon - : le trait parfois un peu forcé, les rôles parfois un peu surjoués vis-à-vis à de la Milice et des Allemands.